Chers Camarades, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,Les statuts de notre association disent que l’objet en est « Réunir les anciens membres du Groupe des Experts Volontaires du Colonel Robert DENARD, dans le but d’entraide et d’activités communes. » Au delà de ça, notre ambition est d’honorer la mémoire du Colonel R. Denard et à travers lui, la mémoire de ceux qui, à ses cotés, sous ses ordres, sont tombés sur la piste. Pour une aventure sans lendemain, ou pour une carrière de soldat de fortune, tous ceux qui l’ont suivi, avaient leurs propres raisons, leurs propres motivations, mais ce n’était certainement pas celles de l’argent… Je ne connais personne qui ait fait fortune en allant risquer sa peau un fusil à la main…. Ça se saurait ! Une vie « à la poste » aurait permit à nombre de nos camarades de toucher cette oh ! combien précieuse retraite dont ils n’ont même pas l’équivalent pour vivre aujourd’hui, mais ils, nous, avons suivi un autre chemin… Dois-je rappeler que Le Colonel lui-même n’a pas échappé à ce sort. Honte à la France, honte à nos politiciens pour ça ! Il était profondément, viscéralement patriote. Malgré tout, malgré la prison, malgré le déshonneur et l’opprobre dont on a voulu le couvrir, il a cru toute sa vie a des valeurs, certainement inculquées ou inspirées par son père; honneur, fidélité, respect de la parole donnée, fierté, dignité, courage… il n’a jamais trahi, il n’a jamais « balancé », il ne s’est jamais plaint. Ne pas se plaindre, se relever, ne pas se retourner, avancer… Ce n’est pas un hasard si il avait fait sien le poème de Rudyard Kipling, « Tu seras un homme, mon fils. » Rêves de gloire, rêves de fortune… oui, nous avons eu ces rêves , mais des rêves comme il est sain d’en avoir quand on a 20 ans, les mêmes rêves de gloire et de fortune que pouvaient avoir nos anciens qui s’engageaient dans les troupes coloniales, dans les paras, dans la légion…. Ne cherchez pas de coïncidence si nombre d’entre nous sommes issus de ce creuset. Rêves de gloire, rêves de fortune… oui, nous avons eu ces rêves comme devaient les avoir les légionnaires romains qui partaient combattre aux confins de l’Empire, et qui construisaient plus qu’ils n’avaient détruit. « Si j’ai fait sauter des ponts, j’ai aussi fait construire des routes. Et si j’ai fait emprisonner des hommes, j’en ai libéré beaucoup, pris en otages, condamnés à mort« . (Corsaire de la république, page 10) Pour ceux qui ont participé à l’aventure comorienne ces paroles du Colonel n’étaient pas que des mots. Comme les légions de Rome, les légions de Denard, (comme j’avais entendu un de nos camarades appeler la GP qui après le traditionnel cross du samedi matin, remontait fièrement, en chantant, vers kandani…) ont instruit, éduqué, soigné, construit, cultivé, bâti… Il aimait à dire que nous ne devions pas être que des porteurs de sabre, Il aimait penser et dire que nous devions faire souche !!! Nous avons cherché quel texte pourrait convenir pour la plaque commémorative qui a été déposé sur sa tombe le 09 novembre 2008, pour la commémoration du premier anniversaire de sa mort, et, finalement, je crois que la formule que nous avons retenue touche à la réalité… » Vous nous avez fait vivre nos rêves, nous vous avons fait réaliser les vôtres… » Je crois que Les Comores faisaient partie de SES rêves, je crois que Les Comores, c’était SON rêve… Finalement, tout est là, ou l’essentiel. Il nous a fait vivre nos rêves! Mais nous n’aurions pas suivi n’importe qui, alors pourquoi Lui ? Il ne se cachait pas de n’avoir que le certificat d’études, cela ne l’empêchait pas de partager la table d’un Roi, ou d’un Président, comme il pouvait partager le repas de ses hommes. Il n’avait pas fait l’école de guerre, cela ne l’a pas empêché de la faire, la guerre, de monter des opérations (et quelles opérations ! Il en fallait quand même une sacrée paire… !), de commander en chef, ses troupes, au feu ! Et surtout, surtout, dans nos engagements de soldats libres où les grades ne servent qu’à assumer une fonction et où la discipline est librement consentie, il était unanimement reconnu et accepté comme Le Chef, Le VIEUX ! Tout est dit ! Chers Camarades, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, notre association sera ce que nous en ferons. Chacun, chacune, est invité à s’investir à hauteur de ce qu’il pourra, de ce qu’il voudra. Une photo, une anecdote, un récit, contribueront à ce que l’histoire perdure, afin que vive la mémoire du Colonel Denard et de ceux qui dans son sillage sont tombés sur la piste. Soyons fiers, nous avons eu l’honneur de connaitre et de servir cet Homme ! Le Bureau |
Le Colonel classé numero 1 des mercenaires …
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