Le 1er choc à la recherche des otages - Congo 65


A la recherche des Otages
Avec près de 500 km à pied dans la jungle
pour retrouver l
es Sœurs Belges et une civile Mme Legros, otages des rebelles en 1965 (RDC)

Résumé :

Lors de la rébellion communiste de 1964 à 1966 qui embrasa le Nord- Est du RD Congo, les rebelles Muleliste ont pris en otages les sœurs Belges et une civile au total 16 personnes . Ces otages ont été capturés par les rebelles avant la prise de la ville de BUTA par le 1er CHOC de Denard , début Juin 1965.

Les otages étaient promenés dans la jungle du Congo très épaisse à cet endroit, cela prés d’un mois. Ils étaient dans un état déficient et il était urgent de les retrouver.

C’est la voltige du groupe Denard commandée par BRUNI qui a retrouvé les Otages près de Kumu après avoir effectué une vingtaine de sortie en pleine jungle, toujours la nuit et bien souvent sans résultats. Cette fois, l’aviation et les renseignements étaient bons. Les otages se trouvaient dans une clairière de la jungle, les rebelles avaient abattu beaucoup d’arbres. Les branchages tout autour étaient cassants. Au petit matin, à peine au lever du soleil, il a fallu un assaut ultra rapide pour délivrer tous les otages. Aucuns blessés de la part des libérateurs, ni chez les otages qui étaient restés couchés pendant l’assaut. Les rebelles ont été tués, abattus dans cet assaut très court.

Nous venions de prendre BUTA au tout début de Juin 1965. Nos positions prises tout autour de la ville et malgré les harcèlements des rebelles tous les soirs, le Commandant Denard demande à la section Bruni de rechercher les otages. C’est aux environ du 5 Juin 1965 que notre première sortie s’effectua. Pour surprendre les rebelles, nous partions en pleine nuit vers les 2 h ou 3 h du matin. Ces horaires seront pour presque toutes les sorties les mêmes (on partait aussi, juste avant le lever du soleil, très rarement) peu importe s’était selon la distance, il fallait être sur zone avant le lever du jour. On partait en camion pour faire une douzaine de Kms puis nous marchions le reste du temps car le bruit des moteurs s’entendait à plus de 10 Kms dans la jungle, parfois beaucoup plus. Nous faisions nos 15 à 20 Kms en pleine jungle car la plupart du temps il fallait sortir de la grande piste et autant pour le retour, cela bien sur dépendait du lieu qui changeait chaque jour. Cela nous est arrivé de partir directement à pied de BUTA.

Les premières fois, nous avons fait des kms sur des renseignements de la population qui réintégrait BUTA. Certains Congolais pensaient avoir vu les otages dans un endroit de la jungle, mais en réalité, il s’agissait d’informations erronées. Nous avons fait beaucoup de chemin, avec parfois des contacts avec les rebelles qu’on peut considérer de léger. Une fois nous étions parti sous un déluge comme il y en a souvent en saison de pluie, on avait eu la totale avec la foudre, les éclairs qui illuminaient la piste et qui juste après nous laissaient dans le noir total, nous avancions quand même. Malgré nos ponchos, nous étions trempé jusqu’à l’os, nos sacs et nos armes aussi mais elles ont fonctionnées sans problèmes.

On revenait en général vers midi, sous un soleil de plomb, nous étions contents de revoir les camions qui nous attendaient sur la grande piste. Nous sommes passés dans beaucoup d’endroits de la jungle sans voir les otages, les renseignements n’étaient pas bons. On est même tombé sur un petit village de pygmées dans la jungle épaisse, la fumée du feu de bois n’était pas éteinte (nous ayant entendu, ils s’étaient sauvés) et il a fallu toute la bonne volonté du guide pour les voir revenir, nous sommes restés quelques instants avec eux et puis nous avons continué notre chemin.

Tous les guides que nous avions eu, n’ont pas réussi à nous amener aux otages, la fin du mois de Juin approchait. Le commandant Denard avait une date limite ordonnée par l’état major de l’ANC, nous devions libérer d’autres villes.

Le 27 Juin, cette fois il parait que l’information est bonne, c’est sûr, le guide qui se proposait avait vu les otages de loin, près de Kumu (à 40 kms de Buta). Cette fois on a eu avec nous, un médecin et un civil.
Départ aux aurores 4 h du matin dans les camions, nous avions parcouru quelque 15 à 20 kms à la sortie de Buta. A la descente des camions dans la nuit finissante et le calme de la forêt, calme relatif car parfois les singes en nous voyant poussaient de grands cris, la colonne de la voltige s’étirait dans la jungle en empruntant un petit sentier traçait par l’homme.

Au bout d’une douzaine de kms, nous avancions sur la pointe des pieds, plus de bruit possible. Nous craignons le bruit des singes sur les hauteurs des arbres qui auraient pu nous signaler. Nous étions sur un petit chemin bordant la jungle, au petit jour, le soleil se levait doucement, nous sommes arrivés près d’une clairière que nous apercevions à peine, tout le monde un genou à terre, Bruni va voir avec le guide et revient. Il nous fait un topo de la situation et nous positionnent.

Nous commençons à enlever nos sacs à dos pour être plus léger et à prendre nos positions d’attaque. Cette clairière venait d’être faite, les rebelles avaient abattus beaucoup d’arbres qu’ils avaient laissés tel que au sol, les branchages y compris. Certains branchages étaient cassants, donc il fallait faire attention au bruit. Les troncs étaient plus ou moins gros. Bruni nous a fait avancé à la limite de la clairière et nous a demandé de progresser au pas sans faire de bruit, direction les cases ou se trouvaient les otages. Les rebelles par chance étaient peu nombreux, les autres devaient être ailleurs. On voyait de loin les robes blanches des religieuses qui dépassaient des cases, elles étaient sur leurs couchettes. Les Katangais qui nous accompagnaient sont restés pour surveiller nos arrières.

Notre progression au ralenti fut brève, on faisait trop de bruit sur les branchages qu’on ne pouvait éviter. Bruni ordonna un assaut rapide, les rebelles nous voyant bondir au dessus des troncs d’arbres ouvrirent le feu. Nous n’avons pas attendu pour faire de même. Nous sommes vite arrivés sur les cases, les otages entendant les tirs pour la plupart restèrent couchés, cela nous a facilité le travail. Cela n’a duré qu’une minute, pour finir le travail commencé 25 jours plus tôt. Nous avons ce jour là réussi un grand coup : les otages libérés et les rebelles au tapis.

Les religieuses très âgées et malades certaines furent amenées à dos d’homme jusqu’aux camions, elles avaient vécues depuis plusieurs jours un enfer, certaines violentées .Elles étaient très fatiguées et au bout du rouleau.

Quand elles ont entendu les premiers tirs, elles ont compris tout de suite que leur libération était proche, phrase rapportée par certaines sœurs.

En rentrant à BUTA, nous avons eu droit à une petite fête à la mission organisé par le Commandant. Au total une vingtaine de sortie pour les libérer. Déjà se préfigurait l’opération AKETI.

La section de 25 hommes environ (le nombre était variable) était composée de :
Lt BRUNI (et par ordre alphabétique) ; APERCE, BLIN, BROKAI, CHIESA, LAPONTERIQUE, Le MAOUT, MATTHIEUX, PERRIN, SPEECKAERT, TUSKES, ZAMBON, etc.….. (Difficile de se rappeler de tous)

(Ne pas oublier nos Katangais attitrés dans notre section, nous avions les meilleurs)
JC Laponterique et Georges Speeckaert


 
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