OPS Congo - Echec à l'Armée Populaire de Libération

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Congo 1964-1965 – Echec à l’Armée Populaire de Libération

par J.P. Sonck

L’étendard de la rébellion

En janvier 1964, le président du Comité National de Libération Christophe GBENYE envoya Gaston SOUMIALOT et Laurent-Désiré KABILA au Burundi. Le premier était secrétaire général des forces armées révolutionnaires et le second était secrétaire général aux Affaires Sociales, Jeunesse et Sport du CNL en exil à Brazzaville.

Ils avaient pour mission d’organiser la subversion dans l’est du Congo avec l’aide financière du Te Wu, le service secret de la Chine Populaire. L’étendard de la rébellion fut le drapeau bleu foncé à six petites étoiles toutes de couleur jaune vif avec une grande étoile jaune vif au milieu symbolisant l’unité du pays.

Peu après son arrivée à Bujumbura, Gaston SOUMIALOT prit une chambre à l’hôtel Paguidas et ouvrit un bureau du CNL/Section de l’Est afin d’organiser des foyers de subversion avec les révolutionnaires lumumbistes qui l’avaient rejoint dans au Burundi, dont Antoine MARANDURA, Nicolas OLENGA et Louis BIDALIRA.

La première ambassade de la République populaire de Chine (RPC) à Bujumbura fut inaugurée en janvier 1964 après l’établissement de relations diplomatiques entre les deux pays. Elle était dirigée par l’honorable LIEUOU YU FENG, responsable de la section « Afrique » du service secret de la Chine communiste. Cette cellule importante du « Te Wu » avait pour mission prioritaire d’appuyer l’action clandestine de Gaston SOUMIALOT qui fut invité le 25 février à l’ambassade.

Les Chinois reçurent régulièrement les membres du CNL et leur fournirent les fonds nécessaires pour semer la subversion parmi les tribus fidèles au Mouvement National Congolais de Patrice Lumumba (MNC/L). L’activité subversive de l’honorable LIEUOU YU FENG fut surveillée par l’agent de la CIA Martin BERGIN en poste dans la capitale burundaise et les rapports transmis au QG de la Central Intelligence Agency à Langley par le chef de Station à Léopoldville Benjamin HILTON-CUSHING informèrent Washington sur la menace d’une révolte communiste au Kivu.

Grâce aux fonds fournis par l’ambassade de Chine Populaire, le colonel Louis BIDALIRA, alias BUTULERO, ouvrit un camp d’entraînement à Lubarika dans la région montagneuse bordant la rivière Ruzizi. Il recruta 600 jeunes de la tribu Bafulero qui reçurent une prime d’engagement de 3.000 Francs Congolais et la promesse d’une solde mensuelle de 6.000 Francs Congolais, une aubaine pour ces jeunes chômeurs.

Aidé par ses « lieutenants », il leur enseigna la guerre subversive telle qu’il l’avait apprise à l’école de guérilla de Nankin et en peu de temps, il forma la 1ère Brigade des Forces Révolutionnaires, composée de six bataillons, soit 3000 guérilleros surnommés Simba (lion).

La rébellion usait beaucoup de la sorcellerie comme arme secrète et ils furent tatoués et baptisés par les sorciers pour être invulnérables. Lorsqu’ils combattaient l’ANC, ils se droguaient au chanvre pour se donner du courage comme les mulélistes au Kwilu.

Le 15 mai 1964, les forces révolutionnaires du colonel BIDALIRA mirent en fuite la compagnie de l’Armée Nationale Congolaise cantonnée à Uvira et elles s’emparèrent de nombreuses armes. L’ANC abandonna ses positions dans la Ruzizi, car les soldats congolais attribuaient des pouvoirs surnaturels aux Simba coiffés d’un bonnet en peau de singe et ils étaient persuadés qu’ils ne pouvaient pas les tuer. Pris de panique, ils gaspillaient leurs munitions sans prendre la peine de viser correctement.

Le même processus de subversion se déroula chez les Babembe de la région de Fizi-Baraka. Avant l’indépendance, cette tribu qui comptait près de 100.000 individus avait causé de nombreux problèmes à l’administration coloniale belge et en 1960, elle avait soutenu Patrice LUMUMBA. Elle occupait une grande partie de la région bordant le lac Tanganyika au nord d’Albertville sur une profondeur de 80 km jusqu’à l’Itombwe.

En 1964, les anciennes luttes tribales prirent une nouvelle dimension sous le couvert du mulélisme et ces tribus s’engagèrent dans la rébellion pour lutter contre le pouvoir en place à Léopoldville et pour refouler les Warega des pâturages fertiles.

Grâce à leur appui, l’Armée Populaire de Libération disposa d’une brigade supplémentaire dont les effectifs variaient de 2000 à 3000 combattants encadrés d’officiers et de sous-officiers déserteurs de l’ANC, d’un commissaire politique et de sorciers ou féticheurs (surnommés docteur) chargés de « gonfler » le moral des troupes.

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