OPS Congo - Echec à l'Armée Populaire de Libération

L’Ommegang quitta Lubutu le 23 novembre et l’étau se resserra sur Stanleyville, car les troupes du secteur d’opérations « Ops Kivu », commandées par le Cne MABUNGU, occupaient Beni depuis le 2 novembre 1964. Le Cne MABUNGU était conseillé par l’équipe logistique du Lt-Col. TOURON et ce secteur d’opérations dépendait du 3e Groupement du Col. BENEZETH installé provisoirement à Bukavu (les secteurs d’opérations de l’Armée Nationale Congolaise portaient souvent la même dénomination que ceux des rebelles !). . Il disposait du 65ème peloton « Commando du Kivu » (Codoki) et du 53ème peloton de commandos Sud-Africain.

Pendant ce temps, le général OLENGA avait remplacé le Col. OPEPE à la tête du 3e Gpt/APL par un autre transfuge de l’ANC à l’uniforme impeccable.

Durant le mois de novembre, la Belgique et les Etats Unis planifièrent une opération aéroportée sur Stanleyville avec la participation d’unités du régiment para-commando, dont le 1er Bn parachutiste caserné à Diest et une compagnie du 2ème Bn commando de Flawinne. Ils furent transportés à l’île de l’Ascenssion par une douzaine de Lockheed C-130E de l’USAF.

Sur le plan militaire, les nouvelles n’étaient pas bonnes pour l’armée populaire, car l’Ommegang avançait victorieusement vers la capitale de la rébellion. Pendant que la 5ème Brigade s’approchait de Stanleyville, les hommes du 1er Bn parachutiste du major Mine sautaient le 24 novembre à l’aube sur l’aérodrome de Simi Simi. Des C-130E se posèrent ensuite sur la piste d’atterrissage pour y débarquer la 12ème compagnie commando du Cne RAES, des vivres, des munitions et des véhicules, dont quatre jeeps Minerva blindées des sections Recce sur lesquels furent peints de grandes croix jaunes pour éviter les tirs amis et une demi-douzaine de tricycles AS24. Quelques véhicules civils furent réquisitionnés sur place pour amener les réfugiés à l’aéroport et ils reçurent également de grandes croix jaunes. Avant de s’éteindre définitivement, Radio Stan lança sur les ondes la dernière proclamation de la république populaire : « Prenez vos machettes et allez tuer tous les étrangers ».

Le président Christophe GBENYE avait pris la précaution de loger à la cité indigène Mangobo et il put s’enfuir vers Banalia avec son magot dans trois voitures flambant neuves protégées par ses gardes du corps, mais il avait été pris de vitesse par Gaston SOUMIALOT et Nicolas OLENGA qui avaient une longueur d’avance.

Les parachutistes, qui patrouillaient les alentours de l’aérodrome, surprirent plusieurs Simba en train de fuir dont le ministre KAMA qui fut tué dans le parc avoisinant la résidence présidentielle proche de Simi Simi. Le major KANDEKA, attaché militaire du président GBENYE qui l’employait comme homme à tout faire, tenta de forcer un barrage de parachutistes près de l’aérogare, mais sa limousine percuta un arbre. Il avait quitté précipitamment son bureau de la résidence au volant d’une voiture Dodge immatriculée « N1642 » avec quelques bagages, dont une valise pleine de billets de vingt FC, abandonnant sa casquette d’officier entourée d’une peau de léopard et décorée d’une étoile rouge. Le major Lambert WEMBO, qui commandait le 18e bataillon commando de choc cantonné à 10 km de la ville, eut plus de chance et il put prendre la fuite vers Aba avec tout son état major. En l’absence d’OLENGA, le QG de l’APL ne tenta à aucun moment d’organiser la résistance qui se résuma à de brèves escarmouches et le Col. OPEPE, qui logeait à l’hôtel des Chutes, tenta de sauver sa peau en échange de la vie des 250 prisonniers de l’hôtel Victoria.

Armé de son vieux Mauser et vêtu d’un pantalon kaki et du singlet habituels, il ordonna aux gardes de les emmener sous bonne garde en direction des parachutistes, mais le major BUBU rejoignit la colonne d’otages en jeep et il ordonna aux simba de déclencher la fusillade. Une trentaine de personnes fut massacrée avant l’arrivée des parachutistes belges qui portèrent secours aux survivants. Les Simba de l’armée populaire qui étaient cantonnés au camp Ketele avaient disparu dans la nature dès les premiers coups de feu.

Les parachutistes furent rejoint vers 10h00 par la 5ème Brigade Mécanisée du Colonel VANDEWALLE qui prit peu à peu le contrôle de la ville et poursuivit la recherche des otages avec ses véhicules. L’adjudant HENRARD fut chargé de protéger les banques avec la Police Militaire, mais les chefs rebelles avaient rassemblés les fonds des banques privées et ils avaient prélevé 500 millions de francs congolais à la banque nationale avant de quitter la ville.

Pages: 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13

 
©2008-2021 ORBS Patria Nostra - Tous droits réservés - Contact - Site réalisé par |iN| iNuage