OPS Congo - Echec à l'Armée Populaire de Libération

Capitale de la rébellion

Après la chute de Stanleyville aux mains des Simba, le consul américain Hoyt contacta par radio l’ambassadeur US à Léopoldville pour lui signaler qu’il était impossible de discuter avec les rebelles qui se montraient peu aimables.

Après avoir établi son Etat Major Général avec ses bureaux G1, G2, G3 et G4 dans le camp Ketele, Nicolas OLENGA confia les fonctions d’officier d’état major à des cadres simba sans expérience militaire. Ils étaient incapables d’organiser les opérations, car ils ignoraient les règles à appliquer pour la planification d’une offensive, mais par chance pour eux, l’armée du général MOBUTU n’opposait aucune résistance à la progression les guérilleros de l’APL. Une partie des soldats congolais avait déserté et l’autre partie se cloîtrait dans les camps et refusait d’en sortir.

L’APL avait fait prisonniers de nombreux militaires pro-gouvernementaux et le camp Ketele leur servit de lieu de détention. Ils étaient ligotés en « commandes », bras et jambes ramenés derrière le dos et les liens étaient régulièrement humidifiés avec de l’eau. Ils se resserraient avec la chaleur et à longue échéance, cela entraînait la mort par asphyxie ou la paralysie temporaire ou définitive des membres. D’autres étaient exécutés par fusillade ou par noyade dans le fleuve Congo tout proche. On y punissait également les rebelles simba coupables de délits. Le bâtiment abritant l’ancien quartier général du 3e Gpt/ANC à Stanleyville devint le siège du QG du 3e Groupement de l’APL que Nicolas OLENGA plaça sous le commandement du colonel Joseph OPEPE. Le col LUKONGO devint le chef d’EM du 3ème Groupement avec pour adjoint le major MOLAMBA et des officiers de l’armée congolaise passés au service de l’APL y exercèrent les fonctions de S1, S2, S3 et S4. La plupart de ces officiers étaient issu du corps de sous-officiers de l’ex-Force Publique et avaient été promu en juillet 1960 lors de l’africanisation voulue par le premier-ministre LUMUMBA.

Ce QG accueillit également l’Etat Major Général qui abandonna le camp Ketele. C’était un organisme inutile qui ne prit aucune part à la suite des opérations. L’armée rebelle récupéra beaucoup d’armes et de munitions et elle conserva plus ou moins la même organisation que l’ANC, dont elle hérita également les mauvaises habitudes, telle l’indiscipline et la palabre.

Les Atetela étaient habituellement les mieux placés dans la hiérarchie militaire et les officiers simba d’autres tribus se plaignaient de cette discrimination. La plupart des unités congolaises créées au temps de l’ex-Force Publique furent intégrées dans l’APL, dont les 5ème et 6ème bataillon d’Infanterie, les bataillons de gendarmerie, le 3ème escadron de reconnaissance de Gombari équipé de jeeps Willys et de blindés M8 Greyhound, une batterie de Défense Aérienne équipée de canons Oerlikon 20 mm, une compagnie de Transmissions, la musique militaire, la 3ème compagnie de prévôté militaire et le 3ème peloton d’écoute et de repérage du QG du 3ème Gpt/ANC.

Quelques unités avaient été créées au temps d’Antoine GIZENGA comme le 18ème Bn commando de choc en opération vers Boende et le 19ème bataillon d’Infanterie de Kindu. La plupart des militaires congolais s’enrôlèrent dans l’APL sous la menace, mais certains choisirent librement de passer à l’ennemi avec armes et bagages et de nouvelles unités furent créées dans l’euphorie de la victoire, tels les 1er et le 21ème bataillons commandos de choc, le 2ème bataillon de Wamba, le 8ème bataillon de l’APL à Uvira, les gardes frontières d’Aba et le corps militaire de la Brigade financière. L’APL comptait également la 1ère brigade du front d’Uvira, placée sous le commandement du général major BIDALIRA , la 2ème brigade du front de Fizi et la 3ème brigade du front de Paulis, mais ces désignations étaient fantaisistes et les effectifs correspondaient rarement à la réalité.

Les d’équipements et d’uniformes trouvés dans les dépôts du camp Ketele furent distribués aux Simba, mais comme cela n’avait pas suffi, de nombreux soldats de l’APL revêtaient des vêtements civils. Nombre d’entre eux était armé de vieux Mauser de la Force Publique, de pistolets GP, de mitraillettes Sten ou Vigneron et de FAL, mais la majorité se contentait d’armes coutumières.

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