OPS Congo – Echec à l’Armée Populaire de Libération

Lors d’une inspection dans sa région natale de Buta le 17 octobre 1964, Christophe GBENYE se rendit à Aketi où il fut reçu par le major Simon MOTOBANI, commandant la Place. Coiffé de son bonnet en peau de léopard et munis d’une queue de buffle, attributs des grands chefs indigènes, il fut transporté en tipoye jusqu’à la tribune que les rebelles de l’endroit avaient préparé à son intention. Il assista au défilé d’un nombre important de rebelles en tenue de combat, c’est à dire torse nu avec des feuillages et armés de lances, machettes et bâtons. Après les simba, ce fut au tour des jeunesses MNC/L et des femmes militantes à parader. Sur la place se tenaient une grande partie de la population indigène, des pelotons de Police populaire dont les membres étaient coiffés d’une casquette grise et arboraient un brassard bleu avec l’étoile jaune.

Dans son discours, le président exhorta la population d’Aketi à ne plus faire la chasse aux sorciers, mais au contraire de rechercher tous ceux qui avaient des pouvoirs afin qu’ils se mettent au service de l’APL pour la victoire. Il ajouta à l’intention des missionnaires : « J’ai vu des Pères et des Sœurs fuir en Centre Afrique à l’arrivée de notre APL, ce sont des lâches. L’Eglise catholique a besoin de martyrs, nous leur donnons l’occasion de l’être ».

De retour à Stanleyville, Christophe GBENYE se plaignit à son ministre de la Défense Nationale que des milliers de militants révolutionnaires d’« Ops Aketi » étaient sans armes. Gaston SOUMIALOT adressa immédiatement une remontrance écrite au Col. OPEPE, car « envoyer des gens désarmés au front était une tactique qui risquait de conduire à un échec ». Il conclut par ces mots : « A l’avenir, veillez à ce que les Simba soient armés même avec des armes traditionnelles. Je vous tiendrai personnellement responsable de cette négligence grave ».

Afin de résoudre ce problème préoccupant le chef de la république populaire, Gaston SOUMIALOT adressa le 22 octobre une commande de trente mille lances, flèches et machettes au ministre des Travaux Publics François SABATI. Le 26 octobre 1964, le ministre des Travaux Publics répondit par missive administrative à Gaston SOUMIALOT que le problème des armes coutumières serait réglé avec diligence, car il avait confié la fabrication de 10.000 lances aux ateliers des Travaux Publics, tandis que 6300 machettes avaient été achetées à la firme Hermes, mais pour la fabrication de flèches, le ministre des Travaux Publics précisa que des pourparlers étaient en cours avec les représentants des ethnies Bambole et Topoke spécialistes du tir à l’arc. .

Ignorant le danger, la 5ème Brigade Mécanisée du Col. BEM VANDEWALLE se regroupait à Kongolo, base de départ de la reconquête de Stanleyville. Le 2ème Bureau de l’APL avait été confié au Cdt Jean-Pierre AMICI et le 3ème peloton d’écoute et de repérage du QG/3ème Groupement de l’ANC, passé au service de l’APL, transmettait à l’Etat Major Général une copie des rapports d’écoute dont des messages radio de l’ANC qui rendaient compte des combats en cours et qui donnaient les noms d’officiers belges servant de conseillers. Certains de ces rapports aboutissaient sur le bureau du président GBENYE et provoquaient une fureur incontrôlée.

Dans le Nord Kivu, les localités de Beni et Butembo furent reprises par les Simba le 21 et le 24 octobre, mais ils en furent délogés quelques jours plus tard par les mercenaires européens de l’ANC.

Le 26 octobre, Christophe GBENYE rappela à son ministre de la Défense Nationale qu’il ne devait pas exister de discrimination entre Simba populaires et Simba ex-militaires de l’ANC, car l’APL était par sa définition l’armée de l’unité du peuple congolais. .

L’armée populaire perdait à nouveau du terrain et le général OLENGA, revenu du front le 27 octobre, annonça au président de la république populaire une terrible catastrophe : la Belgique avait lancé une bombe atomique dans la région de Béni ! Il y aurait eu 100.000 morts. En représailles à cette grande défaite de l’APL, les Belges de Stanleyville furent internés à l’hôtel des Chutes sous la garde de Simba du Col. Opepe et ils durent subir ses violentes diatribes. Le major BUBU, une brute sadique qui servait de garde du corps à Gaston SOUMIALOT, se livra à des gesticulations qui montraient clairement qu’il fallait leur couper la tête.

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

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