OPS Congo – L’appui aérien aux opérations de reconquête


 

Appui aérien à la colonne MUELLER

 

L’appui aérien à la progression de ces renforts était fourni par trois B-26K à partir de Stanleyville et par quatre T-28D à partir de Paulis, tandis que des H-21 « Banane volante » étaient disponibles dans ces deux localités.

Un des avions chargés de dégager la colonne remonta la route sur sa droite en crachant le feu dans la végétation, mais arrivé à hauteur de l’avant-garde, il fut dévié par une turbulence et toucha plusieurs véhicules du groupe para NODDYN, causant quelques pertes, dont le Lieutenant congolais Gérard.

Pris de fureur, des hommes de la colonne vidèrent leurs armes vers le ciel. Certains accusèrent le Lieutenant ABESSION-CONDE d’avoir donné de mauvaises indications aux pilotes cubains. Herr Major MUELLER réclama du ravitaillement et l’évacuation des blessés par hélicoptères H-21. La colonne de secours organisée par le Capitaine MARCHAL et le groupe blindé BERO à partir de Paulis se dirigea à leur rencontre et atteignit Wamba, mais la Banane volante qui s’y posa le 12 février pour évacuer un blessé fut endommagée à l’atterrissage et dut être abandonné sur place.

A Stanleyville, le Lieutenant RAES, officier détaché de l’armée belge (ATMB) organisa la confection de ballots de vivres et de munitions qu’un C-47 de la FATAC se chargea de larguer au-dessus de la colonne à basse altitude et sans parachute. Le pilote dut effectuer trois passages et les largueurs balançaient les colis au plus près de la route sans toucher la troupe en défensive.

Lors du retour à Stanleyville, le Lieutenant RAES remarqua deux ou trois impacts dans l’appareil, mais impossible de savoir s’ils étaient dus à des tirs amis ou ennemis. Néanmoins, il apprit par la suite que le largage n’avait pas été apprécié par tous, car certains chargements s’étaient dispersés au contact du sol et avaient atterri tous près des combattants rendus nerveux par l’embuscade.

Les hélicoptères FG-673, FG-677, FG-378 et FG-322 évacuèrent les blessés et l’un d’eux déposa le 10 février, le Major FRANCOIS, officier détaché de l’armée belge (ATMB) faisant fonction de S-3 au sein de la 5e brigade. Il réorganisa la colonne qui était dans un piteux état et prit la place de « Kongo MUELLER » incapable de faire face à la situation. Sa colonne rejoignit le groupe BERO à Wamba et ils continuèrent leur route ensembles vers Paulis qu’ils atteignirent le 11 février 1965.

Le QG/ANC, abandonnant l’idée d’opérer à partir de Paulis, choisit Bunia comme point de départ de l’opération visant à contrôler le nord-est du pays d’où parvenaient de l’armement et des munitions destinés aux rebelles. Ce ravitaillement était débarqué d’avions à l’aérodrome d’Arua (Ouganda) où de nombreux atterrissages étaient signalés, dont celui d’un DC-3 transportant Gaston SOUMIALOT.

Un nouveau contingent de mercenaires anglophones, entraîné à Baka dès le 20 janvier, fut envoyé à Bunia le 26 février et défila dans la localité avec Mike HOARE à leur tête. Ils étaient chargés du bouclage des frontières du nord-est.

Peu après le départ des pilotes BRACCO et LIBERT engagés par le WIGMO, une opération de sauvetage fut organisée à partir de Bumba sur l’insistance du Lieutenant CAUFFMANN, officier détaché de l’armée belge. Il s’agissait d’évacuer une religieuse isolée en pleine région rebelle à 60 km de là. Le Commandant BROKKEN et l’Adjudant ALLAEYS de la FATAC, qui avaient poursuivi des missions de soutien et de recherches de réfugiés depuis Bumba, acceptèrent avec enthousiasme d’y participer aux commandes de leur Banane volante et le Capitaine DAVRINCHES fut d’accord pour assurer la sécurité de l’opération avec son flight. L’opération fut un succès total, mais il fallut également évacuer les orphelins dont s’occupait sœur Thérèse, membre de la congrégation des Filles de la Sagesse.

Suite à une relève de l’équipe ATMB de Paulis, le Lieutenant RAES se rendit à Paulis le 20 mars 1965 pour y assurer l’intérim. Le secteur d’Ops Nord commandé par le major YOSSA était assez calme et la garnison se composait d’un peloton de durs à cuire, mercenaires très disciplinés, survivants du groupe « NODDYN », et commandés par Marc GOOSSENS, d’une compagnie de Katangais qui cantonnait au camp militaire et d’un groupe de mercenaires du troisième âge sans véritable formation militaire calfeutrés dans une usine de savon. Ces derniers ouvraient le feu aussi vite que les Katangais au moindre bruit suspect. La plaine d’aviation était gardée par des UDA katangais et deux T-28D y stationnaient, tandis qu’un troisième gisait à l’état d’épave.

Dès que les Katangais et les pépés mercenaires déclenchaient une fusillade, le chef de ce détachement du WIGMO prenait l’air dans un de ses appareils. Le 22 mars, une pétarade intense se déclencha, agrémentée de coups de mortiers. Le Lieutenant RAES se rendit sur les lieux, mais il n’y avait pas lieu de s’inquiéter, car l’affaire se résumait à une fusillade sur trois supposés rebelles.

Le chef du détachement WIGMO se plaignit en anglais au Lieutenant RAES qu’ « il n’avait pas été prévenu des événements et que sa sécurité au sol avait été négligée » et il ajouta « I remember you we are civilians and not trained for ground fighting », pourtant les membres de ce détachement avaient assez d’armes pour soutenir un siège dans l’aérogare transformé en fortin. Il logeait dans une habitation proche de l’aérogare et recevait un ravitaillement régulier, dont du whisky à faire pâlir d’envie les Sud Africains.

Au QG/Ops Nord, installé dans une mission, le Lieutenant RAES recevait régulièrement les rapports de mission des Cubains, dont pas une sortie s’effectuait sans un score de véhicules, locomotives et wagons détruit à la mitrailleuse ou à la roquette. Peu après l’incident, il demanda d’effectuer une observation aérienne comme passager d’un T-28D et cela lui donna l’occasion de vérifier leur tableau de chasse. L’avion suivit la ligne de chemin de fer du CVC et le pilote survola certains objectifs détruits, mais jamais à moins de 600 pieds, il put néanmoins constater que ces pilotes attaquaient régulièrement les mêmes objectifs, car les épaves observées étaient vieilles de plusieurs semaines.


A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

A la mémoire du Colonel Denard
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