OPS Congo – L’appui aérien aux opérations de reconquête


 

Offensive finale

L’offensive finale démarra le 19 novembre 1964 et pendant que les colonnes de l’Ommegang progressaient vers Stanleyville, la CIA prépara deux missions spéciales, l’une terrestre et intégrée dans l’Ommegang avec un groupe de 18 hommes de main cubains recruté et dirigé par l’agent William « Rip » ROBERTSON (Low Beam Force) qui était chargé de libérer le consul américain de Stanleyville et surtout les trois agents de la CIA capturés en même temps que lui, l’autre aérienne et confiée au WIGMO. Deux des meilleurs pilotes du WIGMO, WC « Budd » MOESSMER et Big Bill WYROZEMSKY, expérimentés dans le mitraillage de précision rejoignirent Baka le 22 novembre, où la CIA les mit au courant de leur mission. Ils se rendirent ensuite en C-46 à l’aérodrome de Punia (Maniéma), placé sous la garde des commandos sud africains laissés par la 5e brigade qui l’avait occupé le 20, afin d’y prendre les commandes de deux monomoteurs Trojan T-28D équipés de pods de lances-roquettes Aero 6A1, amenés sur place par les soins du chef pilote des Cubains Raul PEREZ. Dès que l’opération aéroportée approcherait de l’objectif situé à 400 km de là, ces pilotes devaient soutenir le parachutage que la Belgique et les Etats Unis préparaient depuis le 8 novembre à l’insu des autorités congolaises et du QG/ANC. Pendant ce temps au Maniéma, le 9e commando katangais, privé de l’appui aérien des T-28 envoyés à Kindu, subit des pertes sensibles le 20 novembre dans une embuscade à Pene Lunanga. Les survivants se réfugièrent à Kabambare et le 10e Bn commando katangais mit du temps à se mettre en route pour aller à leur secours, car son chef se considérait exclusivement au service de Moïse TSHOMBE. Il fut menacé d’une attaque par bombardier s’il persistait à désobéir aux ordres du col VANDEWALLE. A Kongolo, un bimoteur C-47 venu y chercher des blessés du 9e commando katangais, ramenés de Kabambare, rata son décollage sur la piste inondée et dut être remplacé. La plaine de limonite de Punia était également détrempée par les pluies, mais elle restait praticable aux Douglas C-47 de la FATAC et au Curtiss C-46 du WIGMO, chargés de l’équipe de maintenance et de ravitaillement pour les Trojan.

Le mauvais temps était général et lorsque le plafond était trop bas, les T-28D restaient bloqués au sol en attendant une amélioration du temps. Dans le secteur d’Ops Nord, la plaine d’aviation de Bumba était également détrempée par les pluies et devenait glissante, particulièrement sur le tronçon débroussaillé pour la rallonger. Lorsque le major COUCKE s’y posa avec un C-47 de la FATAC le 22 novembre, l’avion dérapa lorsqu’il freina pour diminuer sa vitesse et fit un cheval de bois en bout de piste. Le bimoteur fut remis sur ses roues et le major COUCKE retourna à Ndjili, mais les moteurs avaient souffert et certaines parties du circuit électrique ne fonctionnaient plus. Il parvint néanmoins à rejoindre Léopoldville grâce aux prouesses de son navigateur, mais l’équipage avait subi une forte tension nerveuse. Les C-130 de l’US Air Force commandés par le col ISAACSON du Joint Task Force Léo et transportant les para-commandos belges du col LAURENT chargés de l’opération « Dragon Rouge », prévue pour le 23 novembre 1964, atterrirent à Baka deux jours avant le raid et les Américains prirent possession de la tour de contrôle. Sur l’aérodrome, où un Beechraft d’Air Congo l’avait déposé, le col VANDEWALLE apprit que les trois Lockheed C-130E de l’US Air Force qui ravitaillaient l’Ommegang lui seraient retirés pendant quelques jours pour l’opération aéroportée en cours. Le chef de l’Ommegang rejoignit l’état-major de « Dragon rouge » et expliqua au colonel ISAACSON et au chef de « Dragon Rouge » que si l’opération se déroulait le 24, sa colonne serait au rendez-vous à Stanleyville.

Avant l’attaque finale, le WIGMO fit connaître au col BOUZIN les restrictions imposées aux appareils de combat par la CIA : les pilotes cubains des B-26K pouvaient effectuer des reconnaissances lointaines jusqu’aux faubourgs de Stanleyville et au-delà, mais tout survol de la capitale rebelle était interdit jusqu’au parachutage des troupes aéroportées belges pour éviter des représailles contre les otages. Ils consentirent cependant à effectuer des missions de combat jusqu’à 260 kilomètres en avant de la colonne. Le conseiller Air du QG/ANC communiqua les restrictions au colonel VANDEWALLE et au lt col VANDEPOEL. Le WIGMO engageaient en renfort deux B-26K, dont l’un était piloté par le col BOUZIN, et les T-28D de MOESSMER et Big Bill. Un passage de bimoteurs était prévu au sud et au nord de la piste juste avant le saut pour détruire les éventuelles positions de contre-avions. Ils devaient effectuer un deuxième passage en cas de forte opposition. L’appui-feu prévu pour le parachutage était sous la responsabilité du lt col Avi CAILLEAU à Baka . Un des B-26K fut bloqué au sol à Kindu le 22 novembre suite à des problèmes techniques et le « crew chief of maintenance » Willy CALLESEN s’en occupa. La FATAC fit le maximum pour assurer le ravitaillement de la 5e Brigade avec l’aide des deux DC-4 de la BIAS et occasionnellement d’un avion d’Air Congo, tandis que les hélicoptères se chargeaient d’évacuer les blessés. Pour retourner à Kindu le 23 novembre, le col VANDEWALLE dut emprunter plusieurs moyens aériens. Parti en C-47 de la FATAC, il embarqua ensuite dans un C-46 du WIGMO qui se rendait à Punia. Enfin une Banane volante le conduisit à Lubutu pour lui permettre de rejoindre la colonne Lima I.


A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

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