OPS Congo – Le Groupe COBRA dans la RUZIZI

Attaque du camp rebelle de Lubarika

Pour ne pas laisser le groupe inactif, le commandant prévoit une opération vers Katobo pour le lendemain. De nombreux rebelles sont signalés dans les environs de ce village et Van Oost, alias « La pieuvre » raconte qu’un camion de la Sucraf y a été abandonné. La nuit tombe et de nombreux foyers s’allument dans les montagnes. Daniel demande l’autorisation de tirer quelques coups de mortiers et peu après, les lueurs s’éteignent comme par magie. Les maquisards n’ont pas l’habitude d’être bombardés de nuit par la garnison congolaise ! Peu après, Van Oost et quelques volontaires partent pour une partie de chasse afin d’améliorer l’ordinaire et ils reviennent avec … trois prisonniers simba. Ils faisaient partie d’un groupe plus nombreux surpris avec des armes automatiques, des lances, des arcs et des flèches empoisonnées, mais les autres ont pu s’enfuir en laissant deux morts sur le terrain. Le lendemain, le groupe est renforcé par une partie du 60e peloton du 6e BCE et emprunte la piste qui conduit à Katobo. Un premier pont est réparé avec les moyens du bord et une patrouille se dirige vers le deuxième pont.

Le volontaire Van Oost les avertit que le coin devient dangereux, soudain des coups de feu éclatent. Des rebelles les ont vu venir et tirent dans leur direction pour couvrir leur retraite. Certains sont touchés par le tir posé des volontaires, mais les maquisards ont subi un bon entraînement, car ils font demi-tour pour récupérer les armes et les blessés. Le commandant ordonne un tir de barrage pour les empêcher d’agir. Une fusillade éclate et il fait tirer au mortier de 2 pouces sur les alentours du deuxième pont. Ensuite, ils rejoignent l’ouvrage et constatent qu’il est défendu par des positions de défense très bien ordonnées qui prennent le pont en enfilade. Plus loin, d’autres casemates sont couvertes d’un toit de paille et permettent d’y cantonner une petite garnison. De la nourriture cuit sur un foyer et des réserves y sont entreposées. Si Van Oost ne les avait pas mis en garde, de nombreux volontaires risquaient d’y passer. Les simba ont perdu au moins une trentaine d’hommes dans leurs rangs, mais ils ont emporté leurs armes.

Le butin se réduit à un vieux Mauser et à des munitions d’origine chinoises. Sur une des cases abandonnée, un parachutiste congolais écrit : « Ici sont passés les paras de Cobra » et un autre dépose un petit mot sur un cadavre rebelle : «Les parachutistes vous saluent, vous y passerez tous, Cobra ». Le camion abandonné à l’air en bon état, mais c’est à la Sucraf de déterminer si la récupération du véhicule vaut la peine de réparer le pont. Ils sont de retour pour dîner, puis se mettent au nettoyage des armes et à l’entretien du charroi, car le jour suivant une liaison routière est prévue vers Bukavu, via Kamanyola. Van Oost réussit à obtenir sa mutation pour le groupe Cobra dont il apprécie la combativité. Le lendemain, ils retrouvent Bukavu où les volontaires des Codoki leur ont préparé un plantureux repas. Le commandant fait régler les cinq postes PRC10 du groupe par un technicien de l’ATMB du QG de la Botte et obtient une radio à grande portée qu’il fait monter dans sa jeep. Il reçoit également un mortier de 81 mm avec un stock de bombes au phosphore, un blindicide, une mitrailleuse .50 et deux FN Mag 7,62 mm supplémentaires.Le jour suivant, le cdt Bottu est l’hôte du col Bangala dans son QG bordant le lac Kivu. Le chef du 5e Groupement se montre très impressionné par le premier bilan du groupe para Cobra.

Après ce bref repos, les parachutistes reçoivent la mission de patrouiller dans la Ruzizi, car l’ANC a obtenu l’accord de l’armée Royale du Burundi pour lutter conjointement contre les rebelles de l’APL. C’est du boulot sérieux et à partir de Kamanyola, le groupe Cobra bénéficiera d’une protection aérienne. Il attaquera d’abord Lubarika, où les Bafulero se sentent en sécurité car ils y organisent chaque mercredi et samedi un marché pour permettre aux paysans d’écouler leurs produits. Cette localité serait défendue par une brigade de 1500 hommes. Vers quatre heures du matin, la colonne est prête au départ et le commandant rassemble les chefs de sections pour leur donner les ordres. L’armée burundaise mènera une opération de ratissage de l’autre côté de la Ruzizi et refouleront les rebelles vers le Congo. Les deux mitrailleuses de tête flanqueront à gauche et les mitrailleurs de queue à droite.

La mitrailleuse .50 et les mortiers tireront au delà pour couper la retraite des simba et les chauffeurs et leur convoyeur assureront la sécurité de leur véhicule. Les autres fonceront en tirailleur et élimineront toute résistance. A sept heure, le groupe parvient à Kamanyola, mais les avions ne sont pas au rendez-vous par la faute d’un officier congolais du QG qui a oublié de commander le support aérien. Malgré l’opposition de quelques volontaires, le commandant décide d’y aller car les Burundais les attendent. Après quelques kilomètres, la colonne quitte la route et emprunte la piste bordée de hautes herbes qui conduit à leur objectif. Cinq éclaireurs sont envoyés en reconnaissance vers un pont. Des tranchées et des abris précaires y sont découverts, mais les rebelles n’y ont posté aucune garde. La route continue, rectiligne, mais se perd dans un bois. La colonne s’arrête et la Ferret passe en avant, tandis que les hommes avancent d’arbre en arbre. Daniel met son mortier en batterie pour bombarder le bois, mais ils le traversent sans subir d’embuscade. Cinquante mètres plus loin, un trou barre la route. Ils y entassent des branches et des pierrailles et poursuivent leur chemin.

Alors qu’ils approchent d’une zone cultivée, des coups de feu éclatent, puis s’amplifie. Les mortiers et le canon de 75 mm SR bombardent et les parachutistes répondent aux tirs ennemis. Le commandant fait avancer les sections qui progressent comme à l’exercice et soudain, ils atteignent le camp des maquisards. Ceux-ci sont occupés à fuir en emportant le plus de matériel possible sous la protection d’autres simba armés qui se sont mis en position sur une colline. Ils dominent les lieux et tirent sans distinction avec une mitrailleuse sur les parachutistes et sur leurs camarades.

Automatiquement, les chef de section prennent leurs hommes en main et nettoient le terrain, tandis que la mitrailleuse ennemie est mise hors de combat. « Cobra » réclame par radio un appui aérien à « Groupement » et lui demande s’il est en contact avec les pilotes. « Négatif à votre question, Cobra leader, avez-vous des blessés, Over ». Le commandant lui répond qu’il n’a aucune perte jusqu’à présent, qu’ils dominent la situation et que les rebelles sont en fuite.

L’opérateur du QG lui annonce que le col Bangala (Sunray) est à côté de lui et qu’il veut rejoindre Kamanyola pour le féliciter. Réponse de Cobra leader : « C’est gentil de sa part, mais il risque de devoir attendre, nous n’avons pas encore fini ». Cobra leader insiste pour obtenir un appui aérien, ne fut-ce pour observer la direction de fuite des rebelles, car le camp est entre leurs mains et ses hommes ratissent systématiquement l’endroit et chaque case est visitée. Un groupe de volontaires poursuit les maquisards, mais il est bloqué par une rivière dont le pont est détruit. Quelques coups de feu sont tirés de manière sporadique dans leur direction pour les retarder. Cobra leader les rappelle, car cela les entraînerait dans la forêt où ils risqueraient une embuscade. Daniel reçoit l’ordre de tirer quelques bombes de mortier sur les simba en fuite, puis ils retournent au camp rebelle qu’il a fait entourer de véhicules armés placés en position défensive. Les cases sont en feu et un important butin s’entasse dans les camions : des armes, des caisses de munitions, des tambour-chargeur de pistolets-mitrailleurs et des bombes de mortier. Les réserves de vivres sont détruites et ils récupèrent des toques de peaux de civette, typiques des simba, des armes coutumières et des documents d’état-major. En ratissant le terrain aux alentour, ils découvrent des cases camouflées dans une bananeraie et ramènent une nouvelle moissons de munitions et de documents.

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

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