OPS Congo – Le Groupe COBRA dans la RUZIZI

Ancien sous-officier des troupes aéroportées de la Légion, il a effectué plusieurs raids parachutistes dans le théâtre d’opérations d’outre-mer. Il aurait été normal de lui confier le commandement de cette unité mixte, mais Pierre Bottu obtient l’accord du ltcol Lamouline pour en prendre la tête, bien qu’il n’ait jamais sauté en parachute de sa vie. Une quarantaine de volontaires ont été choisis dans différentes garnisons et il gardera les trente meilleurs après une sévère sélection. Le lendemain, Bob Lamouline profite de l’escale d’un C-130 de l’USAF pour se rendre au GQG/ANC à Léopoldville et y défendre son plan d’opération aéroportée. Le 10 août, une estafette envoyée par le QG de la 5e Brigade remet un message urgent à Pierre Bottu : « De C.O.–BCE pour 2.I.C. 6 BCE, à l’attention du commandant Bottu personnellement-stop-En vue de ce que vous savez, apprêtez-vous sur mon ordre à faire mouvement sur Léopoldville –Full stop ». En attendant le retour de Robert Lamouline, Pierre Bottu remet le commandement du bataillon à un officier choisi parmi ses adjoints et avant son départ, il se rend au QG de la 5e Brigade pour avertir l’officier qui assure l’intérim du lieutenant colonel BEM Noël comme chef d’état-major.

Deux jours après avoir salué le cpn Schoeters, qui assure les fonctions de S1 à l’état-major de la 5e Brigade, il emprunte un DC-3 de la Fatac pour se rendre à Léopoldville et à son arrivée dans la capitale, il rejoint l’hôtel Régina où une chambre à été retenue à son intention. C’est toujours mieux que l’hôtel Transit situé sur l’avenue des Victimes de la Rébellion. Cet hôtel surnommé le « building des mercenaires », sert de base arrière aux mercenaires du 6e BCE. On lui apprend que son chef a réquisitionné un Beechraft Air Brousse pour contacter discrètement les volontaires européens qui participeront au raid parachutiste. Le lendemain à 09h00, le commandant en second du 6e bataillon Commando est convoqué au GQG de l’ANC à Kalina. Il est conduit par un planton dans un bureau de l’Etat-Major congolais où se trouvent réunis le colonel BEM Goossens, le major BEM Noël, conseiller du colonel Mulamba, le colonel Aviateur Bouzin, le major Aviateur Dehlers et le cpn Aviateur Brokken, officiers belges de l’Assistance Technique Militaire Belge (ATMB) et de la Force Aérienne Tactique Congolaise ( Fatac).

Deux officiers de l’assistance technique israélienne, dont le major parachutiste Sasson, participent également à la réunion d’état-major à laquelle a été invité le lieutenant colonel Ikuku, commandant du Centre d’Entraînement Parachutiste de l’ANC. Le projet de raid parachutiste est mis en route et reçoit le nom de code « Opération Arc en ciel », tandis que le groupe parachutiste en formation est baptisé « Cobra ». Pour tromper un éventuel espion ennemi, un faux ordre d’opération est rédigé par l’état-major et diffusé dans les différents bureaux du GQG/ANC. Il a trait à une opération parachutée dans la zone de Fizi-Baraka. C’est d’ailleurs ce qu’on a fait croire aux hommes qui se sont portés volontaires pour l’opération. En compulsant le dossier préparé par le cdt Bottu, un des officiers de l’état-major se rend compte que certains membres du groupe mixte aéroporté n’ont plus sauté depuis longtemps. Il propose un entraînement au sol préalable à Ndolo, mais le chef du groupe Cobra veut lancer l’opération sans préparation pour agir le plus rapidement possible et empêcher les simba de tuer les otages. La réunion reprend l’après-midi et les conseillers militaires en service au GQG se mettent au travail pour finaliser les détails de l’opération parachutée.

Les noms de code des moyens engagés sont vite trouvés : « Dakota » pour les six DC-3 de la Fatac, « Météo » pour l’avion chargé de vérifier le temps sur la DZ, « Bravo » pour les bombardiers Douglas Invader B26K, « Tembo » pour les avions d’appui-feu North American T-6 basés à Buta et « Rocky » pour l’hélicoptère sanitaire Bell 47 (les bananes volantes ont été retirées du service pour cause d’usure après la disparition du FG-378). Il est prévu qu’une jeep 4X4 Haflinger-Push sans superstructure sera droppée sur la DZ, ainsi que des zodiacs destinés à traverser la rivière Uélé pour récupérer éventuellement le bac. La colonne terrestre du 1er Choc de Bob Denard chargée de les rejoindre après le saut s’appellera « Porthos ». Les effectifs du groupe Cobra s’établissent autour de nonante hommes : un peloton de volontaires brevetés parachutistes et un peloton de parachutistes congolais, divisés chacun en deux sections. Une liste du matériel nécessaire est établie par l’officier G4 du GQG/ANC et le cdt Bottu, qui a obtenu carte blanche du ltcol Lamouline pour équiper son groupe, demande des fusils FN Fal 7,62 mm du modèle parachutiste à crosse repliable, des mitrailleuses FN Mag 7,62 mm, des mortiers de deux pouces, des grenades et des pistolets de signalisation, ainsi que tout le matériel indispensable aux transmissions et aux premiers soins. On lui propose des mortiers de 60 mm et des canons sans recul de 57 et de 75 mm, mais il n’en a que faire.

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

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