OPS Congo - Le Groupe COBRA dans la RUZIZI

L’entraînement du groupe Cobra à Baka

Le timing qui lui est communiqué à l’issue de cette réunion d’état major prévoit le rassemblement du personnel à Léopoldville (Kinshasa) le 16 août, un entraînement au sol de quatre jours à Ndolo, le 21 août, départ du groupe au complet pour deux semaines d’entraînement et d’instruction de combat à Baka : du 22 au 25 août, entraînement au sol, du 26 août au 5 septembre, entraînement aux sauts et instruction de combat et du 6 au 9 septembre répétition complète avec leg bags et matériel. Le groupe Cobra aura alors terminé son entraînement et devra rejoindre la zone de départ de l’opération « Arc en ciel » à Stanleyville avec les DC-3 de la Fatac qui seront mis à la disposition du cdt Bottu. Les hommes seront consignés au cantonnement du 6e BCE. Ils dormiront sur des lits de camp et le 11 septembre, ils recevront les ordres définitifs et le raid aéroporté sera déclenché le lendemain ou le surlendemain selon la météo. Avec une jeep, mise à la disposition du cdt Bottu par l’ANC, il se rend à la base de ravitaillement de l’armée congolaise. Le volontaire Guy Devise lui sert de chauffeur et de guide.

Il présente au magasinier le bon de réquisition signé par l’officier du G4 et il commence à déchanter, car il n’y a aucun casque parachutiste en stock. Quant aux bottes de saut, le stock en pointures normales est épuisé, car elles ont été monopolisées par les planqués de l’arrière qui les trouvent très confortables. Il demande au magasinier s’il peut lui fournir des casques de motocycliste à la place des casques parachutistes. Une autre désillusion l’attend à l’armurerie, car il n’obtient que deux mortiers de 2 pouces que l’armurier belge, un ancien de Corée, va assembler en triant un lot de pièces disparates provenant de plusieurs engins hors d’usage. Selon ses dires, une seule et unique mitrailleuse FN Mag 7.62 mm est disponible à l’école d’ordonnance. Pierre Bottu parvient à l’obtenir en prétextant l’urgence. Le stock d’armement de l’ANC est fort réduit et il doit marchander pour obtenir les fusils FN Fal 7,62 mm modèle parachutiste. Heureusement que les Congolais sont équipés de leur propre armement, dont des grenades antichar Energa. Aidé par Guy Devise, il se procure des ponchos légers US et il reçoit sans discussion cinq émetteurs-récepteurs PRC 10. On lui promet un TRT, un ANGRC9 et des batteries ainsi qu’une génératrice à manivelle.

Le 15 août, Pierre Bottu réceptionne une grande partie du matériel nécessaire à l’opération parachutée, dont des parachutes et des leg bags, et il attend les volontaires parachutistes qui doivent le rejoindre à Léopoldville par avion. Ils seront logés dans un petit camp près de Ndjili qui servira de cantonnement et de dépôt provisoire. Ils y recevront leur équipement et seront consignés pour éviter les indiscrétions. Le même jour, le chef du groupe Cobra suit un cours accéléré de saut en parachute avec comme instructeur le major Sasson qui lui fait effectuer deux sauts à partir d’un avion. Le 21 août, le cdt Bottu et ses hommes font mouvement vers l’aérodrome de Ndjili dans un camion de l’ANC qui les dépose au hangar « CIA » où un avion-cargo fait chauffer ses moteurs en les attendant. C’est un bimoteur Fairchild C-123 « Provider » du Tactical Air Command, affecté au Comish (Programme d’aide américaine au Congo). Dès que le chargement est terminé, ils s’envolent pour la base de Kamina. Leur matériel est déjà parti en avion de la Fatac. Pendant ce temps, les lieutenants Bruni, Goossens, Clément et Mahauden rejoignent directement la base de Kamina avec les volontaires provenant de Buta et d’Aketi.

Ce n’est pas de gaité de cœur que Bob Denard s’est séparé de ses meilleurs éléments, mais on lui a promis que l’opération serait de courte durée. Il a voulu que ses hommes fassent bonne impression et ils ont touché des tenues neuves de l’ANC dont les boutons dorés représentent un lion. Ils portent le badge réglementaire du 1er Choc (diable baluba), des épaulettes rouges avec comme insigne la grenade dorée et sont coiffés d’un béret rouge avec l’insigne français des TAP. A Baka, les vingt volontaires du 1er Choc qui ont rejoint directement Baka sans passer par Ndolo sont logés de manière très rudimentaire. Le jour suivant, le commandant du groupe Cobra débarque de Ndjili et il demande à un officier du QG de la Force Aérienne Tactique Congolaise basée à Baka le nécessaire pour loger ses hommes de manière convenable. Il obtient des lits de camp et de la literie et le ltcol Van de Poel, qui doit succéder au ltcol Cailleau comme chef de la Fatac, l’autorise à manger avec ses hommes au mess des aviateurs dont la cuisine est renommée.

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