OPS Congo - Le Groupe COBRA dans la RUZIZI

Le premier soir, les paras congolais se rendent au « Baka bar » et une bagarre éclate. Un excité lance une grenade offensive éclate dans la salle et il y a plusieurs blessés, dont un aviateur de la Fatac. Les paras congolais commandés par l’adjudant Sasa se battent avec les Policiers Militaires, puis se retranchent dans leur cantonnement en menaçant d’ouvrir le feu si on les attaque. Il faut toute la diplomatie du commandant Bottu pour les ramener à la raison. Le premier entraînement au sol du groupe Cobra commence, mais ce n’est pas fameux, les parachutistes congolais manquent totalement de pratique de saut et certains Eurpéens brevetés parachutistes n’ont plus pratiqué de sauts depuis des années. Quelques uns n’ont jamais sauté ! Il demande au lieutenant Bruni de s’occuper des Congolais et de leur donner une instruction accélérée, à coups de pied au cul si c’est nécessaire. Cet ancien légionnaire sait comment les dresser.

Les lieutenants Goossens et Mahauden connaissent la région entourant la base et ils emmènent les hommes jusqu’au lac de retenue de la Kilubi, dont la centrale électrique alimente la base militaire et la ville (lire le livre de Pierre Chassin « Baroud pour une autre vie » paru aux éditions Jean Picollec). L’entraînement au tir s’effectue également aux abords de la base et permet au volontaire Laponterique de tester un des mortiers de deux pouces, le résultat est concluant. Pendant l’instruction au sol, le commandant Bottu confie au lt Roger Bruni qu’il a dix Européens en trop. Il compte retourner à Léopoldville avec eux pour leur faire suivre un entraînement de trois jours à Ndolo et pour éliminer les candidats qu’il juge peu fiables. Ce sera également l’occasion d’améliorer sa technique de saut en parachute. Les instructeurs israéliens du Centre d’Entraînement Parachutiste leur font effectuer de nombreux exercices au sol durant quatre jours et quatre volontaires sont éliminés et renvoyés dans leur unité. Un seul accident sans trop de gravité est à déplorer, un des volontaires plonge la tête la première de la plate forme de saut.

Sur un ordre reçu du lieutenant colonel Lamouline, Pierre Bottu doit se séparer de plusieurs hommes du 1er Choc qui sont indispensables à Bob Denard pour repousser la grande offensive du colonel Makondo. Le chef de la 2e brigade de l’Armée Populaire de Libération a attaqué Buta dans la nuit du 5 au 6 septembre et l’aviation est intervenue pour appuyer les hommes du 1er choc qui ont bien résisté. Les simba du colonel Makondo reprennent leurs attaques le jour suivant sur ordre de Christophe Gbenye, mais ils sont soumis à un déluge de feu qui met finalement un frein à leur entêtement. Pendant ce temps à Ndolo, l’aérodrome militaire de Léopoldville, une grande fête est organisée à l’occasion de la création de la première unité parachutiste congolaise en 1960. L’aviation et le parachutisme tiennent une grande place dans l’esprit du général Mobutu, l’homme fort du Congo. Il est à la place d’honneur dans la tribune avec le premier ministre Moïse Tshombe pour assister à un lâcher de troupes congolaises aéroportées à partir de DC-3. Le commandant en chef de l’ANC s’intéresse aux progrès réalisés par le groupe Cobra, car ce sera la première fois que des Congolais sauteront en opération.

Le soir, la capitale offre plus de possibilité de distraction qu’à Kamina base où il n’y a que le « Baka bar » et ils prennent un verre au « Oui Fifi » et au « Saint Hilaire ». Le 13 septembre, le cdt Bottu reçoit son brevet militaire de parachutiste après avoir effectué sept sauts, dont deux avec matériel, sous la supervision du major Sasson. Il rejoint ses hommes à Baka avec les volontaires qui ont terminé leur instruction au sol et deux instructeurs israéliens du Centre d’Entraînement Parachutiste de Ndolo. Ils les accompagnent pour accélérer le déroulement de l’entraînement qui a pris du retard. Il faut absolument commencer les sauts à partir d’avions et il faut qui seront effectués à partir de deux DC-3. Les officiers de la Fatac font de leur mieux pour apporter leur aide à l’opération « Arc en ciel » à laquelle leurs bimoteurs participeront de manière active.

Les premiers sauts débutent le 16 septembre avec le commandant du groupe Cobra en tête. A 14h00, les quatre sections embarquent pour un premier parachutage groupé dans deux bimoteurs DC-3 de la Fatac en présence du ltcol Ikuku et du major Sasson. Les volontaires sautent sans problème, tout comme les Congolais, mais Armand Traweels se blesse gravement lors de l’atterrissage et il doit être transporté à l’hôpital de la base. Lors du deuxième saut groupé à partir de bimoteurs qui se déroule le lendemain, Emile Laporte se blesse très gravement. Il est évacué vers l’Europe avec Armand Traweels. Après cet entraînement assez dur qui a coûté deux blessés graves, il reste septante parachutistes congolais et européens sur les nonante candidats sélectionnés au départ. Une nouvelle complication vient troubler l’entraînement du groupe, le cdt Bottu reçoit une convocation du col Bangala, commandant de la base, qui se plaint que les volontaires lui auraient « plus ou moins cassé la gueule » lors d’une algarade chez un Grec de Kaminaville pour une histoire de femmes. Il exige des excuses. En fait, le colonel a voulu arrêter une bagarre et a reçu un coup qui ne lui était pas destiné.

Le groupe est prêt à entrer en action lorsque le cdt Bottu reçoit un message du GQG/ANC à Léopoldville, l’opération sur Bondo est annulée. Inutile de décrire la rage des parachutistes européens et congolais, ainsi que la fureur des pilotes de la Fatac, mobilisés pour l’entraînement au saut en parachute et qui n’ont pu ravitailler les garnisons isolées avec les DC-3 pendant cette période. On dit qu’un officier de l’ATMB trouve cette opération trop risquée, que le groupe « Porthos » formé par Bob Bottu n’est pas en mesure de rejoindre par la route, mais on raconte tant de choses. A la place de l’opération « Arc en ciel » pour laquelle ils étaient prêts à risquer leur vie, le Grand Quartier général de l’armée congolaise donne l’ordre au chef du groupe Cobra de se mettre à la disposition du 5e Groupement ANC du Kivu dont les troupes opèrent en coordination avec celles du QG d’Ops Sud à Albertville (Kalemie). Cela n’arrange personne, car ils croyaient participer à une opération limitée et n’ont pris avec eux que le strict minimum. Comment vont-il récupérer leurs affaires laissées à l’unité d’origine ? Mais le QG/ANC n’en a cure car il a besoin de toutes les troupes disponibles pour une opération de grande envergure.

A cette époque, le Groupement Opérationnel « Ops Sud », commandé par le col Kakudji dont le QG est à Albertville dans le Nord du Katanga, commence à imposer sa loi sur le lac Tanganyika. L’objectif d’Ops Sud est de couper les insurgés babembe de leurs sources d’approvisionnement en Tanzanie avec l’appui des vedettes rapides et des avions du Wigmo. L’ancien navire MS « Président Ermens » de l’IRSAC a été munis d’armes lourdes, d’une installation radio à ondes courtes et d’un radar anglais Decca. Il sert de bateau-mère aux vedettes des Sud Africains et son équipage leur signale les échos radars suspects. Cette flottille a été renforcée par le MS « Urundi », cargo du CFL de 120 mètres de long, qui a également été transformé en navire de combat et par le « Luca » piloté par un Allemand du 1er Choc, Gunther Vossler. Ces navires armés permettent le ravitaillement d’Uvira par la voie lacustre et effectuent des patrouilles régulières.

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