OPS Congo - Le Groupe COBRA dans la RUZIZI

Nettoyage du port de Kalundu

A Uvira, le major Ndele, commandant de la Place et les soldats congolais du 8e bataillon d’Infanterie leur font un accueil triomphal. L’officier se met au garde à vous et se présente au chef du groupe parachutiste en lui disant : « Je suis très content, mon commandant », puis il l’entraîne vers la plus belle des villas qu’il a réquisitionné pour son usage personnel. Dans la soirée, de longues rafales d’armes automatiques pleuvent sur la localité. Ce sont les rebelles qui leur souhaitent la bienvenue. A cette fusillade répond celle de la garnison, toute aussi fournie et le commandant Bottu demande à l’officier congolais pourquoi il ne fait pas sortir ses hommes de leurs positions pour contre attaquer. « C’est tous les jours comme ça », lui répond le major Ndele. L’officier européen propose de lui montrer comment faire cesser ce feu d’enfer. Il donne l’ordre à Daniel de bombarder la colline avec quelques coups de mortier bien alignés et la fusillade s’arrête au grand étonnement des Congolais. Le groupe Cobra retourne à la Sucraf et le radio de la plantation envoie un message à Bukavu pour signaler que la première partie de la mission a été remplie.

Le commandant du groupe espère faire sortir la garnison d’Uvira de ses positions pour s’emparer ensemble du port de Kalundu, indispensable pour assurer le ravitaillement régulier de la région. Il est invité par le directeur de la Sucraf qui le met au courant de la situation. L’effectif de la garnison de Kiliba est insuffisant, des coups de canons sans recul ont été tirés récemment pas les simba de l’APL sur les installations pendant que la majorité des volontaires étaient en patrouille et cinq obus ont fait but, un ouvrier congolais à été tué et deux autres blessés. Les rebelles se sont regroupés à Katobo, un village perché dans la montagne et ils ont fait sauter la route qui y conduit à travers les escarpements. Ils descendent souvent des montagnes la durant la nuit pour chaparder de la nourriture ou du matériel. Pierre Bottu promet de sécuriser la région et dès le lendemain, quand le groupe reprend la route d’Uvira, il fait dégager les abords du pont métallique où se terrent parfois les rebelles en embuscade. La brousse aux alentours est brûlée avec des grenades incendiaires et les huttes pouvant servir de caches sont détruites.

Pierre Bottu retrouve le major Ndele qui a reçu par radio l’ordre formel du QG de Bukavu de reprendre le port de Kalundu dont les installations et les dépôts ont été pillés par les deux parties. Il est situé à près de quatre kilomètres d’Uvira dans un endroit difficile à défendre, une cuvette encerclée de montagnes dont les maquisards de l’APL tiennent les hauteurs. Avant de quitter les lieux, l’Armée Nationale Congolaise a miné le terrain et aucun plan n’a été dressé ! Le major Ndele informe le commandant que le sous officier chargé du minage a été tué. Il sait néanmoins qu’une série de mines a été posée dans la brousse bordant la route et qu’un champ de mines protégeait les anciennes positions défensives de l’ANC autour du port. L’attaque est prévue pour le lendemain et le commandant du bataillon d’Infanterie accepte sans hésitation que le groupe Cobra se mette en tête. En retournant à Kiliba, un mouvement suspect est détecté dans le clocher de l’église d’Uvira et le commandant y effectue une patrouille, appuyée au mortier par Daniel et à la mitrailleuse par «Chinetoque». Le principal danger vient des mines et un volontaire précède la patrouille pour les détecter.

Une fusée verte signale aux tireurs en protection que la patrouille est parvenue à la tour de l’église, mais «Chinetoque» reprend son tir, car il a aperçu des rebelles qui s’enfuyaient. Sans doute des guetteurs qui espionnaient les faits et gestes de la garnison. Quelques bombes de mortier les font fuir plus vite et un des simba tombe sous le tir. De retour à la Sucraf, les hommes du groupe préparent les armes et les véhicules pour l’opération du lendemain. Le réveil est prévu pour 03h30 et le départ aura lieu une heure plus tard. A partir d’Uvira, la progression se fera à pieds car il n’y a que quatre kilomètres jusqu’à Kalundu. Le lendemain, après un copieux déjeuner au mess, les moteurs des véhicules sont mis en marche et des essais sont effectués pour régler les canaux radio des PRC10 de chaque section. Un des opérateurs articule dans le micro : « Cobra one to Cobra two, me recevez-vous ? Over ». A 04h30, le commandant Bottu prend place dans sa jeep. La Ferret démarre après le « Go » d’usage et la colonne s’ébranle lentement derrière elle, tous feux éteints. A Uvira, aucune troupe n’est prête et il doit tirer le major congolais de son lit. Il n’est pas très chaud pour quitter la sécurité de ses positions et annonce que l’opération est retardée, car il a demandé des détecteurs de mine au QG/5eGpt. Le chef du groupe Cobra n’est pas du tout d’accord et lui déclare que s’il ne veut pas occuper Kalundu aujourd’hui, il devra le faire plus tard mais sans son aide et ajoute : « Pour moi, mon major, cela équivaut à un refus d’ordre collectif, c’est à dire une rébellion. Vos hommes doivent savoir ce que cela signifie ! ».

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