Colonel Robert Denard - Biographie


Robert Denard, né le 7 avril 1929 à Bordeaux, de Léonard Denard et Andrée Marguerite Laumond.

Enfance et scolarité dans le Médoc à Grayan et L’Hôpital. Obtient son certificat d’Études à l’âge de douze ans à Saint-Vivien-de-Médoc. Puis effectue des travaux de ferme et forestiers jusqu’à quinze ans au village natal.

Septembre 1944: Repli des Allemands dans la poche de la Pointe de Grave.

Évacuation des villages pris sous leur contrôle. Apprenti mécanicien dans un garage familial à Bordeaux. Aide mécanicien à la verrerie Dou mec, gare Saint-Jean.

Début 1945 : Participation bénévole à la libération du Bas Médoc.

Septembre 1945 : Engagement dans la Marine (École des apprentis mécaniciens de la flotte) à Saint-Mandrier (Toulon).

1947 : Embarquement sur un dragueur de mines à Cherbourg. Dragage en mer du Nord.

1948 : Embarquement sur l’aviso Ancre, affecté à l’école de pilotage de Saint-Malo – Saint-Servan.

Fin 1948 : Volontaire en Extrême-Orient, affecté à la FAIS (Flotte Amphibie Indochine Sud), 22° LCVP et LCM 17.

Début 1949 : Blessure par explosion d’un véhicule GMC. Brûlé au 3e` degré.

Début 1950 : Affecté à un dragueur de mines au Cap Saint-Jacques. Rapatriement en France à la fin de l’année.

1951 : Séjour aux États-Unis pour l’armement du porte-avions Lafayette.

Début 1952 : Retour en France.

1er avril 1952 : Quitte le service actif.

Milieu 1952 : Départ au Maroc pour la Société Atlas Construction (construction d’aéroports et de bases aériennes dont l’aéroport Nouaceur).

Début 1953 : Engagement dans la police chérifienne, affecté successivement au service général de la police urbaine, à la police de la route ; puis nommé officier de police adjoint affecté à la LUCOTER (lutte contre-terroriste).

1956 : Impliqué dans une tentative d’agression contre le ministre d’État Pierre Mendès France, acquitté en 1957 après 14 mois de prison à Rabat. Rapatrié en France sous escorte militaire. Mis en disponibilité de la police en attente d’affectation. Aide bénévole à l’Association des rapatriés d’Afrique du Nord (ANFANOMA) sous la direction du colonel Batesti.

Début 1958 : Implication dans les événements de Mai 58 sous couvert de Maître Queyrat. Affecté en Algérie à Sidi Aich dans le Constantinois.

Milieu 1958 : Retour en France, après avoir fait valoir ses droits aux congés et démissionné de la police. Représentant de la Société SICLI (extincteurs).

1959 : Engagé par la Société SADER, fabricant d’appareils ménagers et chauffages d’appoint ; attaché de direction, représentant, dépanneur, livreur, etc.

1961-1963 : Départ pour le Katanga, via Brazzaville. Engagement dans la gendarmerie katangaise. Lutte contre les rebelles Balubakat, combat contre l’Armée nationale congolaise, engagement contre l’ONU. Repli sur l’Angola début 1963, et rapatrié en France.

1963-1964 : Au Yémen, dans le camp royaliste contre le corps expéditionnaire égyptiens de 40 000 hommes. Combat avec l’Armée blanche saoudienne. Relation avec les Services britanniques pour l’approvisionnement de l’Armée royaliste. Formation des guerriers yéménites dans les différentes tribus. Combat à leurs côtés contre les forces républicaines et égyptiennes. Construction d’une station radio dans les grottes d’UCQ, près de la frontière avec l’Arabie Saoudite à NEJRAN en bordure du désert du Roub al Kalhi.

Fin 1964 : Retour en France.

1965-1967 : Engagement au Congo à la demande de Moïse Tshombé, mis à la disposition du commandant en chef de l’Armée nationale congolaise, le général Mobutu. Engagement contre les rebelles mulétistes soutenus par la Chine populaire. Recherche et sauvetage des otages, pacification des zones rebelles, réinsertion des populations, relance économique. Responsable civil et militaire de la zone nord-est du Congo (l’actuel Zaïre). Nommé commandant du bataillon francophone d’un effectif de 1 200 hommes avec 21 nationalités, avec le grade de Colonel. Nommé commandant de brigade, regroupant des unités katangaises à Kisangani, ex Stanleyville. Rébellion des unités katangaises en 1966, participation à leur désarmement.

1967 : À Bukavu, cause commune avec la major Schramme contre Mobutu. Blessure grave à Kisangani, évacuation sur la Rhodésie (actuel Zimbabwe). Regroupement en Angola pour des opérations de diversion au profit de Bukavu, nom de code LUCIFER. Contact et implication de la République d’Afrique du Sud et de l’armée portugaise en Angola. Repli et retour en France.

Mai 1968 : Colleur d’affiches, contrôle des groupes, défense de la République. Appariteur Sorbonne-Nanterre.

1968-1969 : Au Biafra, « mercenaire de la charité » : approvisionnement du réduit biafrais par avions et bateaux, appui logistique et combattant.

1969-1971 : Base arrière à Libreville et en Côte d’Ivoire. Création d’une ferme à Leconi (Gabon), stage en Côte d’Ivoire à Yamoussoukro pour implantation au Gabon de ferme de genre kibboutz afin d’éviter les infiltrations communistes au départ du Congo Brazzaville… Création de la SGS à Libreville (Société Gabonaise de Sécurité). Mission en Mauritanie pour organiser une Garde présidentielle au président Moktar Ould Daddah.

1972 : Mission d’assistance au Kurdistan, aide aux partisans du général Barzani, via l’Iran.

1973 : Création de la concession Citroën à Lesparre de Médoc. Entraînement des volontaires du Rassemblement du Peuple Guinée Conakry.

1974 : Mission en Libye. Tentative de sauvetage de la famille du roi Idriss. Diversion et sabotage durant le conflit égypto-libyen.

1975 : Première opération Comores. Consolidation du coup d’État du 3 août 1975, reprise de l’île d’Anjouan et de l’île de Mohéli, formation d’une milice. Départ des Comores pour incompatibilité idéologique avec le président Ali Soïlih.

1976 : Mission en Angola. Appui à l’UNITA, mouvement de Jonas Savimbi, combat contre le MPLA, procommuniste, et le corps expéditionnaire cubain. Appui matériel de la CIA et du SDECE, repli en Namibie et en RSA.

1977 : Opération OMEGA. Mission de commando sur Cotonou, capitale du Bénin : entraînement à Benguerir. Coup de semonce à Mathieu Kérékou, mission réalisée avec 90 hommes, posés d’assaut sur l’aéroport de Cotonou avec un vieux DC7. Repli sur le Gabon, démontage de l’opération à Imouzere, Maroc.

1978 : Opération ATLANTIDE, après appui OMAN et RSA annulé. Opération effectuée avec chalutier de haute mer, le MS Antinéa, 4 marins, 46 volontaires, de Lorient à Moroni, via Las Palmas, le Cap de Bonne-Espérance, en 33 jours de mer dont 27 sans escale. Arrivée le 13 mai 1978. Débarquement, neutralisation de la milice, capture du président, libération des prisonniers politiques. Prise en charge de l’appareil de l’État et des institutions démocratiques. Reprise du contrôle des îles d’Anjouan et Mohéli. Protection des prisonniers de la milice politique. Retour du président Abdallah… Installation d’un directoire politico-militaire, repli personnel sur Paris, via la Rhodésie, le 26 septembre 1978, sur injonction de Paris et pression de l’OUA. Création de la Garde présidentielle. Contact avec la RSA, aide financière importante directe pour le financement de la Garde présidentielle, du développement économique, par la création d’une ferme pilote, centre intégré de développement rural, la construction de routes, l’aide humanitaire et sanitaire, complexes hôteliers, etc.

1981-1982 : Mission au Tchad, d’Ouadi Bari à N’Djamena avec les FAN d’Hissen Habré. Combats à Abéché, Gouro, création d’une Garde présidentielle. Exclusion du groupe par pression de Paris pour l’opération PRÉ-MANTA.

1987 : Mission d’évaluation et de reconnaissance au Vanuatu (Nouvelles Hébrides) pour libérer le leader de l’île Spiritu Santo, M. Stevens, et écarter le président Lini. Appui de certains milieux colons de Nouvelle-Calédonie installés en Australie.

Fin 1989 : Mort du président Abdallah. Éviction des cadres de la Garde présidentielle par le pouvoir socialiste et la République d’Afrique du Sud. Repli en RSA, celle-ci ayant été de tous les conflits au sud de l’Équateur pendant cette période coloniale. Mes rapports avec les services sud-africains se sont développés durant trente ans, mais uniquement dans le cadre de la politique extérieure.

1990 -1993 : Exilé en RSA, sous contrôle des autorités sud-africaines, en accord avec le gouvernement français pour maintenir ma présence lors de l’enquête sur les circonstances de la mort du président Abdallah, et la condamnation par défaut, quinze ans après les faits, pour l’opération du Bénin. Rédaction d’une biographie à Édition N° 1. Rachat du magazine Fire à Euro-Éditions. Président-directeur de Fire, magazine de l’homme d’action. Création du Courrier Austral, lettre mensuelle d’informations de l’Afrique subéquatoriale.

1993 -1994 : Après trois ans de présence sur le territoire de la RSA, à mes frais, j’ai décidé de rentrer pour m’expliquer devant la justice de mon pays. Arrivée le 1er février 1993 à Roissy CDG, je suis immédiatement incarcéré. Après deux mois et cinq jours de détention, je suis mis en liberté provisoire pour l’affaire des Comores et condamné à cinq ans de prison avec sursis pour l’opération du Bénin, seize ans après les événements qui avaient reçu l’aval de quatre chefs d’État, dont mon autorité légitime, comme prothèse étatique, peut-on faire mieux ?

1994 : Directeur commercial de la Société Internationale Business Services (IBS Conseil : Sécurité, Assistance, Logistique). Mission au Rwanda

1995 : Opération Kachkazi Comores, troisième édition.

1996 : Cure de santé au 42 de la même rue, neuf mois de détention. 1997 : Projet d’éditions divers, films, etc.

1996 – 1997 : Zaïre, mission de formation et d’assistance au profit des troupes du Président Mobutu Sese Seko.

1997 – 1998 : Congo Brazzaville, mission de formation et d’assistance au profit des troupes du Président Denis Sassou-Nguesso.

1998 : Publication du Corsaire de la République aux éditions Robert Laffont.

2002 – 2003 : Côte d’Ivoire, mission de formation et d’assistance au profit des troupes du Président Laurent Gbagbo.

2005 : Après une vie bien remplie et atteint par divers problèmes de santé, je décide de mettre fin à ma carrière.

 

 

(Corsaire de la republique , page 10)

« Je deteste ce mot de mercenaire qui me colle à la peau, pour ce qu’il représente dans l’esprit des gens : un individu sans foi ni loi , prêt à se vendre au plus offrant , détruisant tout sur son passage , méprisant les populations qu’il est amené à côtoyer. La vérité est bien loin de ça.

Comme tous les soldats , j’ai fait la guerre , les armes à la main. Mais au fil de mes campagnes , je me suis constamment efforcé de préparer la paix. Si j’ai fait sauter des ponts, j’ai aussi fait construire des routes. Et si j’ai fait emprisonner des hommes , j’en ai libéré beaucoup , pris en otages, condamnés à mort.

Bien des hommes m’ont suivi, noirs et blancs, chrétiens et musulmans. Et je les ai aimé mes soldats, mes katangais, kurdes, biafrais, comoriens. Comme j’ai la faiblesse de croire qu’ils m’ont accepté , respecté. Peut-être certains d’entre eux , dans les nuits glacées du Yemen , évoquent-ils encore « Mister Bob ». ça me suffit.

Désormais , tout en veillant au devenir de ma famille, je pense souvent à mes compagnons tombés sur nos routes hasardeuses. Je me prends aussi à songer que , quoi qu’il m’arrive maintenant, mon père qui repose entre Gironde et Océan n’est pas mécontent du destin du rejeton auquel il avait su inculquer le respect de l’honneur et le goût de toujours aller au bout de ses engagements.

Aussi , j’aimerais que mes enfants, du plus jeune au plus âgé,et que j’affectionne du même amour bourru, n’aient jamais à rougir de leur père qui a tenu vents et marées à demeurer un corsaire de la République« .

Grayan l’Hôpital, avril 1998

(Corsaire de la republique, page 9)

« A soixante-neuf ans, dont cinquante de combat et d’affaires publiques plus ou moins secrètes, je me sens encore jeune. Je ne courrai plus jamais au feu, bien sûr, mais si mon pays avait un jour besoin de moi, je répondrais encore « présent ».

Car ce n’est ni l’appât du gain ni le goût de la notoriété ou du sang qui ont dicté mon action, mais le désir de servir mon pays.La France m’a soutenu, ou du moins m’a-t-elle toujours laissé faire.Pendant plus de cinquante ans, je me suis employé à défendre une cause dont on a oublié combien elle était forte parce qu’elle n’existe plus : celle de l’Occident contre les pays de l’Est . Jamais je n’ai renié ma morale ni mes convictions. Jamais je n’ai trahi.


 

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