OPS Congo - Journal du 1 er Choc


 

12 août – Contrairement à ce qu’il eut été logique de faire, Aketi ne sera pas ravitaillée par Bumba mais par Buta ! Une colonne de ravitaillement arrive enfin de Buta. Elle a mis 24 heures pour faire125 km car la piste était coupée par seize barrages qu’il a fallu dégager à la tronçonneuse. Denard est venu en personne, avec de nouvelles recrues pour assurer la relève et remonter le moral des troupes. .

Il met au point, avec Coucke, le programme de réhabilitation du chemin de fer de l’Uélé pour rejoindre Aketi à Mungbere. Cela permettra de remettre en route la vie économique de la province. Cardinal est avec lui pour apporter la solde et faire le point administratif des effectifs et de la zone.

Denard en profite pour annoncer qu’il recrute des parachutistes pour participer au groupe Cobra. Il explique de quoi il retourne. En effet, malgré nos problèmes, notamment sur Aketi, il conserve un oeil sur la situation générale .

Il ne reste plus que quelques otages à libérer dans le nord du Congo près de la frontière avec la RCA (Bangui). Au lieu de lancer des colonnes dans cette direction, l’Etat Major envisage une opération aéroportée en larguant un groupement de volontaires et une compagnie de parachutistes congolais de l’ANC sous les ordres du colonel Ikuku. .

Côté volontaires, il est décidé que le commando parachutiste créé s’appellera Cobra et sera sous le commandement du capitaine Bottu. Celui-ci est une vieille connaissance du 1er choc (affaire de Wamba) et signataire d’une lettre directement adressée au roi des Belges pour manifester sa surprise lors de la nomination de Denard au grade de Major.(voir annexe G1, G2, G3) .

Denard a souri en apprenant la nouvelle, car Bottu n’a jamais sauté en parachute ! D’autre part, il faut des hommes pour former ce commando et le colonel Lamouline compte sur le 1er choc pour lui en fournir. .

C’est à ce moment que Bob Denard a commencé à entrevoir un destin qui ferait de lui autre chose qu’un chef de bande, fut il major ! Qui l’a aidé à en prendre conscience ? En tout cas, son objectif est clair : noyauter le groupe Cobra de son « ami » Bottu, qui recherche une action d’éclat, et continuer son travail de pacification de l’Uélé, malgré le vide dans ses effectifs. Il semble avoir été convaincant et il repartira avec des sélectionnés qui seront envoyés d’urgence avec Bruni.

Au total, parmi le 1er choc, deux officiers Bruni et Clément, dix neuf sous officiers et volontaires tous parachutistes, eux, sont affectés à Cobra qui comptera au total quarante quatre hommes dont cinq officiers. Cela crée un vide dans l’ensemble du 1er Choc.

Du 16 au 21 aout, Clément rejoint Bottu à Ndolo, dans le casernement du bataillon parachutiste Congolais du Lt-Colonel Ikuku, situé juste en face de l’aéroport de N’djili, à Léopoldville. Bottu y reçoit une formation personnelle accélérée et obtient son brevet para, tandis que Clément regroupe les autres recrues venant d’autres unités. Un stage de remise à niveau est organisé, par des instructeurs Israëliens, afin de nous familiariser avec les équipements congolais. (en réalité, des parachutes et du matériel américain) .

Pendant ce temps Bruni regroupe les volontaires du 1er choc et les équipe de neuf. Tout le monde se retrouve à Kamina, à partir du 26 août et effectuera sept sauts avec équipement de combat.

Photo43 - Départ de la colonne de ravitaillement sur Aketi Photo 42 - Présence du groupe Cobra à Kamina Photo 43 - Equipement avant le saut
Photo 41 – Départ de la colonne de ravitaillement sur Aketi.
Bruni est « tendu »
Photo 42 – Septembre 1965 –
Présence du groupe Cobra à Kamina.
de G à D : Larapidie, Bruni, Clément, en attente sur la DZ.
Photo 43 – Equipement avant le saut
avec « leg bag » chargé
de matériel et d’armement

23 Aout – A Buta, la reprise de la vie s’intensifie avec l’ouverture des magasins tenus par des civils. Cela nous retire dès maintenant le problème du ravitaillement de la population. Tout le monde s’active, à Buta et à Aketi, à la remise en état du chemin de fer. Elle est essentielle pour plusieurs raisons : .

– c’est une façon de marquer son territoire
– cela permet de mobiliser la population et de la payer pour les travaux qu’ils effectuent, ce qui relance la vie économique
– c’est un moyen de transport lourd, même s’il s’agit d’une voix étroite, qui évitera de surcharger les routes qui ne sont pas entretenues.
– cela donne un but concret aux volontaires qui ont enfin la possibilité de participer à la construction de quelque chose ; faire la guerre n’est pas uniquement détruire.

 

photo 43 - Wagons citernes du deuxième train Photo 44 - Motrice au milieu de la gare de Buta
Photo 43 – Wagons citernes du deuxième train Photo 44 – Motrice au milieu de la gare de Buta
Photo 45 - Déraillement vers Ngume Photo 46 - Formation d'une colonne de ravitaillement avec les ferrets en tête, au départ de Buta.
Photo 45 – Déraillement vers Ngume Photo 46 – Formation d’une colonne
de ravitaillement avec les ferrets en tête,
au départ de Buta.

Tout cela ne s’est pas fait dans la facilité car les Simbas ne sont pas restés inactifs. Il y a eu des attaques successives :

– dans la cité de Buta les 5, 6, 7, 10 et 11 septembre
– sur Buta centre ville le 24 septembre, puis les 4, 8, 12, 15 et 16 octobre
– sur le train par des sabotages les 6, 7, 8, 10, 17 octobre

 


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