OPS Congo – Echec à l’Armée Populaire de Libération

Livraisons d’armes à l’APL

Le 27 août 1964, Gaston SOUMIALOT reçut le poste de ministre de la Défense Nationale du gouvernement de la République Populaire du Congo et il fut chargé également du ministère de l’Intérieur par intérim. A son arrivée dans la capitale rebelle le 1er septembre 1964, il fut accueilli par une foule enthousiaste et les soldats de l’armée rebelle défilèrent en uniforme décoré de feuilles de palmiers. Le ministre de la Défense Nationale réquisitionna le bâtiment du consulat US pour installer son ministère. Il déclara au micro de Radio Stanleyville : « Je suis le nouveau Lumumba, un homme encore plus fort que lui, chargé de continuer et de terminer son oeuvre ».

Le commandement de l’APL dépendait de son ministère, mais l’entente était loin d’être parfaite entre les deux hommes chargés d’assurer la victoire de l’APL, car le ministre SOUMIALOT avait une piètre opinion des talents politiques de Nicolas OLENGA qui avait placé Alphonse KINGISI à la tête du gouvernement provincial, ce qui s’était soldé par de nombreux excès. Gaston SOUMIALOT avait traité son général d’imbécile et Nicolas OLENGA, touché dans son amour propre, méprisait son ministre à chaque occasion, n’hésitant pas à le bousculer pour passer avant lui lors des cérémonies publiques.

Le ministre de la Défense Nationale SOUMIALOT renvoya le commandant en chef au front et on le vit plus fréquemment à son quartier général avancé d’« Ops Kindu ». Malgré un sanglant échec, il s’était fixé pour objectif de s’emparer de Bukavu où il avait vécu avant l’indépendance. En 1959, il avait été condamné à deux mois de servitude pénale pour vol et il avait purgé sa peine dans la prison de Bukavu. Peu après, le premier-ministre LUMUMBA l’avait nommé inspecteur provincial des finances du MNC/L ! Son rêve était de prendre son repas au restaurant « Bodega » et de défiler en vainqueur dans la ville. Il rêvait également de s’emparer de Léopoldville et de prendre son repas à l’hôtel Memling. .

Plusieurs gouvernements acceptèrent de soutenir les révoltés congolais et la Tanzanie autorisa le transfert à Kigoma des armes débarquées à Dar es Salaam. La Sûreté Nationale dirigée par l’administrateur en chef Victor NENDAKA recueillait des informations sur la rébellion et dans le compte-rendu journalier de renseignements daté du 2 septembre 1964, le directeur du Bureau provincial de Bukavu signalait de source sûre l’arrivée au Congo d’armes communistes destinées aux rebelles du CNL. Elles avaient été débarquées à Dar es Salaam, transportées par train à Kigoma, puis envoyées par bateau à Bujumbura d’où elles devaient prendre la route pour Uvira.

Lors de la conférence de l’OUA à Addis Abeba, le ministre des Affaires Etrangère du Burundi reconnut que des armes tchécoslovaques destinées aux rebelles d’Uvira avaient transité par Bujumbura.

Par le décret-loi du 5 septembre suivant, la République Populaire Congo fut créée et la présidence en fut confiée à Christophe GBENYE qui reçut également le titre de chef du gouvernement de la République Populaire du Congo constitué à Kisangani. Il élut domicile dans la résidence du gouverneur proche de l’aérodrome de Simi Simi et il chargea le colonel Joseph OPEPE de créer un centre d’instruction au camp Lumbulumbu qu’il allait lui-même superviser. La République Populaire Congo fut reconnue par sept pays dont l’ancienne URSS et l’Egypte. .

Les rebelles volaient de victoire en victoire et le 9 septembre, le général OLENGA remit au président GBENYE le bilan des succès de l’APL. Toute la province Orientale était libérée et ses Simba encerclaient Coquilhatville et Bukavu. Chaque localité conquise par le CNL disposait d’un monument à la gloire de Patrice LUMUMBA et on y massacrait méthodiquement les « opposants ».

Grâce aux équipes logistiques de l’Assistance Technique et Militaire Belge, une contre-offensive fut mise en oeuvre vers la mi-septembre et l’avance rebelle fut freinée dans la plupart des secteurs d’opérations. Une contre-attaque menée par les mercenaires sud africains et les gendarmes Bujumbura. .

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

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