OPS Congo - Témoignage JC Lapontérique


Jean-Claude Lapontérique…

1962 – Ancien de la 11 ème DBPC, formé à Calvi et affecté à Cercottes.
1965 – 29 Mars, engagé au 1er Choc de l’ANC sous les ordres du Commandant Bob Denard.
Participation à toutes les opérations du 1er Choc jusqu’en Novembre 1965.

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Congo 1965 avec le 1er Choc du Commandant Denard

Mémoires de Jean-Claude LAPONTERIQUE

Ancien du 11ème DBPC, j’avais décidé de rejoindre Bob DENARD fin-février 1965. Le temps de faire les papiers, les piqûres, etc., et j’ai pris la destination du Congo le 23 Mars 1965. Je suis arrivé à PAULIS 3 jours après, présenté au Commandant DENARD, alors commandant du 1er Choc. Après quelques entrainements avec tous les nouveaux, 1ère grande opération le 7 Avril : WAMBA comme mitrailleur sur jeep. Pour toutes les autres opérations, j’étais à la voltige commandée par Roger BRUNI. J’avais 22 ans. Avec le 1er Choc, j’ai participé à la libération du Nord-est du Congo face à la rébellion communiste. J’ai quitté le Congo à la mi-novembre 1965 avec une pensée à tous mes camarades morts sur cette terre. Amicalement. Lapont.

Ces rebelles que nous avions à combattre, pratiquaient la guérilla chinoise avec des armes automatiques, ravitaillés entre autre par le Soudan et par les frontières Est du Congo. Les hommes de Soumialot, Gbenié et de Mulelé étaient d’anciens soldats de l’ANC et de la force Publique, devenus hommes politiques. Il y avait beaucoup de jeunes entre 17 et 20 ans endoctrinés par le communisme, souvent ils se droguaient au chanvre pour se donner du courage lors des embuscades. Il faut dire qu’ils allaient pratiquement à la mort en venant tirer au devant de nous. PAULIS, ville de 20.000 habitants avait près de 2.000 militaires qui se divisaient comme suit : 1.000 congolais, 800 katangais et environ 200 experts volontaires (groupe DENARD, groupe GOOSSENS et groupe HOARE).

Extrait du livre Le roi de Fortune :

J’ai refait ce que j’avais entrepris au Katanga mais en plus militaire. Il y avait des français, des belges, des Espagnols, des Allemands, des Hongrois, des Yougoslaves, des Grecs, des Italiens, des Américains, etc. Bob choisit d’anciens sous-officiers para et d’autres plus jeunes qui n’ont pas moins de trois ans d’armée à leur actif avec une prédilection marquée pour ceux qui s’engagent par idéal. J’ai toujours pensé qu’on ne devait pas accepter de se faire tuer simplement pour de l’argent.

Après les quelques jours passés à PAULIS avant l’opération, j’avais retrouvé des gars du 11ème Choc : PERRIN, BLIN et RICHARD, mais la majorité des français provenaient du 3ème RPIMa, du 1er RCP, 1er RPIMA, des Commandos de Marine et surtout de la Légion (1er REP et 2ème BEP). Il y avait aussi Para Commando Belges, Para Italien… etc.

Pour l’opération de WAMBA, il y avait le 1er Choc du Commandant DENARD avec son petit groupe de katangais et le 8ème CODO commandé par le capitaine PIRET, un belge natif du Congo (composé environ de 250 soldats katangais et une vingtaine d’experts volontaires). Le but de cette opération était de reprendre les villes et villages qui étaient aux mains des rebelles et aussi de récupérer tous les dépôts d’armes dans cette région.

La colonne se comprend principalement de une ou plusieurs jeeps rickies, jeeps de reconnaissance, de un ou plusieurs camions de voltige, d’une jeep radio, d’une jeep 75mm, d’une jeep Bazookas, jeep 12.7mm, nous avions aussi un char AM8 sur roues, seulement pour WAMBA et BUTA, des camions munitions, ravitailleurs essence et puis une jeep de queue. Sans oublier des petits blindés et le grand Scania avec sa mitrailleuse à refroidissement par eau… !

OPERATION WAMBA

Extrait du livre Le roi de Fortune : ses hommes, « ses guerriers », Bob ne laisse à personne d’autre le soin de les former. Ils n’iront pas au camp d’entraînement de Kamina, au Nord Katanga où passent les recrues de HOARE. Il en ferait ici sur place le 1er CHOC, les siens presqu’une confrérie. Il y avait de tout, bien sûr. Beaucoup étaient des purs, ils se battraient bien. Le 1er CHOC ne se choisit pas, il se mérite.

Nous avions démarré de PAULIS à 7h du matin le 7 avril 1965, la colonne de véhicules toute étirée faisait près de 2km (pour garder les distances). Il y avait en plus dans l’effectif, un médecin, un infirmier et un aumônier catholique. Il y avait aussi quelques civils indigènes qui servaient de guides. Le départ fut salué par la population de PAULIS inquiète, sachant d’avance que les rebelles nous attendaient tranquillement. Il faut dire que les nouvelles vont plus vite que le téléphone.

 

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C’était prévisible puisque rien n’a été préparé dans la discrétion. Le premier arrêt de la colonne a été au premier pont qui enjambait une petite rivière. Les rebelles avaient fait sauter le pont. Il était 15h quand nous sommes arrivés à proximité, le temps de le réparer et de faire passer la colonne, il était 17h. Nous nous sommes arrêtés avant le village de PENGE vers les 19h, c’est-à-dire juste avant la nuit.J’ai du chercher un peu partout la colonne le médecin pour qu’il me fasse une piqûre antitétanique, car en traversant le pont détruit, à pied dans le gué de la rivière et pour nous mettre en position de soutien, je me suis enfoncé dans un pied un sacré clou de charpente; il faut dire que nos bottes étaient en toile et avaient des semelles fines en caoutchouc et donc inadaptées – Jungle boots (par la suite et comme tant d’autres, j’ai eu de vraies Rangers). Lorsqu’après le passage du pont, alors que mon pied était tout chaud et qu’il commençait à enfler, j’ai pensé tout de suite à la gangrène. Enfin, le toubib m’avait fait la piqûre et le lendemain matin au départ tout allait bien.

Il était 6h du matin quand la colonne s’est remise en route destination GAO. En passant la veille dans PENGE, nous avions vu une jeep couchée dans le fossé qui bordait la piste, elle avait sauté sur une mine quelques jours auparavant; il y avait eu 2 morts. Nous roulions depuis le matin sans problèmes lorsque vers les 15h, nous arrivions aux 3 ponts situés dans de petites gorges et considérées comme dangereuses. DENARD avait fait stopper la colonne 500m avant. C’était un endroit très serré et touffu ouune rivière se divisait en trois petits bras, encaissés dans de petites gorges, en somme un endroit de rêve pour une embuscade. DENARD fait partir la voltige à pieds en deux colonnes de chaque coté de la piste; elle avançait lentement et quand elle eu passée le troisième pont, un coup de Bazooka parti des hauteurs surplombants la piste, tiré par les rebelles bien positionnés. A ce moment là, je me trouvais en appui à hauteur des premières jeeps loin de la voltige qui était devant (je ne faisais pas encore parti de la voltige). La roquette n’avait touché personne par sa trajectoire mais en explosant dans le talus, un belge qui se trouvait à cet endroit avait reçu des éclats dans le dos. Dès ce premier coup de feu, la fusillade avait commencé, d’un coté les armes chinoises et russes et de l’autre nos armes occidentales. J’ai pu donc faire à cette occasion la différence du bruit des détonations. Cela avait duré 1h30 environ, le calme revenu tout le voisinage brûlait; couché sur le bas coté de la piste, Harry perdait son sang que le toubib tentait d’arrêter; plus loin un katangais avait reçu une balle dans la poitrine mais sans réelle gravité. C’est la première fois que j’ai entendu les balles siffler au dessus de ma tête.

Ce fut mon baptême du FEU.

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Au sujet des armes, je suis passé de l’âge de pierre à l’âge du fer. Exemple : quand on passe du MAS 49-56 au FAL… ! Y’a pas photo…


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