OPS Congo – L’appui aérien aux opérations de reconquête

 

 


 

Congo 1964-1965 – L’appui aérien aux opérations de reconquête

par J.P. Sonck

Création de la 5e Brigade Mécanisée

Le plan de reconquête conçu par l’Etat Major du col VANDEWALLE prévoyait la création de la 5e brigade mécanisée avec des officiers et sous-officiers détachés de l’armée belge, des mercenaires sud africains et des ex-gendarmes katangais. Cette nouvelle unité de l’ANC qui n’existait que sur le papier devait fournir l’effort principal de la progression vers Stanleyville et se composait de deux colonnes : Lima 1 qui devait partir de Kongolo sous le commandement du lieutenant colonel LIEGEOIS dans le but de s’emparer de Kindu, où elle serait rejointe par Lima 2, commandée par le lieutenant colonel LAMOULINE. A partir de Kindu, ces deux colonnes commandées par des officiers détachés de l’armée belge, progresseraient ensembles à 48 heures d’intervalle vers Stanleyville sous la protection de l’aviation. Des actions secondaires étaient prévues vers l’objectif par les différents secteurs d’opération Ops Kivu, Ops Nord et Ops Tshuapa. La création de cette brigade débuta en septembre 1964 à Baka. Pendant que des Baluba du grand chef KASONGO NIEMBO étaient recrutés pour former le 8e bataillon de commando, tandis que des Bahemba étaient entraînés à Kongolo pour former le 7e bataillon de commandos. Ces Katangais devaient être encadrés par des mercenaires francophones. La brigade comptait dans ses rangs plusieurs pelotons de sud africains du 5e Bn commando formant les troupes de choc, auxquels s’ajoutaient des unités annexes, tels les pelotons blindés des lieutenants mercenaires BERO et KOWALSKI, le peloton d’armes lourdes (mortiers), le peloton de génie, la police militaire et le service de santé. La tâche des militaires belges était énorme, car il fallait équiper la brigade en véhicules et en armement et assurer le ravitaillement et la solde à près de deux milliers d’hommes. Le 9e Bn commando du major aviateur PROTIN, officier détaché de l’armée belge, et le 10e Bn commando Kansimba du major mercenaire SCHRAMME. Ces deux unités katangaises cantonnées à Manono devaient opérer dans le secteur d’Ops Sud, sur les flancs de la 5e brigade lors de sa progression vers Kindu.

après le départ de la 5e brigade vers Stanleyville, le chef-lieu du Maniéma deviendrait le cantonnement du 21e bataillon d’infanterie de l’ANC. Dès le mois d’octobre, la 5e brigade bénéficia de l’appui de la FATAC, créée par des officiers et sous-officiers aviateurs belges détachés de la Force Aérienne et dont les C-47 assurèrent sa logistique pour la mise en place de la base offensive de Lima 1 à Kongolo. Les dépôts de ravitaillement étaient régulièrement fournis par C-130 et le stock constitué à Baka servait à la 5e brigade pour ravitailler deux fois par semaine les garnisons de Kabalo, Kongolo, Manono et Albertville par C-47 de la FATAC. Plus de deux mille gendarmes katangais étaient à l’entraînement à la base de Kamina, rassemblés dans les 11e, 12e, 13e et 14e et 15e bataillons commandos formant le régiment Baka du colonel TSHIPOLA. Ils étaient chargés de tenir garnison dans la province Orientale après la capture de Stanleyville et de fournir des troupes pour la poursuite des opérations visant à pacifier la province. Le WIGMO, dont les B-26K basé à Kamina Base devaient assurer l’essentiel des reconnaissances sur l’axe conduisant de Kongolo jusqu’à Stanleyville, prépara le terrain pour l’offensive et le 1er octobre1964 ses bombardiers bimoteurs survolèrent Kindu, où ils mitraillèrent le camp militaire de l’APL. Le lendemain, ils attaquèrent celui de Lokandu. L’augmentation des raids aériens nécessitait la livraison de 2000 roquettes par mois et les Etats Unis comptaient sur la Belgique pour satisfaire les besoins de l’offensive générale. L’USAF avait délégué un de ses officiers à Baka et participait aux opérations de ravitaillement de la 5e brigade avec trois Lockheed C-130E du 464th troop Carrier Wing, qui effectuaient deux missions de transport par jour.

A Léopoldville, la Joint Task Force US s’occupait des contacts entre l’ambassade américaine et le gouvernement congolais, ainsi que de recueillir des renseignements et d’assurer la sécurité des aérodromes. Il disposait d’un quatrième C-130 dit « talking Bird », chargé de relayer les communications radio à Washington, et des Boeing RC 97s de reconnaissance qui effectuaient des missions secrètes sous le nom de code de « Running Bear ». Le 9 octobre, le col VANDEWALLE se rendit avec le cpn CLOSSET en Cessna 310 d’Air Brousse à Kongolo, car il espérait donner le départ à l’attaque pour le 15, malheureusement, rien n’était prêt et elle fut reportée de deux semaines. Pendant ce temps, un major de l’USAF était chargé de régler les mouvements aériens des Lockheed C-130E à Baka et le lt col US RATTAN, placé en tant qu’observateur auprès de la 5e brigade, se rendit avec un de ces avions cargos à Manono et à Kongolo, afin d’y contrôler la praticabilité des terrains d’aviation de ces localités. Celui de Kongolo était détrempé par les pluies et devait être rallongé pour permettre l’atterrissage des Lockheed C-130 alourdis par leur chargement. Les pilotes d’Air Congo refusèrent de s’y poser, heureusement, la compagnie aérienne belge BIAS acceptait tous les transports refusés par la concurrence. A Matadi le cargo « Mokaria » déchargea le 17 octobre une cargaison de 6000 roquettes, 200.000 cartouches de 7,62 mm et 50.000 cartouches de 12,7 mm. Le 20 octobre suivant, des C-130E de l’USAF enlevaient à Bierset des caisses d’armes et de munitions de la FN pour l’ANC et 2168 roquettes de 70 mm pour avions. A Langley, dans l’antre de la CIA, l’agent Richard HOLM revenu de deux années d’opérations au Laos et muté à la division Afrique, fut convoqué par Dirk HELMS (Deputy Director of Plans) qui lui annonça que des C-130 devaient transporter des para-commandos belges à Stanleyville le mois prochain et que la CIA aurait besoin d’un homme sur place à partir du mois de décembre pour y collecter des informations. Pour préparer sa mission, il prit des cours de français et se procura de la documentation et des rapports sur les conflits tribaux en Afrique Centrale.


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