OPS Congo - Le Groupe COBRA dans la RUZIZI

logo opn cercle orange 24px sombre ecusson 33X45.2 logo opn cercle orange 24px sombre

Formation du groupe COBRA

par JP. SONCK

En mai 1965, les officiers de l’assistance technique belge, oeuvrant au QG de la 5e Brigade mécanisée, préparent dans le plus grand secret une opération dans le but d’écraser la 2e brigade de l’Armée Populaire de Libération (APL) commandée par le colonel Makondo. Cet officier rebelle, a été chargé par le président de la république populaire Christophe Gbenye de défendre les dernières localités de la province du Bas Uele aux mains des Simba. Il dispose de nombreuses troupes et il est bien ravitaillé en armes et en munitions par la frontière du Soudan. Depuis son son QG installé à Buta, chef-lieu de la province, le colonel Makondo menace toute la région située au nord-ouest de Paulis. Le 5 mai, le colonel Mulamba, commandant la 5e Brigade mécanisée, signe l’ordre d’opération n° 10, rédigé par son chef d’état major, le lieutenant colonel BEM Noël. Cette opération au nom de code de « Violettes impériales » prévoit la capture de Buta par une offensive en tenaille sur quatre axe de progression à partir de Paulis, de Niangara, de Stanleyville et de Bumba.

Elle met en œuvre le 1er Choc de Bob Denard (Aramis) et le 8e bataillon Commando katangais de Raoul Piret, le 5e bataillon Commando Sud Africain de Mike Hoare (Zorro), le 12e bataillon Commando katangais Diabos du capitaine Topor et des troupes congolaises (voir le magasine RAIDS n° 51). Le chef d’état major du QG de la 5e Brigade mécanisée installé près de l’hôtel Congo Palace transmet ensuite le plan d’opération par estafette au Grand Quartier Général de l’ANC à Léopoldville (Kinshasa). Une copie est adressée au lieutenant colonel Lamouline, commandant le 6e bataillon Commando Européen (6e BCE), et aux chefs des unités participantes de la 5e Brigade mécanisée, au commandement Opérations/Air du GQG/ANC, à l’officier de liaison de l’US Army (Comish) et au colonel de la CIA chargé du Wigmo. Avant le départ de l’offensive, le col Mulamba, le lieutenant colonel BEM Noël et le lieutenant colonel Lamouline se rendent à Paulis en DC-3 de la Fatac pour passer les troupes en revue. Bob Denard est félicité pour la belle tenue de ses hommes.

L’opération est déclenchée le 26 mai avec l’assistance de l’aviation congolaise qui comprend la 21e escadrille de T-6 Texan de la FAC opérant à partir de Bumba, trois détachements aériens du Wigmo composés de monomoteurs T28D Trojan et de bimoteurs B26K, chargés d’effectuer chacun deux sorties par jour, et l’aviation de transport de la Fatac. La base de la Fatac à Stanleyville doit pourvoir au ravitaillement et aux évacuations sanitaires avec ses bimoteurs DC-3 et ses Banane volante H21B, dont l’hélicoptère FG-378 qui opère à partir de Stanleyville et qui disparaitra au cours d’une mission de sauvetage. La colonne « Aramis » du 1er Choc s’empare de Buta le 1er juin 1965, battant de peu les Sud Africains qui ont traversé Titule et Bondo dans le nord du Congo sans s’y attarder. Les Sudafs n’ont pu empêcher le massacre des otages et ne ramènent que quelques rares survivants.

Tandis que la compagnie du 12e bataillon Commando katangais Diabos s’empare de Banalia où elle fait sa jonction avec les Sud Africains venus de Buta, les troupes congolaises du 6e Groupement ANC sont sensées progresser vers Aketi à partir de Bumba, mais elles font demi-tour à la première embuscade. La plaine d’aviation de Buta est remise en état par les hommes de Bob Denard et le 4 juin, un DC-3 de la Fatac y dépose les colonels Mulamba et Lamouline qui sont venus féliciter les principaux acteurs de « Violettes impériales ». Ce bimoteur de transport est suivi par d’autres appareils de la Fatac qui apportent des vivres et des munitions. Des nombreux simba ont pris le maquis aux alentours en emmenant une partie des otages et le 1er Choc doit les débusquer de leur repaire pour les libérer. Au début du mois d’août, Bob Denard reçoit des renforts pour poursuivre sa progression vers Aketi et faire sa jonction avec la garnison ANC de Bumba. Cet objectif est atteint malgré les embuscades dressées par les « vaillants simba » de l’APL. Une grande partie de la province du Bas Uele est libérée, mais Buta demeure sous la menace de la 2e brigade APL du colonel Makondo qui s’est réfugié dans la forêt au nord de la ville.

L’officier rebelle a perdu beaucoup d’hommes, mais il est ravitaillé régulièrement en armes et en munitions et il est chargé par Christophe Gbenye de préparer une contre-offensive pour reprendre Buta. Les simba sous son commandement occupent quelques localités de moindre importance, dont le village de Bondo qui s’étend sur les deux rives de la rivière Uele. Des informations reçues par le Quartier Général de la 5e Brigade mécanisée à Stanleyville et transmises au PC du lieutenant colonel Lamouline, font état de la présence d’otages européens prisonniers à Bondo. Ils sont retenus prisonniers de l’autre côté de la rivière Uele, un cours d’eau important qu’il faut traverser en bac à moteur pour libérer les otages internés dans une habitation transformée en prison. L’état major de la 5e Brigade mécanisée n’a pas prévu l’occupation de cet objectif secondaire situé à l’écart de l’axe de communication Bumba-Aketi-Buta-Paulis et le commandant du 6e BCE songe à une opération aéroportée pour libérer les prisonniers par surprise. Lancer le 1er Choc dans un raid vers Bondo est risqué, car il faut parcourir 203 km de mauvaise route coupée de rivières et les otages seront massacrés avant l’arrivée de la colonne terrestre.

Robert Lamouline projette de créer une unité mixte avec les meilleurs volontaires européens de son bataillon renforcés par des parachutistes congolais brevetés en Israël. Il convoque Pierre Bottu, le commandant en second de son bataillon, dans son bureau et le met au courant du projet. Le commandant Bottu est chargé de dresser une liste des volontaires européens détenteurs du brevet des troupes aéroportées. Il se met au travail et compulse soigneusement les dossiers personnels des hommes du 6e BCE conservés à l’état-major et tenus à jour par le lt Poll, l’officier S1. Quant aux Congolais, le lieutenant colonel Lamouline compte les prélever avec l’accord du général Mobutu au sein du 2e bataillon Parachutiste ANC en garnison à léopoldville. Une bonne moitié des parachutistes européens qu’il a sélectionnés font partie du 1er Choc, une unité du 6e bataillon composée à 90 % d’anciens des troupes aéroportées. Le commandant Bottu remet les dossiers personnels à son chef et un message radio est envoyé aux PC des différents chefs d’unités, dont celui de Bob Denard à Buta. Le chef du 1er Choc n’est pas très chaud pour se séparer de ses gars et il fait venir le lieutenant Bruni à son PC pour lui confier le soin de convoquer les candidats. C’est un excellent officier qui sert au 1er Choc de Bob Denard depuis le début de sa création et il a été distingué à de nombreuses reprises pour son courage.

Pages: 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18

 
©2008-2019 ORBS Patria Nostra - Tous droits réservés - Contact - Site réalisé par |iN| iNuage