OPS Congo - Témoignage Pierre Chassin

 

 


Chapitre 9 – BAROUD POUR UNE AUTRE VIE
De Pierre CHASSIN, préfacé par Georges Fleury. Jean Picollec, 2000.
Extraits du livre de Pierre CHASSIN, 3 chapitres conscarés à son expérience au Congo.

BAROUD POUR UNE AUTRE VIE, Chapitre IX, le 1er Choc de Buta à Bumba.

Buta (Haut-Uélé), le 1er juillet 1965.

Nous sommes à peine arrivés hier à Buta que la première sale corvée m’échoit. Je suis en train de finir mon petit-déjeuner avec le petit groupe de Français arrivés au Congo en même temps que moi lorsqu’un camion chargé de quelques soldats katangais freine devant l’auvent de la salle qui va devenir le mess. Un officier blanc en descend et me donne l’ordre de prendre la suite des opérations. Il vient de faire ramasser dans les rues de Buta les cadavres des civils massacrés par les rebelles lors de leur retraite et ceux des Simbas tués lors de la prise de la ville. Les soldats sont assis sur les ridelles du camion et regardent d’un air morne un monceau de corps noirs aux membres enchevêtrés. J’ai un haut-le-coeur mais tente de rester impavide. Je dois commander le groupe qui est chargé d’aller jeter les cadavres dans le fleuve. Assis a côté du chauffeur noir mon Fal entre les jambes, je me laisse conduire le long de l’avenue qui mène à la Rubi un affluent de l’Itimbiri. Le camion cahote sur les nids de poule et j’ai l’impression d’entendre à chaque heurt le bruit sourd des corps qui retombent au fond de la benne. Il fait déjà chaud et j’étouffe dans la cabine surchargée par un soleil de plomb.Bientôt, à travers le pare-brise couvert de poussière ocre j’aperçois le pont dont les arches métalliques enjambent le fleuve et relient les deux rives envahies par les herbes. Lorsque nous nous arrêtons sur les| poutres de bois qui forment le tablier j’essaie de ne pas respirer l’odeur putride qui se dégage de l’arrière du camion. Le chauffeur me regarde d’un air entendu en acquiessant de la tête :
– ” Les c’oc’odiles se cha’ge’ont d’eux, segent ! “
Ils doivent pourtant être repus puisqu’on peut apercevoir près de la rive la masse sombre d’un corps qui dérive au fil de l’eau. Je donne l’ordre de descendre les cadavres qui tombent avec un bruit mat. Débraillés dans leurs vêtements tachés de sang brun, ces corps sont flasques et mous comme si la rigidité cadavérique les avait épargnés. Le regard seul semble avoir été pétrifié au seuil de la mort. Les yeux vitreux comme voilés par une lente agonie, ressortent des visages grisâtres enflés par la chaleur. De grosses lèvres gonflées sur des dents blanches et salies de poussière donnent à ces visages un rictus inquiétant. Ce ne sont plus des hommes mais les dépouilles de bêtes sauvages. Pourtant la vie et un sourire en feraient bien nos frères. Celui qui est le plus jeune devait hier encore rire avec ses amis et le plus vieux avait sans doute une multitude d’enfants qu’il aimait emmener au fleuve pour jouer. Tous adoraient la vie mais frémissaient aussi lorsque le tam-tam annonçait les massacres. Entre les justes et les méchants le tri est impossible car Dieu seul est capable de reconnaître les siens. En pensant aux marins qui confiaient aux abîmes les corps des camarades ayant péri en mer et auxquels cette ultime sépulture évitait la putréfaction lente dans le noir de la terre, je donne l’ordre de jeter les dépouilles dans le fleuve. Deux par deux, les soldats prennent à bout de bras les membres poisseux d’un cadavre et après trois oscillations, le précipitent du haut du pont. Chaque manoeuvre est suivie d’un plouf et un corps disparaît en tournoyant dans l’eau boueuse du fleuve gonflé par les pluies. Lorsque, muet, je rejoins mes camarades j’ai l’impression d’avoir vieilli de vingt ans.

Nous avons aménagé sommairement les chambres de l’internat de la Mission catholique où logeait d’ailleurs avant nous la ” police Militaire ” muléliste. Les Simbas s’étaient installés dans les deux grands halls qui entourent ma chambre. Chacun d’eux avait fait une petite hutte avec des meubles et des toiles au milieu de laquelle il y avait un foyer pour faire la cuisine. Certains d’entre eux avaient dû pourtant recevoir une éducation des bons pères car ils avaient inscrit sur les murs leur nom suivi du titre qui leur semblait le plus adéquat : ” Ambassadeur de combat “, ” Baumbardeur en chef “… C’était sans doute l’élite qui constituait la P.M. Ces farouches guerriers sont maintenant remplacés par nos Katangais aux noms poétiques : Musungo Léon notre mitrailleur, Musinga Boniface, Kimese Homère, Sambumba Gédéon et Tchikuta Médar…

En fait, il apparaît que les rebelles étaient assez bien structurés, mais avec ce mélange d’organisation révolutionnaire marxiste et de fétichisme vraiment déconcertant. L’armée Populaire de Libération est formée de guerriers fanatisés se croyant invulnérables grâce à la Dawa et de cadres d’une République Populaire du Congo d’inspiration maoïste. Les mulélistes ont copié l’organisation de leur armée sur celle de l’ancienne Force publique du Congo belge. Mais il semble qu’ils singent souvent l’organisation des Blancs en retenant surtout ses travers bureaucratiques. Ceux qui savent écrire aiment les documents aux termes ronflants et adorent les tampons de toutes sortes dont ils affublent leurs écrits. Les titres et les formules de politesse stéréotypées sont écrites en français. Parmi les papiers que j’ai pu consulter j’ai lu plusieurs lettres au style désopilant dans laquelle les quémandeurs réclament au commandant de la place, le colonel Makondo, la restitution de leur femme. … Mais j’ai trouvé un document plus important prouvant qu’il y avait a Buta un arabe que Makondo envoyait auprès de certains de ses officiers. Nous savions déjà que deux égyptiens étaient instructeurs, mais cela est maintenant confirme. D’après certains témoignages, ce seraient eux qui auraient conseillé de massacrer les otages, bien que je doute que les Simbas aient eu besoin de ce genre de conseil pour se mettre à l’ouvrage. Monseigneur Mbali dit que le colonel Makondo s’est bien comporté jusqu’à l’annonce de notre arrivée. Il a alors fait arrêter tous les religieux. Les Noirs ont été conduits dans la brousse et les Blancs ont été massacrés. Nous allons devoir maintenant faire des expéditions en brousse pour sauver les soeurs blanches, les Noirs prisonniers et quelques otages blancs qui sont retenus dans la forêt.

Cela risque d’être long, même si nous allons être guidés par des villageois que nous avons libérés. Les rebelles sont encore très bien armés bien qu’ils aient laissé ici un stock impressionnant d’armes qu’ils n’ont même pas essayé de faire sauter en s’en allant. Ils ont abandonné plusieurs tonnes de caisses de cartouches de mitrailleuses de grenades et de ” blindicides” chinois ainsi qu’un certain nombre de mitraillettes au chargeur incurvé en banane et de mitrailleuses chinoises, de pistolets mitrailleurs avec chargeur en camembert – un cylindre où sont enroulées les bandes de cartouches – et de fusils russes et tchèques. Les mulélistes avaient également un canon de 75 et nous avons même trouvé un lance-flammes.

Ils ont laissé également, sans avoir tenté de les détruire, des Jeeps, des camions et, dans un dépôt un peu l’écart de la ville quelque deux cents futs d’essence. Ils n’ont pas non plus pensé à piéger les bâtiments ni à empoisonner l’eau.

Pourtant les rebelles étaient solidement implantés à Buta et avaient la population bien en main. Les religieuses pouvaient circuler librement. Les indigènes avaient continué à cultiver le coton et le café et avaient fait la récolte avant notre arrivée ce qui laisse supposer que les mulélistes pensaient pouvoir la négocier. Tout nous démontre que, relativement bien organisés, les rebelles sont capables d’essayer de reprendre Buta. C’est ce qu’ils ont fait à Poko : nous avions laissé des soldats de I’A.N. C. pour tenir la ville mais à la première attaque rebelle ils ont décroché et se sont repliés. Nous essuyons d’ailleurs, de temps en temps, des coups de feu tirés depuis la brousse. Notre premier boulot consiste donc à fortifier nos positions avec des sacs de sable et à dégager les alentours de l’internat dont notre groupe à la charge. Armés de haches nous abattons les magnifiques cocotiers qui entourent ce côté-ci de la mission. Patrick, Claude et moi nous faisons les muscles en coupant des dizaines d’arbres et en dégageant les broussailles aux alentours. Puis des patrouilles commencent à ratisser la Cité indigène à la recherche de caches d’armes.

Les portes des cases et des maisons en dur sont défoncées à coup de bottes. Les Katangais entreprennent un véritable marathon vers les maisons qui leur paraissent les plus intéressantes à piller. Les Noirs cherchent de l’argent et les Blancs de l’ivoire. Néanmoins, Carter et Mathieu trouvent un sac de jute rempli de billets de banque tout neufs. Mais ils sont mangés par les rats et nous en faisons un grand feu de joie !

Le lendemain, je reçois l’ordre d’accompagner un lieutenant katangais et ses hommes pour aller récupérer des sacs de riz et de sel dans une maison qu’ils ont repérée la veille. Dans le dédale des allées de la Cite ils disent avoir du mal à retrouver la maison ce qui leur permet de piller consciencieusement au passage les cases environnantes. Lorsque je rappelle au lieutenant katangais que nous sommes là pour chercher du riz, je comprends qu’il n’ose rien dire trop occupe lui-même à se remplir les poches, et que c’est à moi de lui donner des ordres. Un volontaire blanc est par définition le patron, même d’un officier! Je finis par récupérer mes hommes et le riz à force d’engueulades et je rentre à la mission à moitié aphone. Aucun des Katangais n’a bien sûr eu en mains le petit livret rose que la justice militaire vient de publier et qui interdit le pillage. D’ailleurs, même s’ils savaient lire, ils n’auraient pu le comprendre : cet opuscule, de 15 cm sur 10 et d’une dizaine de pages, “Catéchisme de la justice militaire – Katekisimoya. Bosembo bwa militaire”, est publié en lingala, l’idiome qui est en train de devenir la langue de l’armée et que ne parlent pas la plupart des Katangais…

Mais c’est la libération des otages qui est notre principale préoccupation. La saison des pluies a commence dans le nord où nous sommes et les recherches en sont d’autant plus difficiles. Les mulélistes ont obligé la population des villages qui longent la piste à se retirer dans le second village qui double chacun d’eux à l’intérieur de la brousse, près des champs. Pour empêcher la population de regagner Buta, ils ont établi des ” barrages ” sur les sentiers qui mènent à la piste principale et se sont repliés dans l’arrière-pays où ils ont installé des caches d’armes. C’est dans ces coins reculés de la forêt qu’ils détiennent les otages survivants.

Je suis désigné pour faire partie du ” Groupe d’Intervention ” que crée le lieutenant Karl Couke. Il s’agit d’un petit commando d’une vingtaine d’hommes composé de 6 à 9 Européens et de 12 miliciens, des Congolais de la région qui nous ont rejoints. Couke, un Belge du Katanga de 25 ans est un fidèle de Denard qu’il a suivi jusqu’au Yémen où l’Iman Badr mène une lutte féroce contre les Egyptiens. De taille moyenne et râblé Karl porte constamment un short qui lui donne un faux air de boy-scout. Son visage juvénile est en partie caché une paire de lunettes à monture foncée et une barbe noire taillée en pointe. Toujours de bonne humeur, plein d’énergie et sympathique, c’est un fonceur qui ne peut rester en place. Sa mission est de nettoyer la région tout en recherchant les otages. Un autre groupe sous les ordres du lieutenant français Roger Bruni les cherche activement et travaille comme nous sur renseignements.

Toutes les nuits nous quittons la mission vers 3 heures du matin. Un camion nous dépose loin en forêt parfois à plus de 90 km de notre base et nous nous enfonçons sur les traces d’un guide dans la jungle. Ces coups de main sont brefs, quelquefois couronnés de faciles succès, parfois sanglants. Nous capturons ainsi un major rebelle, le frère de Makondo. Puis nous découvrons des caches contenant des obus de mortier chinois, des mitrailleuses, des camions et même un canon de 30 mm, mais nous n’arrivons toujours pas à retrouver la trace des religieuses qui ont été enlevées.

Lorsque nous faisons des prisonniers notre premier souci est de nous assurer qu’il s’agit de combattants : nous vérifions s’ils portent des traces de scarification faites par les sorciers pour leur ” imposer à le Dawa. Il s’agit d’incisions faites sur le corps, en particulier sur le front au-dessus du nez dans lesquelles le sorcier met la Dawa, mélange de chanvre et d’autres ingrédients dont des cendres humaines. La présence de ces tatouages accompagnés d’amulettes dénonce les mulélistes les plus fanatisés.

Une nuit nous partons attaquer un ” barrage ” en pleine forêt. Nos informateurs nous ont indiqué que le camp des rebelles était situé à cinq kilomètres à l’intérieur et nous voulons les surprendre à l’aube. Le camion nous dépose en bord de piste par une nuit sans lune. Il pleut à torrents. Trempés jusqu’aux os, nous nous enfonçons en file indienne sur un sentier et dès que nous sommes entrés dans la forêt nous nous trouvons dans un tunnel noir où il est impossible de voir à plus de 20 cm! Couke tient le guide et chacun d’entre nous s’accroche au précédent en évitant d’entrechoquer nos armes. Le sentier se divise de temps à autre en plusieurs sentes et seul le guide, qui connaît parfaitement le chemin peut s’y retrouver. Aucun de nous ne distingue celui qui le précède. Nous progressons lentement en silence. Puis tout à coup la chaîne est rompue : l’ d’entre nous a lâché celui qui le guidait et réalise qu’il se trouve à l’embranchement de deux sentiers. Impossible de savoir où aller ni d’appeler ceux qui sont en tête et ont continué seuls. Nous rebroussons chemin et revenons à notre point de départ. Quelque temps plus tard le groupe de tête nous rejoint. Nouveau départ, mais nous sommes maintenant en retard sur l’horaire prévu.

À l’aube nous traversons à gué une rivière puis plusieurs ruisseaux en passant sur des arbres abattus tandis que la clarté se fait plus grande. Les arbres sont toujours très hauts peut-être d’une cinquantaine de mètres mais beaucoup plus espacés. Nous avançons en silence le doigt sur la gâchette. Guettant le moindre craquement. Je sens mes muscles contractés, le souffle court, comme retenu par l’effort fourni pour poser ma botte à terre à chaque pas sans bruit. Un morceau de ciel bleu apparaît entre les frondaisons. Du sommet d’arbres gigantesques pendent des lianes qui retiennent dans leur enchevêtrement des grappes de verdure, mousses et lichens mêlés.

Derrière le rideau de hautes herbes que La lumière transperce d’une couleur vert tendre, nous devinons une clairière. Des voix résonnent dans la fraîcheur du matin. Nous voulions les surprendre dans le sommeil mais il est maintenant trop tard pour les encercler. Le ton des voix semble endormi. Sans doute l’une des sentinelles que nous ne pouvons voir prépare-t-elle le repas du matin car une petite fumée blanche s’élève au centre de la clairière. Nous nous disposons en arc de cercle et, au signal de Couke, nous bondissons. Les Fal crachent leurs rafales. Des détonations secouent l’air paisible et raisonnent en écho dans la forêt. Penché au-dessus du feu un Simba s’écroule dans la cendre. Un autre couché sous un auvent est fauché en se relevant. Un troisième qui a saisi sa mitraillette russe est projeté à terre par une rafale. Nous nous précipitons vers une seconde petite clairière qui fait suite. Tandis que trois rebelles s’enfuient en sautant dans les herbes à éléphant deux autres lèvent les bras pour se rendre. Nous inspectons rapidement les quatre petites huttes constituées d’un simple toit de feuilles posé sur des piliers. Couke donne des ordres brefs : on récupère la mitraillette à chargeur incurvé sur le cadavre d’un lieutenant, on détruit tout et on se replie avec les deux prisonniers. Un volontaire et moi poussons chacun le nôtre en le tenant par le col à bout de bras devant nous. Ils dégagent une odeur fauve tellement forte que nous avons du mal à respirer et diminuons notre prise. Tout à coup, l’un d’eux saute dans les matiti et disparaît. Une rafale troue le silence et fauche les herbes derrière lui.

Au passage nous ramenons avec nous les villageois qui veulent venir à Buta et nous devons demander au camion qui nous attendait d’accomplir deux voyages pour la circonstance.

Nous n’avons toujours pas retrouvé les soeurs et les autres otages. Nos patrouilles se font plus fréquentes. Nous faisons parfois deux sorties dans la même journée et les hommes deviennent fatigues et nerveux. Deux jours plus tard nous repartons sur la foi d’un renseignement, accompagné du jeune prêtre belge. Celui-ci est en tête avec Karl et un soldat katangais. Le sergent Schauterdern et moi sommes en arrière-garde. Des détonations retentissent. Le Katangais a tiré sur un Noir vêtu de blanc apparu à l’embranchement où le sentier s’élargit. Les coups de feu ont sans doute donné l’alerte. Après avoir donné à Schauterdern et moi l’ordre de rester là en protection, Karl, le prêtre et le reste du groupe foncent en avant vers le village. Dans la petite clairière le sergent wallon et moi-même nous mettons en position, tous les deux couchés à terre de part et d’autre du sentier. Le corps à moitié dans les herbes, le blessé, inanimé, git à côté de Schauterdern Tout à coup, rompant le silence une plainte retentit :
– “Jésus, Maria…Jésus, Maria… ”
Le sergent wallon se tourne vers le corps :
– ” Vas-tu te taire, une fois! On va se faire repérer! ”
L’homme à terre continue à psalmodier :
– “Jésus, Maria…Jésus, Maria… Jésus, Maria…”
Schauterdern se lève et, se saisissant d’un morceau de gros bambou, frappe le mourant qui continue à geindre.
– Jésus, Maria… Jésus, Maria ….
– Mais tu vas te taire, nom de Dieu ! ” Je suis saisi de stupeur, ma voix s’étrangle :
– “Arrête ! Arrête! ”
Et il refrappe de toutes ses forces à la tête le blessé agonisant qui expire dans un souffle.

Le ventre noué, je me cramponne à mon arme et je reste prostré, la bouche sèche un goût de cendre aux lèvres. Un silence de mort s’est depuis longtemps abattu sur la clairière. Lorsque le reste du commando nous rejoint. Il n’y a plus rien à faire pour ce Congolais qui venait en ami. Même le prêtre arrive trop tard pour lui donner l’extrême onction…

Le lendemain samedi 26 juin, la patrouille de Bruni délivre 16 soeurs européennes, une Belge, Madame Legros, avec ses deux petites filles d’une dizaine d’années et une Anglaise. Monsieur Legros, qui a échappé par miracle à ses bourreaux alors que sa femme et ses filles étaient emmenées, est là pour les accueillir dans ses bras. Les nonnes et les Européennes ont été violées. Lorsque je les prends en photo autour de Bob Denard, elles ont un pauvre sourire qui, derrière le remerciement qu’elles nous adressent, laisse entrevoir l’horreur qu’elles ont supportée pendant de longues semaines.

 


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