OPS Congo – Témoignage Pierre Chassin


 

Le lendemain, Denard demande deux hommes pour aller enterrer Nagy et le Katangais tué d’une balle au coeur. Mathieu et moi sommes désignés et nous partons avec quelques Noirs. Le petit cimetière est entouré de murs bas et blancs. Assis sur un muret je me laisse aller à rêver pendant que les soldats congolais creusent les tombes. Plus loin Mathieu, qui ne passe pourtant pas pour un sentimental, erre à travers les sépultures blanches, la tête basse. Bientôt les fosses sont prêtes. Nous nous dirigeons d’un pas lourds vers le camion. Au fond, dans la pénombre de la bâche, les couvertures militaires qui ont été jetées sur les civières forment une masse sombre. Les bosses qui soulèvent la laine kaki laissent deviner la forme des corps. Lorsque nous descendons maladroitement la civière où repose le Hongrois, une manche d’uniforme vert terni par la poussière glisse et son bras tombe au sol. Des gouttes de sang perlent du brancard imprégné et forment dans la poussière de petites taches brunes. Les soldats noirs descendent le corps du Katangais. Il fait déjà une chaleur suffocante et un relent de charnier imprègne l’air.

Attirées par l’odeur, des mouches bourdonnent autour des deux cadavres. Tout à coup, je suis hypnotisé par le poing fermé et blême de Nagy qui dépasse de la couverture et pend à l’extérieur du brancard. Comme une réminiscence je revois une sanguine de Durer représentant des mains jointes. Au milieu de ce décor poussiéreux écrasé de soleil, il émane de cette main une splendeur sublime et farouche. Une bande de cuir brun luit autour du poignet et tranche sur la blancheur livide de la chair parcourue de veines plombées. Ce bracelet de force est le symbole des gladiateurs morts dans l’arène pour un combat sans dessein. Et, en l’espace d’un, ce poing incarne pour moi un idéal perdu dans ce pays incohérent. Avec des cordes nous descendons maladroitement la civière dans la profondeur de la fosse et des pelletées de terre ocre recourent le corps du légionnaire.

Ainsi finissent les héros pour qui l’Europe est trop étroite, perdus dans le grand chaos congolais. Aucun service n’a accompagné sa mort, les honneurs n’ont pas été rendus. Personne ne saura pourquoi il était mort, ni où son corps repose en paix.Les Congolais comblent la tombe. Denard arrive et salue.

Bumba, au confluent du Congo et de l’Itimbiri, offre le spectacle insolite d’une ville-poubelle régnant sur une immensité d’eau. Le fleuve, parsemé d’îles innombrables, arrache aux rives séparées de plusieurs kilomètres d’énormes mottes de terre qui partent à la dérive au milieu des jacinthes d’eau. Captivé par cette scène grandiose, je me laisserais bien aller à dire – paraphrasant Mac Mahon – ” Maï…, Maï… Maï…” mais mes compagnons n’en comprendraient pas l’ironie et je suis trop conscient du ridicule. Congo, ton nom magique a bercé les rêves d’aventure des grands enfants qui sont ici. Tu es l’artère nourricière de ce gigantesque pays. Ton cours coule, lent et puissant, vers les rivages atlantiques et sur tes flots boueux et gras glissent les antiques bateaux qui relient ton lit à Léo, la grande cité putassiere.

Nous restons une journée dans cette ville qui nous permet d’obtenir l’armement dont nous avons besoin, en particulier cinq petits blindés Ferret. Ils seront chargés de mener des ” reconnaissances par le feu ” : tirer sur tout ce qui pourrait receler un piège. Le lendemain, 7 juillet 1965 nous repartons vers Akéti avec en tête trois Ferret armées de Point 30 et en arrière-garde deux autres de ces automitrailleuses anglaises. J’embarque sur la Jeep-canon de l’adjudant Jansens qui commande désormais notre section. Nous sommes derrière les Ferrets qui ouvrent la route en tonnant et les trois Jeeps mitrailleuses qui straffent à chaque tournant. Bientôt la piste devient droite et les Ferrets nous distancent. Ayant perdu le contact, nous fonçons à vive allure pour les rejoindre. Les arbres au-dessus de nous se rejoignent en une voûte vert vif que transpercent des rayons de soleil éclatants. Debout à l’arrière de la Jeep, le visage fouetté par le vent je me sens bien dans ma peau et les fatigues des jours passés se sont entièrement dissipées. Je me laisse griser par l’air, la lumière la vitesse et éprouve un bonheur intense. Plus rien maintenant n’est important pour moi, si ce n’est ce sentiment d’orgueil d’appartenir à un petit groupe de desperados au milieu de l’immensité. Dans une joie violente et romantique je sens que nous sommes les derniers condottieri d’un vieux pays agonisant et dans ma tête résonne le son des charges des chevaliers de ma patrie.

Arrivés à Bunduki, nous nous installons au centre du village pour y passer la nuit. Courte nuit car à minuit des obtus de mortier explosent au milieu de la place, créant un moment de panique. Chacun essaie de regagner son poste tandis que des tirs de mitrailleuses claquent au loin. Au matin, après quelques kilomètres, une nouvelle embuscade fait un blessé katangais mais le tir des petits blindés oblige les mulélistes à lâcher aussitôt le terrain. Puis c’est un Ferret qui verse sur la piste, blessant encore un Katangais. Enfin, nous arrivons à l’endroit où nous avons enterré Vounx trois jours plus tôt. La scène est effrayante. Les restes de son corps sont étalés au bord de la tombe béante : les Simbas ont déterré notre camarade et lui ont coupé les cuisses et les testicules pour les manger. Mus par un sentiment d’horreur, Patrick et moi commençons à brûler les cases environnantes lorsque Denard accourt et nous donne l’ordre s’arrêter. Il a raison. Ce n’est pas ainsi que nous ferons revenir dans les villages les paysans cachés dans la brousse mais nous avons du mal à réfréner notre colère. Malgré l’odeur repoussante nous chargeons sur un camion les restes de Vounx et arrivons sans plus d’encombre à Akéti.

Bilan de six jours de combat : 4 morts et 9 blessés (dont 1 mort et 4 blessés seulement pour les Katangais). Comme après une embuscade nous n’allons jamais dans la brousse compter les pertes de l’adversaire nous ne savons les évaluer.

Mais un Européen prisonnier des Simbas que nous avons libéré à Buta, nous a dit les avoir vu revenir d’une attaque avec 62 blessés. Le fait de risquer sa peau donne encore plus de prix a une vie qui de terne devient magnifique, mais le prix bien cher payé… D’autant plus qu’après un premier virement, certains d’entre nous n’ont rien reçu depuis quatre mois.

Denard est reparti avec le reste de la colonne pour Buta, laissant au ” 1er lieutenant ” français Le Maout la charge de défendre Akéti avec moins de trente mercenaires et deux cents soldats noirs. Le Maout est un officier sympathique et un vrai militaire, ce qui est un bon présage pour la tenue de ce point stratégique sur la route de Bumba. La section de l’adjudant Jansens a été mise en ” position avancée “, chargée de protéger un terrain de football qui pourrait servir de terrain d’atterrissage à un hélicoptère. Sur un cote se dresse bientôt, à côté du drapeau congolais, le fanion du 1er Choc : un drapeau bleu foncé avec en son centre un triangle jaune dans lequel s’inscrivent les lignes rouges d’une tête de diable stylisée. Dans ce poste assez à l’écart du ” centre ” de la ville nous sommes huit Européens : quatre Français et quatre Flamands dont un seul parle français. Cette Proportion est extraordinaire au 1er Choc qui est avant tout un commando francophone et français. Nous avons avec nous cinq Katangais et quatre sections de Congolais soit une centaine de soldats commandés par leurs gradés.

Jansens est le fils d’un rexiste condamné à mort et qui s’était ” réfugié ” à la Légion. Il est grand, les cheveux blonds rasés, avec une moustache et de fines lunettes à monture métallique. Sympathique et compréhensif il parle très bien le français. Lorsqu’il est absent ou a une crise de paludisme – qui peut le bloquer pour deux jours – il me confie le commandement de la position ou son intérim aux briefings réunissant les officiers de la place. Les trois autres Flamands sont plus jeunes que la moyenne des mercenaires et nous sommes quatre Français du même âge : Patrick, Moutarde qui est l’humoriste de notre groupe, Simon et moi. Nous formons une bonne équipe et l’ambiance est excellente. Nous nous sommes installés à un des angles du terrain dans une villa vide avec une petite terrasse à laquelle on accède par quelques marches. Nous l’avons divisée en deux et avons donné l’aube moitié à nos Katangais. Cela a rendu jaloux les autres soldats congolais qui campent à la belle étoile aux trois autres angles du quadrilatère. Nous avons confortablement aménagé notre villa et y passons des moments agréables. A la tombée de la nuit je dors comme je ne l’ai jamais fait, immédiatement et d’un sommeil de plomb jusqu’au moment de la garde. Assez souvent il y a une fausse alerte à la suite de quelques coups de feu tirés par les sentinelles noires et je me réveille en sursaut frais et dispos: pour bondir à mon poste.

Akéti est une bourgade déserte qui a l’apparence d’une ville-fantôme du Far West, mais au milieu de la forêt équatoriale. Le ” centre ” est constitué d’une route bordée d’un côté par des maisons basses à minces colonnes de bois en façade. On accède à leur véranda en montant deux ou trois marches à partir de la rue. C’est dans l’une d’elle que le 1er lieutenant Le Maout a installé son Q.G. Son ” état-major ” a organisé à côté un bar ou trône un squelette en uniforme accoudé à une table devant un verre.

Ici, tout eu fresque appartenait à une grande société cotonnière, la Vicicongo, et on se rend compte quelle était la richesse du pays avant la rébellion et à combien de décennies en arrière la révolte des mulélistes a fait régresser le pays.

C’est un spectacle hallucinant que de se promener dans cette ville vide de ses habitants. Nous avons l’illusion d’en être les maîtres absolus, de tout pouvoir faire et même d’avoir le droit, si nous le souhaitions, de tout prendre. Nous sommes parcourus par un sentiment d’émerveillement et de puissance. A la gare, tout est à l’abandon : de la locomotive ultramoderne aux chariots élévateurs. D’énormes hangars sont déserts, d’autres à moitié plein de coton et de café. Des magasins gigantesques sont remplis d’objet utilitaires : par centaines des scies, marteaux, clous, rouleaux de fil électrique, ampoules, pelles, pièces détachées etc. C’est fanatique! Nous nous servons à volonté en fonction de nos besoins.

En découvrant la bibliothèque ” municipale ” je crois plonger dans une caverne d’Ali Baba. Elle est immense! Des centaines de livres ont été jetés à terre. Mais des milliers sont restés sur leur rayonnage, ranges en bon ordre. C’est extraordinaire, il suffit de se servir ! Je trouve mon bonheur en mettant la main sur des bouquins que je souhaitais lire depuis des années : La corrida de Michel Déon, et deux livres extraordinaires d’auteurs allemands de l’entre-deux-guerres. Les Reprouves, d’Ernest Von Salomon, est le récit épique des combats menés après la défaite de 1918 sur les marches baltes de l’Empire allemand par les Corps francs. Destin allemand, de Kasimir Edschmid est un livre qui correspond tout à fait à notre situation : il relate l’histoire d’officiers qui, à la fin de la Grande guerre, vont se mettre au service de généraux sud-américains.

Ces lectures réveillent en moi le romantisme qui s’était assoupi. Sur la terrasse la nuit, sous un ciel scintillant d’étoiles, nos voix trouent le silence en écho pour évoquer un vieux songe. Mercenaires des nations d’Occident, creuset de la nouvelle Europe, nous nous imaginons marteler d’un pas lourd et cadencé les pavés des Champs-Elysées. Les fifres et les tambours résonnent et nous remontons l’avenue sous les acclamations des foules…

Si la ville est assez agréable, le paysage est tristement plat. Et comme Akéti est prisonnière de la forêt qui dresse un mur d’arbres autour d’elle, on ne jouit d’aucune perspective. Seuls les bords du fleuve, où nous allons chaque jour chercher de l’eau ont un certain charme mais laque recouvre tout. C’est en effet la saison des pluies qui va continuer jusqu’en novembre et la gadoue, le potopoto se répand partout.

Nous sommes à peine arrivés depuis cinq jours que nous partons en ” opé” à 4 heures du matin attaquer un camp rebelle situé à 8 kilomètres de nos positions. Nous sommes une dizaine d’Européens et une vingtaine de Congolais sous le commandement du lieutenant Le Maout. Toujours inquiet de ne pas avoir assez de munitions, je pars chargé d’un véritable arsenal : en plus de mon Fal, huit chargeurs, soit 160 cartouches, une grenade offensive, un grenade défensive Mills, une blindicide Energa et ma baïonnette-poignard. Tout cela pèse lourd.

La patrouille s’enfonce à pied dans la brousse. Au début la jungle n’est pas très haute mais cependant très dense : des broussailles de deux à trois mètres et des arbustes très épais. Au-dessus de ce fouillis, des palmiers assez espacés et, de temps à autre, des arbres d’une vingtaine de mètres. Le taillis est tellement touffu que l’on ne voit rien à plus de cinquante centimètres sur les côtés du sentier taillé dans la végétation. En s’enfonçant dans la brousse, la forêt se densifie et les arbres deviennent de plus en plus nombreux. Les pluies ont détrempé le terrain et, partout, une boue grasse rend la progression difficile. Par endroits, le potopoto fait place à un sol spongieux dans lequel les bottes s’enfoncent en émettant des gargouillis, L’air moite est poisseux d’humidité et le sous-bois imprégné d’une odeur écoeurante de végétaux pourris.

A l’aube, nous traversons à gué une petite rivière. Une lumière douce commence à filtrer à travers la voûte des arbres, baignant l’air d’une pâleur verdâtre. Un premier rayon éclaire l’eau limpide qui glisse sur le gravier doré. Une petite plage de sable blanc apparaît au milieu de la boue. Des fleurs aquatiques dessinent des taches blanches dans la pénombre du cours d’eau. Pas un bruît pas un souffle d’air. Une atmosphère de paix profonde imprègne les alentours. Bientôt nous avons de l’eau jusqu’à mi-cuisse et, pataugeant, je la sens chatouiller mes pieds dans les godillots. Elle est fraîche et claire et je pense à celle de Papali, le petit moulin près de Ribérac, en Dordogne, où j’allais pêcher enfant. Le lieu est bucolique mais on ne peut trouver mieux pour tendre une embuscade! Nous restons pourtant ” relaxes ” car nous sommes encore à deux ou trois kilomètres du village que nous voulons surprendre : sur les longues distances, on risque de se claquer les nerfs à être constamment sur ses gardes. D’ailleurs une embuscade est presque impossible à déceler lorsque l’on est dans les matiti. Elles se referment derrière vous et vous encerclent de tous côtés. Ce qu’il faut, c’est réagir très vite. Dès le premier coup de feu adverse, tirer à sort tour, se baisser et se mettre en position défensive. Nous progressons en file indienne derrière Le Maout qui ouvre la marche. Bientôt le sentier débouche sur une clairière où les indigènes cultivent le maïs non loin de leurs cases. La tête de la patrouille entre dans le village désert. Tout à coup, un feu d’enfer s’abat sur les hommes de tête. Le crépitement rapide et saccadé des rafales d’armes chinoises brise le silence. Le lieutenant est touché à la jambe et les premiers volontaires battent en retraite précipitamment en le portant. Les Simbas nous ont entendu arriver et nous ont tendu un piège. Tandis que les nôtres se mettent en positon et ripostent, un vétéran coupe des branches et fait un brancard de fortune. Le Maout a reçu une balle dans la cuisse. Avant qu’on ait pu lui faire un garrot avec une ceinture, il a déjà perdu beaucoup de sang. Il fait preuve d’un courage incroyable, alors qu’il a la jambe pour ainsi dire éclatée. Nous nous relayons pour porter la civière. J’avance sans sentir le poids en courant presque sur le sentier. La boue nous fait glisser trébucher mais nous savons qu’il faut faire vite. De temps à autre nous nous arrêtons pour reprendre souffle et desserrer le garrot. Le lieutenant est blême et il se mord les lèvres. La chaleur commence à être lourde mais je ne sens pas la fatigue. Nous continuons à nous relayer pour aller plus vite. Par trois fois je reprends la civière, ahanant et fléchissant sous le fardeau. Il n’y a plus rien d’idyllique sous nos yeux, seulement de la boue et du sang, et notre chef qui commence à perdre connaissance. La progression est ralentie par la rivière et les ruisseaux boueux. Les hommes de tête sont partis en éclaireurs annoncer la nouvelle au Q.G. et prévenir le médecin mercenaire espagnol. Lorsque nous arrivons, Buta a déjà été avertie par radio. Mais en notre absence Akéti a été attaquée par les rebelles. Quelqu’un les aurait-il prévenus de l’opération? A 16 h, un hélicoptère se pose sur le terrain de foot pour repartir avec Le Maout. Nous avons bon espoir, il va s’en sortir. Je confie mes lettres à l’hélico.

A la rotation suivante, l’hélicoptère nous apporte du courrier. Mon frère cadet m’envoie des dessins qui font l’envie de mes camarades et sa prose est chargée d’affection et d’admiration. Une lettre de mon père m’est également distribuée. Comme d’habitude, il juge les événements avec coeur et lucidité :

” Mon cher Pierre,

Le récit de la marche sur Bumba et du retour magique m’a ému profondément. La mort de Vibert, la blessure de Le Maout, me montrent que cette guerre est beaucoup plus meurtrière que ne voulait bien le dire Berthoumeau et que vos pertes sont sévères. Tu as du voir des choses terribles et je suis heureux que tu te montres courageux. Tes lettres sont extrêmement vivantes et elles pourront te servir plus tard… Je les conserve soigneusement! (…) J’ai été très impressionné par le récit de la blessure de ton camarade Royat et par le courage exceptionnel qu’il a montré. Cela prouve qu’il y a encore des types bien en France. Mais je trouve le bilan extrêmement lourd pour une opération qui en somme a été un échec. J’ai l’impression que la guerre au Congo ressemble beaucoup à celle du Viêt-Nam, et que les Blancs, comme au Viêt-Nam les Américains, vont commencer à supposer tout le poids des opérations. Déjà, en Indochine, les mines faisaient des dégâts terribles. La tactique des Simas, qui consiste à tendre des embuscades et ensuite à s’enfuir dans la brousse, est évidemment excellente et on se demande comment vous pourrez en venir à bout. Tant qu’ils auront la population pou eux, la victoire sera difficile. Vous ne pourrez tenir que dans des points fortifies, en laissant à l’armée nationale, comme au Viêt-Nam, la charge de ” pacifier ” le pays, chose qui ne peut se faire si on n’a pas la population avec soi. Que vaut l’année nationale? Tout est là. C’est absolument comme au Viêt-Nam. Mais je ne veux pas te dire des choses qui te donneraient mauvais moral puisque d’ailleurs je vois que votre armement a augmenté. L’aide de l’aviation n’est pas négligeable et de petits blindés de reconnaissance vous serviront beaucoup. Mon cher fils, sois courageux et ne te dégonfle jamais. A la guerre, ce sont souvent les dégonflés qui se font tuer. (…) Je t’embrasse de tout mon coeur. Sois digne du nom que tu portes. Je ne t’en dis pas plus. Mais il me tarde que tu reviennes. Toute la famille se joint à moi pour te dire toute notre affection.

L-M. Chassin “

 


A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

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