OPS Congo – Témoignage Pierre Chassin

 

 


Chapitre 11 – BAROUD POUR UNE AUTRE VIE
De Pierre CHASSIN, préfacé par Georges Fleury. Jean Picollec, 2000.
Extraits du livre de Pierre CHASSIN, 3 chapitres conscarés à son expérience au Congo.

BAROUD POUR UNE AUTRE VIE, Chapitre XI,Cobra du Katanga au Kivu.

Kamina (Katanga), le 1er septembre 1965.

Sous le soleil brûlant de midi, au milieu de la rue de terre battue, trois Congolaises trottinent de leur démarche chaloupée. Elles marchent en traînant les pieds légèrement en canard et en faisant rouler leurs hanches. Elles gazouillent entre elles en nous regardant à la dérobée. J’ai surnommé les filles du pays ” les spoutniks “. Leurs cheveux, peignés en petites tresses durcies par quelque onguent, se dressent au-dessus de leur tête comme de petites antennes. Cette coiffure n’a rien de particulièrement gracieux, mais leur dorme un air mutin.

Nous sommes arrivés à Kamina il y a une semaine, après être passés par Buta et Stan pour faire quelques sauts d’entraînement avant l’opération aéroportée qui doit permettre de délivrer des otages encore détenus par les rebelles.

Denard veut en faire une opération emblématique du 1er Choc et a sélectionné une petite ” élite ” parmi ses hommes. Quelques gradés et volontaires viendront cependant d’autres unités. A la quinzaine de mercenaires partis avec nous d’Akéti se sont joints ceux de Buta. C’est le lieutenant Roger Bruni qui en prend le commandement. Toujours tiré à quatre épingles il veut que nous fassions honneur au 1er Choc par une tenue impeccable qui puisse impressionner l’état-major de la 5e brigade mécanisée de Stanleyville. Nous touchons donc des tenues neuves qui sont recoupées par un tailleur : pantalon et chemise vert foncé aux boutons représentant une tête de lion rugissant écusson du 1er Choc à la tête de diable sur une épaule, badge ” Commando ” sur l’autre épaulette rouges avec la grenade d’or, béret amarante avec l’insigne des parachutistes français bottes paras. Plus rien à voir avec la bande de pirates hirsutes de Pauli !

Bruni a été rejoint par d’autres officiers : les lieutenants Henri Clément, Marc Goosens et Mahauden. J’ai la joie de retrouver Henri que je n’avais que brièvement aperçu lorsque, passé officier-payeur après sa convalescence il était venu nous régler la solde en francs congolais. Encore très traumatisé par sa blessure qui lui avait laissé des éclats de blindicide dans la tête il m’avait alors à peine reconnu. Ce sont maintenant de vraies retrouvailles et son sérieux, son courage et son calme sont des atouts de poids pour l’opération projetée. Marc Goosens est un Flamand très populaire parmi nous tous. C’est un colosse bon enfant qui pèse plus de cent kilos, un Porthos toujours prêt à rire, à boire une bière et à se battre. Vétéran de la sécession katangaise, il avait formé au début de l’année un groupe autonome de mercenaires belges qui a été intégré au 1er Choc de son ami Bob. Quant au lieu- tenant Mahauden, c’est un Belge né au Congo dont il parle couramment plusieurs dialectes.

Arrive à Stanleyville je vais m’incliner sur la tombe du lieu- tenant Vibert. Sa sépulcre n’aurait pu être plus sommaire : un simple tasse terre au-dessus duquel se dresse une croix de bois et ce dénuement est rendu encore plus poignant par les herbes folles alentour. Bientôt la forêt aura repris ses droits et les dernières traces de mon chef de section auront à tout jamais disparu. Dulce et decorum est pro patria mori, il est doux et beau de mourir pour la patrie, disait Horace, mais qu’il est triste et idiot de mourir pour le Congo…

A Stan nous passons sous le commandement du commandant belge Bottu qui doit diriger notre groupe sous le nom de code ” Force Cobra “. C’est un ancien de Corée, mais sa minceur et sa voix fluette jouent en sa défaveur et nous incitent à penser qu’il ne fait pas le poids. Nous sommes quarante-trois sous ses ordres transférés à Kamina, dans le Nord Katanga. Les Belges ont construit sur ce plateau en pleine savane une immense base à 1 200 mètres d’altitude. C’est ici qu’ont atterri l’année dernière les C130 américains en provenance d’Ascension avec les parachutistes belges qui ont sauté sur Stanleyville.

Notre ” stage ” de parachutisme va être dirigé par des moniteurs congolais supervisés par deux officiers israéliens. En effet, le général Mobutu est allé avec 200 autres militaires congolais effectuer un stage de parachutisme en Israël en 1963 et a obtenu depuis lors l’aide des Israéliens pour former des parachutistes congolais. Il songe à se constituer une garde prétorienne de pars sous les ordres du lieutenant-colonel Ikuku. Nous effectuons une dizaine de sauts a partir de Dakota de la Force Aérienne Congolaise avec tout notre équipement Nous avons touché de nouveaux fusils automatiques Fal à crosse pliable qui prennent moins de volume pour sauter. Je fais par contre des sauts avec une mitrailleuse et ses munitions dans le ” leg bag ” et me félicite d’être toujours aussi léger car l’air chaud porte beaucoup moins bien qu’en Europe. Plusieurs mercenaires ont de gaves accidents : l’un à la colonne vertébrale atteinte un autre reste impotent avec les jambes paralysées et trois autres sont blessés plus légèrement.

A ces accidents s’ajoutent les bagarres. Kamina est une grande ville où vivent encore de nombreux Européens. Les femmes blanches aiguisent notre convoitise et nous bénéficions du privilège de l’uniforme et de l’auréole des guerriers. Tout ceci ne plaît pas aux maris, en particulier aux Grecs d’autant plus que nous buvons sec. Un soir, une violente bagarre se déclenche et tourne vite au pugilat. Marc Goosens, qui a bu force bières fait tourner son énorme poing de bas en haut comme une masse d’arme et fonce dans la bataille avec son quintal de chair et de muscles. Alain, un colosse français, assomme les Grecs à coups de poing tandis que son acolyte Gerardini les envoie au tapis à coups de boule. Larapidie les frappe de crochets du droit au point de se casser les métacarpiens. Subitement le colonel congolais commandant la base et son adjoint interviennent. Ils ont le tort d’user de termes racistes pour essayer de nous calmer et sont immédiatement passés à tabac sous le regard indifférent des soldats de la police militaire katangaise. Ceux-ci n’osent intervenir. Qui plus est le ” colon ” n’est pas de leur ethnie et il a acquis une réputation d’emmerdeur !

Les Katangais sont en effet fiers d’appartenir à la province La plus riche du Congo. Ils restent toujours aussi sourcilleux de son autonomie, et cela d’autant plus que Moïse Schomberg, leur idole, est maintenant Premier ministre de la République démocratique du Congo.

Perché sur ses hauts plateaux le Katanga est un pays sauvage et magique. Goosens et Mahauden qui connaissent bien 1a région emmènent le commando s’entraîner sur les bords du lac de Kiloubi à une centaine de kilomètres de la base de Kamina. Le paysage est splendide et nous avons l’impression de faire du scoutisme en simulant une opération de débarquement en maillots de bain sur nos Zodiacs. Je dors à même le sol d’un sommeil d’enfant. Ce sont de grandes vacances et de mercenaires, nous nous sommes mués en boys scouts !

Finalement, nous sommes brevetés ” parachutistes congolais ” au moment où l’opération aéroportée est décommandée les rebelles ayant transféré leurs otages dans un autre endroit plus secret. Au bout de trois semaines notre effectif a d’ailleurs fondu à 17 mercenaires à la suite d’accidents, de démissions et des fins de contrat. Ce qui reste du commando est rebaptisé Groupe Cobra et envoyé au Kivu sous les ordres d’un seul officier, le commandant Bottu.

En effet, si dans le nord-est les rebelles ont subi des revers importants, ils sont au contrais très actifs dans l’est, au Kivu. Ravitaillés en armes à partir de leurs bases arrière de Tanzanie, ils ont reçu l’appui d’une centaine de militaires cubains noires partis secrètement de La Havane sous le commandement d’Ernesto Guevara. Le Che, qui s’ennuyait ferme à Cuba comme ministre de l’Industrie a convaincu Fidel Castro que les révolutionnaires marxistes devaient ouvrir un ” second front ” en Afrique pendant que les Américains combattent le communisme au Viêt-Nam.

Les rebelles sous la direction politique de Laurent-Désiré Kabila contrôlent la région montagneuse dite de ” Fizi Baraka ” (entre Bakara au nord et Fizi au sud) et ils sont très bien approvisionnés. Les armes sont transportées par des cargos chinois jusqu’à Zanzibar et de la gagnent Dar-es-Salaam puis sont acheminées par le chemin de fer de Tanzanie à Kigoma pour traverser en pirogues le lac Tanganyika. Les Sud-Africains, partis d’Albertville (encore plus au sud) et débarqués pour partie de bateaux, viennent de s’emparer du village de Fizi situe à l’intérieur des terres, à la hauteur de la grande presqu’île qui s’enfonce dans le lac. Le “Fifth codo” contrôle désormais un noeud routier important. Mais à l’extrémité nord du lac Tanganyika, Uvira, tenue par les forces gouvernementales, est pratiquement encerclée par les rebelles. Une colonne venue ravitailler les troupes de l’A.N.C. vient d’être sérieusement accrochée. Les maquisards sont maintenant à une quarantaine de kilomètres de Bukavu, chef-lieu de la province du Kivu, et menacent cette grande ville. Ils s’en étaient emparés en 1964 avant d’être refoulés par les guerriers Bashi qui leur auraient inflige des pertes importantes – on avance des chiffres situés entre 4 000 et 10 000 morts -. Notre mission consiste donc à rejoindre Bukavu puis à descendre vers Uvira pour nettoyer la région et faire la jonction avec les Sud-Africains venant du sud. Nous prendrons ainsi les rebelles en tenaille.

Nous sommes transportés en avion jusqu’à Goma à la frontière du Ruanda, au nord du lac Kivu, situé à 1 500 mètres d’altitude au sud du massif du Ruwenzori. De là nous traversons le lac Kivu en bateau puis faisons un crochet en territoire ruandais pour rejoindre Bukavu. Nous nous engageons au milieu de collines que l’on pourrait imaginer être en Suisse tant l’herbe y est verte et le climat tempéré. Seuls les superbes troupeaux de bétail à la robe sombre et aux immenses cornes dressées, et leurs pasteurs tutsis drapés dans leur longue couverture nous rappellent que nous sommes au coeur le plus profond de l’Afrique. Puis en regagnant le Congo nous rentrons dans le Kivu. Notre camp est près de Bukavu à quelques centaines de mètres de la frontière du Ruanda et à quelques dizaines de kilomètres de la petite ville ruandaise de Cyangugu.

Perchée sur des collines au-delà du lac, Bukavu est une ville splendide et verdoyante, la première vraie ville où il fait bon vivre. L’agglomération regroupe environ 150 000 habitants dont 1 500 Belges et ressemble à une cité balnéaire.

Le 7 octobre au milieu de la nuit nous partons ” ouvrir ” la route d’Uvira. Le groupe Cobra a obtenu de nombreux véhicules. Tous les mercenaires sont sur des Jeeps-mitrailleuses ou sur le Ferret. En tête l’automitrailleuse de reconnaissance avec au volant un Katangais et a la Point 30, Joseph. Ce Belge, à la stature athlétique, s’est fait une réputation de baroudeur que ses multiples tatouages tendent à conforter. Sur sa poitrine s’étale une immense pieuvre avec autour en lettres bleues : ” Ne pour souffrir ” et ” Face au danger”. Son avant- bras droit est couvert d’insignes tatoués tandis que le gauche proclame au-dessus d’une entrée de prison : ” Pas de chance *. Il connaît la région comme sa poche et va poser la nuit des mines antichars dans les passages où les hippopotames remontent du lac pour aller brouter l’herbe de la rive. Puis vient la Jeep de Daniel Larapidie, le plus ancien d’entre nous, avec à son bord Patrick Bordes. Pour ma part, je suis mitrailleur sur la deuxième Jeep, assis en hauteur derrière une imposante tourelle, avec à l’avant Desblé et Girardey. Suit la Jeep-radio de Bottu avec Delarue comme radio et Thorez en voltigeur. Enfin viennent les autres mercenaires : Norbiato, l’athlétique ” fasciste ” italien le para français Seren-Rosso, l’ancien policer Négri. le gros Germain, Nogeira l’Apollon portugais qui ne pense qu’à rentrer chez lui sur la frontière angolaise chercher les diamants tapis dans une courbe du Kasaï, Italo le petit teigneux qui a un avant- bras en forme d’arceau après avoir été mal plâtré par le médecin de Buta et qui ne peut regarder son bras sans avoir envie de tuer l’ Espagnol, et enfin Vanstelan le “Chinetoque “. Ce dernier, ancien de Corée, est le plus caricatural d’entre tous. Ses yeux plissés sous le soleil lui dorment un air de mandarin qu’il prend plaisir à cultiver en gardant les moustaches pendantes et un petit bouc en pointe. Toujours bardé de munitions et de grenades, le pistolet et le poignard à la ceinture, il se promène rarement sans son casque et une mitraillette chinoise à chargeur en banane. C’est lui qui un jour, alors qu’il état mitrailleur du Ferret, dans une crise d’épilepsie alcoolique, se mit à tirer n’importe où. À part ça, c’est un brave gars! À ceux-ci s’ajoutent, commandés par Leleu, un Belge grand et mince, deux ou trois Européens venus du Codoki – Commando du Kivu -. Ce sont des anciens du commando fondé par le légionnaire Kowalski et composé d’anciens colons de la région. Suivent enfin dans des camions les soldats noirs, katangais et paras congolais.

Nous allons intervenir dans une région en effervescence depuis 1962, date à laquelle les Belges, sous la pression de l’O.N.U., ont donné l’indépendance aux territoires du Ruanda-Urundi. Administrés par la Belgique sous mandat de la S.D.N. depuis la Première Guerre mondiale, ces territoires sont peuplés de Tutsis, de Hutus et de Twa. Les Tutsis éleveurs-guerriers filiformes aux traits remarquablement fins, sont descendus des hauts plateaux d’Abyssinie entre le XVème et le XVIIIème siècle. Les Hutus sont les agriculteurs bantous qui avaient eux-mêmes supplanté les pygmées – devenus les Twas – . Après la proclamation de la République du Ruanda les Hutus se sont révoltés contre leurs féodaux tutsis et se sont empressés de leur couper les jambes à la scie égoïne pour les ramener à l’égalité démocratique. Ces troubles insurrectionnels poussent les Hutus du Royaume du Burundi voisin à contester l’autorité du souverain tutsi…

Nous faisons une partie du chemin en passant en territoire ruandais puis nous traversons la Ruzizi pour revenir au Kivu. Nos véhicules se dirigent vers le sud et prennent la route qui longe cette rivière, frontière naturelle entre le Congo et le Ruanda puis le Burundi. La plaine de la Ruzizi est une région très plate sur laquelle ne poussent à perte de vue que des herbes à éléphant et des euphorbes candélabres dont les branches dressées vers le ciel font ressembler aux cactus du Nouveau-Mexique. De-ci de-là un arbre et sous le premier que nous rencontrons, la carcasse d’un avion aux armes de l’O.N.U., vestige des combats que l’organisation internationale a menés, contre la sécession katangaise quelques années plus tôt. Nous arrivons bientôt à la raffinerie de calmes à sucre de Kiliba où la Sucraf exploitait un complexe sucrier. Nous y prenons en charge le 13e bataillon de l’A.N.C. que nous devons escorter jusqu’ à la “ville” d’Uvira et le ” port ” de Kalundu à la pointe nord du lac Tanganyika. En arrivant à Uvira nous apprenons que les rebelles ont attaqué lier la ville. Ils se sont approchés l’avant-veille à la tombée de la nuit sont restés tapis dans les matiti à trente mètres des lignes gouvernementales jusqu’au petit jour et ont attaqué à l’aube. Par chance les soldats de l’A.N.C. de garde ne dormaient pas. Les rebelles ont été durement repoussés et ont eu 27 morts. Avec Négri je vais inspecter le terrain et nous découvrons des corps dans des uniformes vert olive qui gonflent déjà au soleil. L’un d’eux brandit vers le ciel un énorme sexe et Négri m’explique qu’il s’agit d’une réaction ‘ e au moment de la mort qu’ont généralement les pendus. L’odeur est insoutenable et je rentre vers le camp en faisant savoir que le nombre d’ennemis tués qu’on nous a indiqué me semble exagéré. Leleu, qui est en pleine discussion avec les Congolais du poste dont il parle couramment la langue nous explique alors qu’il est normal que nous n’ayons pu dénombrer que 27 cadavres : les soldats en ont déjà mangé plusieurs avant qu’ils ne faisandent…

Lorsque nous arrivons à Kalundu le petit port est entière- ment dévasté et le spectacle est affligeant. C’est une position extrêmement difficile à défendre un entonnoir coincé entre le lac et la montagne et entouré de pentes très escarpées.

Nous nous préparons à faire une reconnaissance des lieux et formons une patrouille. En tête quelques Européens puis une dizaine de soldats noirs suivis par quelques mercenaires et enfin d’autres Congolais. Je mène le second groupe de volontaires juste derrière les soldats de l’A.N.C. Comme mon groupe traîne un peu, je m’arrête une dizaine de secondes pour attendre le volontaire qui me suit. Je vois les trois soldats qui me précèdent s’écarter du chemin pour examiner quelque chose. Ils n’ont pas fait deux mètres qu’une explosion effrayante retentit. Devant moi, dans une gerbe de poussière, trois corps sont projetés en l’air. Ils retombent au sol en hurlant. Je me précipite et suis saisi de stupeur : l’un a les deux jambes sectionnées à la hauteur des mollets. Le second un pied arraché et le troisième gît au sol défiguré un trou noir et sanglant à la place d’un oeil. Larapidie qui était infirmier dans les parachutistes en Algérie, accourt, met des garrots, administre de la morphine et les panse de son mieux. A défaut de civière, ils sont transportés chacun sur une tôle ondulée jusqu’à l’un des camions. Un des soldats est très jeune. Abruti par le choc il contemple d’un air absent son moignon recouvert de pansements sanglants. Plus jamais il ne pourra courir. Il ne sait pas que ses deux camarades et lui-même vont mourir avant la nuit. Ils ont sauté sur une mine posée par l’armée congolaise avant de déguerpir. Mais, sans plan de minage plus personne ne sait grand Dieu où !

En fin de matinée nous repartons pour Bukavu avec les blessés, laissant la garde de Kalundu au 13e bataillon congolais. Des le milieu de l’après-midi, les soldats de l’A.N.C. décrochent et rentrent à Uvira…


A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

OPS