OPS Congo – Echec à l’Armée Populaire de Libération

Le lendemain, les Belges internés à l’hôtel des Chutes assistèrent à l’arrivée du Lieutenant Général OLENGA dans sa jeep, toutes sirènes hurlantes. Il bondit hors du véhicule et s’en prit violemment au consul NOTHOMB et à son adjoint DUQUE qui furent maltraités sous prétexte qu’un message intercepté citait le Colonel belge DECOSTER comme chef des opérations militaires contre l’APL dans le Kivu. .

Le consul NOTHOMB fut emmené à Radio Stanleyville et forcé de lire un message adressé au gouvernement belge. Face à l’offensive de l’ANC qui se mettait en place, le commandant en chef l’Armée Populaire de Libération réagit par une mesure totalement inhumaine : il ordonna par message radio aux différents secteurs d’opérations de mettre en résidence surveillée les Européens, adultes ou enfants et les missionnaires catholiques ou protestants.

A Kindu, le major TSHENDA fit garder en lieu sûr les Américains et les Belges qui devaient être exterminés en cas de bombardement. Le QG rebelle d’Ops Kindu fut averti par un télégramme de Stanleyville que ses troupes devaient s’attendre à une attaque tshombiste dans les deux jours. Le chef d’EM Oscar TSHENDA demanda par radio au Col. OPEPE « d’envoyer de toute urgence 50 caisses de munitions, car l’attaque ennemie était très forte ».

Le besoin de renforts se faisait sentir sur tous les fronts et le président GBENYE adressa la note N° 0464/CAB /PRES/64 à Monsieur le ministre de la Défense Nationale concernant le recrutement de Simba ; « J’ai l’honneur de vous transmettre en annexe, pour recrutement dans l’APL, la liste des membres de la Jeunesse MNC/L, section zone Lubuya-Bera, recommandée par le Comité Provincial du MNC/L à Stanleyville ».

Ces « Jeunesses MNC/L» étaient des adolescents dévoyés qui n’obéissaient qu’à leur chef de bande. Ils démontraient une grande agressivité envers les Occidentaux et se montraient particulièrement cruels lors des exécutions publiques. Ils formaient les troupes de choc de l’APL qui furent envoyées en renfort sur le front après avoir été baptisées par les sorciers et droguées au chanvre et ils payèrent un lourd tribu à la révolution lors des combats. Leur cri de guerre « Mulele maï » et leurs Dawa qui changeaient les balles en eau impressionnaient peu les mercenaires de l’ANC.

Les Européens de Kindu furent rassemblés au camp militaire et mis au cachot peu avant l’arrivée de l’ANC. Les Simba avaient l’ordre de les exécuter, mais des soldats de l’APL, transfuges de l’ANC, s’y opposèrent. Ils furent libérés le 5 novembre 1964 à l’aube par les hommes du peloton Béro, avant-garde de la colonne de l’Ommegang « Lima I ». Elle s’était mise en route le 1er novembre 1964 et son avance fut tellement rapide que le Lieutenant-Colonel LIEGEOIS prit la ville par surprise malgré l’arme secrète d’Ops Kindu, la sorcière Mama Marie ONEMA qui monnayait ses « dawa » à la rébellion depuis le début de la révolte. Elle déserta la cause des simba lors de l’arrivée de l’ANC sous prétexte que le Général OLENGA ne lui avait pas payé un super « dawa » de 20.000 $ (elle n’en avait reçu que 13 $).

Le commandant en chef de l’APL était sans doute trop pressé de s’enfuir, car on retrouva sa Mercedes noire avec son képi sur le siège arrière et le chauffeur tué au volant. L’aérodrome fut capturé et les avions de transport C-130E et DC-3 y apportèrent du ravitaillement. Aux débandes de l’APL à l’ouest et à l’est du pays, s’ajoutait cette nouvelle défaite pour les Simba. Ils n’avaient sans doute pas lu le paragraphe traitant de la Défense dans le projet d’action du CNL qui disait : « En cas de panique, les combattants doivent se replier sur une position antérieure et non pas abandonner le champ (de bataille). A ce sujet, le conseil de guerre devra se montrer sévère ».

Le 6 novembre, le Col. OKITO donna pour mission au Lt MUKUNGU de rejoindre le 19ème Bn Infanterie de l’APL au camp Lubulubu de Kindu avec un renfort de deux adjudants et de cent Simba, mais le pauvre n’y arriva jamais, car sa colonne rencontra en cours de route les bombardiers B26K du WIGMO en patrouille.

Au moment de la création de l’Ommegang, le col MARLIERE, conseiller du général MOBUTU au QG/ANC, avait établi une directive opérationnelle consistant en une offensive principale dirigée contre Stanleyville et des zones d’opérations secondaires confiées au différents Groupements ANC pour obliger les rebelles à disperser leurs forces. Dans le 2ème Groupement du Lt-Col. MONYANGA, l’équipe du major GENIS de l’Assistance Technique et Militaire Belge conseilla le major ITAMBO du secteur d’opérations « Ops Nord » installé à Bumba et celle du Lt-Col. LEMERCIER conseilla le major DEMOLE à Boende. Le major DEMOLE considéré comme un fonceur par le général MOBUTU (« c’est notre PATTON ! » disait-il), resta prudemment à l’arrière pendant que ses troupes parvenaient à Ikela le 6 novembre avec l’appui aérien des T6G de la 21ème escadrille d’Appui Tactique et forçaient le Major BOMISI à fuir vers Opala avec ses Simba. .

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

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