OPS Congo – Echec à l’Armée Populaire de Libération

Nouvelles défaites de l’APL

Le 7 octobre 1964 fut un jour noir pour les rebelles simba : Uvira, ville symbole avait été reprise par les forces régulières. Avant de rejoindre le QG d’Ops Kindu par la route pour préparer une troisième attaque sur Bukavu, le général OLENGA préleva 180.000.000 de Francs Congolais à la banque nationale, ce qui déclencha un conflit larvé avec Gaston SOUMIALOT. L’offensive prévue débutait plutôt mal, car le Quartier Général d’Ops Kindu lui apprit la destruction à Walungu de 28 camions par l’aviation. De nombreux Simba avaient été tués. Les communications entre Stanleyville et Kindu passaient par le réseau du CFL sous contrôle rebelle et le lieutenant général OLENGA envoya un télégramme au colonel OPEPE pour le faire diffuser par Radio Stanleyville : « Ordre officiel – Si un avion OTAN bombarde et tue la population civile, prière tuer deux étrangers pour chaque Congolais mort de votre région ».

Le lendemain 8 octobre, le général OLENGA se plaignit par radio à son second le colonel OPEPE, chargé de s’occuper du ravitaillement des opérations: « Je vous ai demandé des munitions depuis trois semaines, pas de réponse; j’ai demandé une situation d’armement, aucune suite; êtes-vous là pour l’honneur ou bien pour faire la guerre ? Envoyez d’urgence deux compagnies à Punia et Lubutu avec munitions pour déjouer les manoeuvres de l’armée impérialiste ». Par soucis de sécurité, il ajoutait à certains messages de ne pas lui répondre, car l’ennemi écoutait ! .

Le 10 octobre, le ministre de la Défense Gaston SOUMIALOT demanda des explications au général OLENGA sur les causes de la chute d’Uvira aux mains de l’ANC, ce qui entraînait une rupture de la ligne de ravitaillement des rebelles. Il demandait également un rapport sur la perte des 28 camions détruits par l’aviation à Walungu : « Nous risquons de perdre l’avance sur la totalité de Bukavu suite à la destruction des moyens de transport. Vous devez savoir commander et ne pas faire des pertes de vies humaines et de matériel ».

A Stanleyville, les officiers du QG du 3ème Gpt de l’Armée Populaire de Libération vivaient comme en temps de paix et les demandes de renforts ou de munitions adressées par les divers fronts n’étaient pas toujours suivies d’effets. Le Lt-Col. OKITO, officier S3, ne savait où donner de la tête, car il devait trouver des nouvelles recrues et des camions de transport pour diriger des colonnes de renforts vers les divers fronts. Il était quasiment impossible de dresser un ordre de bataille de l’APL, car les commandements des secteurs opérationnels n’hésitaient à se substituer l’un à l’autre dans la plus grande confusion.

Dans le nord du Kivu, l’ANC regagna peu à peu le terrain perdu et le chef rebelle d’Ops Mambasa demanda des troupes et des munitions à Stanleyville, car Butembo était attaquée par la colonne ANC d’Ops Kivu. Le 14 octobre, le ministre de la Défense Gaston SOUMIALOT envoya un message au chef d’Ops Mambasa pour le réconforter : « La victoire finale de la république populaire est prévue pour la fin de l’année à condition d’appliquer stricte économie, sûreté, discipline sévère et emploi efficace de la radio ». Le major LUKALE du QG de Kindu alerta par télégramme officiel le Col. OPEPE à Stanleyville et le général OLENGA en déplacement à Paulis, car les troupes prévues pour l’opération sur Luluabourg refusaient de rejoindre leur poste faute du paiement de leur solde, « Prière de prendre décision urgente » Une délégation avait quitté Kindu pour réclamer vingt millions de FC à Stanleyville .

Depuis l’échec de l’offensive vers Luluabourg, « Ops Kasaï» avait du mal à redémarrer. Il en était de même pour « Opération Katanga ». Le Lieutenant-Colonel Norbert INGENDE d’Ops Bunia réclamait des simba pour renforcer l’attaque sur Goma et annonçait la capture d’une voiture blindée à Butembo. Le QG du 3ème Gpt/APL devait également trouver des renforts pour les troupes rebelles d’Ops Boende qui avaient dû abandonner la ville conquise le 24 octobre par les commandos sud africains de l’ANC.

Cela avait été une grande défaite pour le major BOMISI, car plusieurs Simba 18ème Bn de commando de Choc et du bataillon D’JALI avaient été tués et des colonnes de véhicules avaient été détruites par l’aviation ou capturées par l’ANC. Suite à cette déroute, le Col. OPEPE envoya le télégramme suivant à Ikela au commandant Michel MARINOS, un officier de chasse de nationalité grecque passé au service de l’APL : « Vous êtes une femme ou un homme ? Connaissez-vous que vos troupes sont avancées à Coquilhatville et vous avoir peur au lieu d’encourager vos simba – Stop – L’avion ne fera rien – Stop – Faites toujours des patrouilles partout – Full stop ».

Le ciel était également lourd de menaces pour le Major TSHIBANDA, chef des opérations de l’APL du secteur Bumba-Lisala, car il subissait d’importantes pertes suite aux raids aériens menés par les T28D et les B26K du WIGMO et par les attaques lancées par les troupes d’Ops Nord. Deux semi-remorques des Chemins de Fer Vicinaux du Congo (CVC) chargés de blessés de ce front avaient été envoyés à l’hôpital de Stanleyville et bien peu y étaient arrivés vivants. .

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

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