OPS Congo – L’appui aérien aux opérations de reconquête


 

Ravitaillements des opérations

Suite à l’augmentation des besoins en ravitaillement, la FATAC dut augmenter le nombre de missions afin d’assurer la logistique à tous les secteurs d’opérations et particulièrement vers Albertville et Stanleyville à partir de Baka.

Dans l’Equateur, Lisala était devenue la plaque tournante du ravitaillement d’Ops Nord. Des DC-4 en provenance de la capitale y déposaient régulièrement leur chargement et le Lieutenant CAUFFMANN, officier détaché de l’armée belge, disposait de deux C-47 pour assurer leur transfert à Paulis, d’où les bimoteurs assuraient au retour l’évacuation des otages libérés durant les raids de sauvetage.

Les hélicoptères mis à la disposition de la 5e Brigade et celui d’Ops Nord assuraient les évacuations sanitaires ou la recherche de réfugiés. Depuis le 15 septembre, ils avaient effectué près de 600 heures de vol et en dehors des missions de transport de fret et avaient évacué 84 blessés et 210 personnes, dont la moitié lors d’opérations de sauvetage, tandis que les C-47 en avaient évacué près de 300.

Dans des conditions souvent éprouvantes, ils effectuaient le transport de troupes et de matériel pour l’ANC et cela n’avait rien à voir avec les missions effectuées en Belgique, car le troupier congolais se déplaçait généralement avec sa famille, son mobilier, ses ustensiles de ménage, ses chèvres et ses poules. Faute de parachutes, les pilotes de ces appareils avaient mis au point le largage de ravitaillement à basse altitude et à vitesse réduite, moteur gauche au ralenti pour éviter l’effet de souffle.

Au cours d’un entretien avec le Général MOBUTU, le Colonel VANDEWALLE insista pour que l’EM de la 5e brigade, qui se substituait à l’ex-3e Groupement/ANC à Stanleyville, fut africanisé et il demanda que le Colonel MULAMBA prenne sa place à la tête de la 5e Brigade Mécanisée, ce qui fut fait début janvier 1965.

Le 5 janvier 1965, le ministre TSHOMBE effectua une visite à Stanleyville et fut accueilli à l’aérodrome par le Colonel MULAMBA et par le Lieutenant-Colonel ITAMBO, promu commandant de la place.

Une semaine plus tard, un convoi de huit barges de l’Otraco atteignit la ville, protégé par des T-28D sur la fin de son parcours.

Dans le nord du Congo, des rebelles venus du Congo-Brazza traversèrent le fleuve et attaquèrent la localité de Nkolo le 24 janvier, mais ils furent mitraillés par des appareils militaires.

Dès que la plaine d’aviation fut occupée par l’ANC, un avion léger de la FAC s’y posa pour évacuer les Européens.

Durant les premiers jours du mois de février, la ville de Bumba qui avait été occupée par les troupes d’Ops Nord le 15 octobre 1964, fut attaquée à plusieurs reprises par des maquisards simbas et des renforts de l’ANC y furent envoyés, ainsi que le flight de T-6G du Capitaine DAVRINCHES.

Ce pilote avait participé à la guerre d’Algérie où il avait volé sur Texan T-6G, mais il avait eu des ennuis en France pour avoir suivi le Général CHALLES lors du putsh d’Alger.

Ce flight fut rejoint le 6 février 1965 par le flight du Capitaine BRACCO muté de Stanleyville.

Quelques temps plus tard, Roger BRACCO et Léon LIBERT furent approchés par le WIGMO qui était à la recherche de pilotes expérimentés, car certains Cubains nouvellement engagés n’avaient pas plus de cent heures de vol à leur actif. Ils signèrent leur contrat à Léopoldville et suivirent une formation sur T-28D à Ndjili. La 21e escadrille dit également adieu au Lieutenant-Colonel PUREN qui avait été licencié par le Général MOBUTU le 14 janvier 1965 et remplacé par le Capitaine WOJICK, puis par le Major Pierre NOEL, ancien pilote de Spitfire à Coxyde.

Après avoir subi quatre attaques rebelles, un premier convoi fluvial parvint à Stanleyville le 26 janvier 1965. Il apportait assez de carburant pour assurer le ravitaillement des 80 véhicules chargés de 700 hommes destinés à renforcer Paulis. Cette colonne comprenait le 8e Bataillon Commando Katangais, le groupe para-mercenaires NODDYN, qui rejoignait Paulis après un congé, le groupe blindé KOWALSKI, des parachutistes congolais et quelques Sud Africains, soit 100 Européens et 600 Africains.

Les difficultés de communications avec les pilotes cubains parlant surtout espagnol provoquaient des problèmes et le Lieutenant ABESSION-CONDE, mercenaire d’origine hispanique, fut chargé des liaisons radio sol-air de la colonne.

Ce renfort de troupes devaient ensuite libérer les localités encore aux mains des Simbas, telles Watsa et Faradje.

La colonne fut placée sous le commandement du major Siegfried MUELLER, qui avait eu de l’avancement depuis la Tshuapa. La veille de son départ, la colonne de véhicules et les troupes furent passées en revue par le Général MOBUTU et le Colonel MULAMBA. Le départ eut lieu le 6 février, mais plusieurs embuscades retardèrent l’avance, notamment celle de Bafwasende qui fut très coûteuse en hommes et en matériel.


A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

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