OPS Congo – L’appui aérien aux opérations de reconquête


 

Le quatrième anniversaire de la FAC

Le lundi 19 juillet 1965, la Force Aérienne Congolaise fêta le quatrième anniversaire de sa fondation à Ndolo en présence de plusieurs autorités civiles et militaires, dont le Général MOBUTU. Le Colonel TUKUZU, chef du 1er Groupement aérien remplaçant le Lieutenant Colonel LOSSO emprisonné pour atteintes à la sûreté de l’état, fit un discours où il annonça avec fierté que son groupement aérien disposait de 11 pilotes, dont deux brevetés en Belgique (NZINGA et MBAKI) et neuf en Italie, où le brevet de pilote était plus facile à obtenir, ainsi que de 38 mécaniciens spécialisés et de deux interprétateurs de photos aériennes.

L’entraînement des élèves-pilotes se poursuivait sur place à l’école de vol grâce à l’Aeronautica Militare qui y avait affecté une cinquantaine d’officiers et de sous-officiers italiens avec dix Harvard, cinq Piaggio 148 et un C-47 de l’AMI, mais l’on déplorait la perte de l’Adjudant EBONGA qui s’était tué le 4 mars 1965. L’AMI développait également une école technique de navigation à Ndolo et une nouvelle promotion d’élèves congolais poursuivait son instruction à l’école de vol d’Alghero en Sardaigne.

Après son allocution, les moniteurs italiens effectuèrent quelques acrobaties et des parachutistes congolais furent largués d’un avion de transport devant un parterre d’officiers supérieurs.

Dans son discours, le chef du 1er Groupement aérien avait passé sous silence que, malgré leur splendide diplôme obtenus en Italie, aucun de ses pilotes brevetés n’avait participé aux opérations aériennes contre les rebelles. Un seul d’entre eux avait obtenu son brevet de pilote de transport sur C-47 en Italie. C’était un ancien élève de l’école professionnelle de Baka qui avait été mis à la porte avant l’indépendance et qui avait essuyé un échec à l’EPE de Gossoncourt. De retour à Ndolo avec son beau diplôme italien, il avait voulu prouver son savoir-faire et avait réussi à mettre en marche un des DC-4 amenés d’Angleterre en 1961, mais il accrocha l’autre quadrimoteur avec l’aile et endommagea également un DC-3, bloquant du même coup la totalité des avions de transport. La FAC l’affecta au dropping de parachutistes sur C-47 à Léopoldville, mais il représentait un danger pour la navigation, car il ne respectait pas les consignes de sécurité aérienne.

Hormis l’école de vol italienne et la base de Ndolo, le Colonel TUKUZU ne commandait pas grand chose. Une grande partie de l’aviation opérationnelle lui échappait. Outre quatre Curtiss C-46, deux Beechraft C-45 et trois hélicoptères Bell 47, la flotte du WIGMO comptait six B-26K et en réclamait trois autres, ainsi qu’une une dizaine de T-28D Trojan auxquels devaient s’ajouter huit appareils du même type.

La FATAC, formée par des officiers et sous-officiers détachés de la Force aérienne belge, formait le 2e Groupement aérien tactique et rassemblait six C-47 avec cinq équipages (les autres C-47 étaient en révision ou cannibalisés pour leurs pièces de rechange, mais le COMISH comptait en remplacer deux d’entre eux) et d’un Douglas C-54 avec son équipage. Le Capitaine JACQUEMART (Log/Air), qui s’était chargé de la récupération de deux C-54, d’un DH Dove et de pièces de rechange en Angola au début de l’année 1965.

Il devait se rendre en Afrique du Sud avec le pilote BERTEAUX afin d’y rechercher deux autres appareils de transport de l’Avikat, dont le DH Dove KAT-15 de l’ex-Avikat saisis par la justice sud-africaine en 1963. Ramené à Ndjili et immatriculé 9Q-CDB, ce Dove fut réclamé ensuite par la FAC qui lui donna le code 9T-DGA. Il se crasha plusieurs mois plus tard à Ndjili avec le pilote JUNGLER aux commandes.

Tous les hélicoptères Vertol-Piaseki H-21 avaient étés retirés du service et la 21e escadrille opérait avec six T-6G et en attendait douze autres, mais un essai de bombardement au napalm s’était terminé par la perte d’un appareil T-6G et de son pilote.

Son flight de transport se composait d’un C-54 et d’un DH Dove. Le bimoteur Douglas DC-3 9T-JDM était la propriété personnelle du Général MOBUTU, ainsi que le nouvel appareil VIP Beechraft C-45 9T-BHA acheté à l’Aga Khan. C’est dans cet appareil que le commandant en chef de l’ANC effectua le 8 août 1965 une rapide inspection des garnisons de Bolobo, Nkolo et Yumbi où avaient eut lieu des infiltrations de rebelles depuis le Congo-Brazza.

L’Anstalt WIGMO était au faîte de sa puissance et mettait en œuvre le 22e wing. Les pilotes cubains et les mercenaires espagnols du 2e choc ne manquaient pas de cœur et ils participèrent à la tombola organisée par le médecin espagnol SANZ-GADEA qui soignait les blessés et les malades de Stanleyville. A l’initiative de LLOPART et HOMEDES, techniciens du WIGMO, une fête fut organisée pour les enfants orphelins recueillis par ce médecin dont le clou fut une promenade aérienne en hélicoptère.


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