OPS Congo – L’appui aérien aux opérations de reconquête


 

L’appui aérien à la 5e brigade

Le jour « J » de l’offensive sur Stanleyville fut fixé par le col VANDEWALLE au 1er novembre et trois jours auparavant, des Lockheed de l’USAF déposèrent à Kongolo les véhicules de Lima 1, mais les Américains avaient une certaine réticence à transporter des mercenaires et ceux-ci rejoignirent la base de l’offensive en C-47 de la FATAC. Une longue colonne de véhicules se forma sur la route de Kindu, composée de vieux blindés de l’ONU, de jeeps et d’autres véhicules de l’ANC peint en kaki et de camions civils de toutes couleurs, chargés de troupes, de bagages et de ravitaillement. Elle ressemblait au cortège folklorique bruxellois et quelqu’un la baptisa « Ommegang ». A Lumwe, dans la partie de Baka occupée par la Force Aérienne Belge, le lt col VANDEPOEL, remplaçant le lt col DE COCK à la tête de la FATAC, conçut l’ordre d’opération n°1 le 27 octobre avec le concours du major BLUME (Wing Ops/FATAC) et du cpn JACQUEMART (Log/Air). Cet ordre réglait le support aérien des bimoteurs de transport C-47, qui se chargeraient du largage du ravitaillement et celui des hélicoptères H-21qui s’occuperaient des reconnaissances rapprochées et des évacuations sanitaires. Le cpn SCHEPPERS (officier Ops) établit une liaison radio permanente entre la FATAC à Baka et la camionnette-radio Dodge M37 de la 5e Brigade occupée par le cdt WICKS, l’adjoint du maj HOARE. Durant la seconde guerre mondiale, il avait acquis une certaine expérience des contacts radio avec l’aviation et lorsque la 5e Bde/Lima 1 prit son départ vers l’objectif, il se mit en communication avec le pilote du B-26K parti de Baka pour survoler l’axe de progression. Le bimoteur se repéra sur le blindé Ferret qui roulait en tête et dont l’avant et l’arrière était recouvert d’un drapeau rouge. Tout ce qui était en mouvement au-delà de ce signe d’identification convenu était traité par l’aviation.

A Baka, un deuxième bimoteur d’attaque se tenait prêt à intervenir sur demande adressée au responsable du WIGMO, un colonel américain en civil. Les B-26K survolaient à tour de rôle la colonne et communiquaient par radio des informations sur l’itinéraire, attaquant les véhicules et les barrages ennemis. En cas de besoin, les reconnaissances aériennes rapprochées étaient effectuées en Banane volante par le cpn CARPELS et les adjudants CHRISTIAEN et COYETTE, officiers et sous-officiers belges. L’une d’elles fut exécutée par le cpn CARPELS avec le cpn CLOSSET pour vérifier un des points de passage obligé de Lima 1 sur la Lufubu. Le 4 novembre, le lt col VANDEPOEL prit les commandes d’un C-47 pour ravitailler la colonne à cours de munitions. Lors du trajet vers Kindu, le chef de la FATAC, ancien pilote de chasse, fit du rase-mottes au-dessus du fleuve Lualaba. Survolant ensuite la colonne Lima I, il largua des caisses à basse altitude dans une clairière, puis continua vers l’objectif au-dessus duquel il effectua un rapide survol. Lors du passage au-dessus de la plaine d’aviation, le lt col VANDEPOEL constata que la piste de Kindu était encombrée de fûts. Le chef d’EM de l’APL Oscar TSHENDA réclama d’urgence cinquante caisses de munitions au col OPEPE du QG/APL à Stanleyville, « car l’attaque ennemie était très forte ». Peu après, il reçut par télégramme l’ordre du général OLENGA de massacrer tous les Européens de Kindu en cas de bombardement de la ville. Suite à l’avance rapide de la colonne Lima I, il n’en eut pas le temps et dut s’enfuir dans la forêt avec ses Simba.

Les troupes du Lieutenant Colonel LIEGEOIS (Lima 1) occupèrent leur objectif Kindu le 6 novembre avec l’appui des deux B-26K qui balayèrent toute opposition en avant de la colonne. Les otages furent libérés et sauvés d’une mort certaine. Dès la capture de l’aérodrome de cette localité, l’aviation de transport y débarqua d’importants renforts, dont les troupes de Lima 2, des unités de défense d’aérodrome du cpn SERVAIS et le 21e bataillon ANC chargé de tenir garnison. Lors d’une attaque rebelle au pont de l’Elima, sur la route menant à Stanleyville, 45 Simba furent tués par les Sud Africains qui récupérèrent des mortiers de 60 mm portant des inscriptions en chinois. C’était une preuve supplémentaire de l’ingérence étrangère au Congo. L’objectif principal était encore éloigné de 627 km et un soutien aérien accru fut fourni à l’Ommegang par le colonel BOUZIN, officier belge conseiller du général MOBUTU en matière d’aviation. A l’aérodrome de Kindu, la flotte d’appareils comptait plusieurs C-47 et trois des hélicoptères H-21 de la FATAC, un DH Dove de la FAC, le Beechraft d’Air Congo réquisitionné par le col VANDEWALLE, un Curtiss C-46, quatre bombardiers Douglas B-26K, le flight de NA T-28D Trojan retiré de la zone de Bukavu et le flight de T-6G Texan du cpn BRACCO rameuté d’Ikela, qui devait opérer à partir de Punia (maniéma), tandis que le flight de T-28D basé à Lisala restait en alerte. Pendant ce temps à Stanleyville, le cdt de l’APL OKITO chargea le lt MUKUNGU de se rendre à Kindu avec le renfort d’une centaine de Simba. Il n’y arriva jamais car ses véhicules furent surpris par l’aviation en cours de route et détruits à coups de mitrailleuses.


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