OPS Congo – L’appui aérien aux opérations de reconquête


 

L’occupation de la capitale rebelle

Après une nuit de repos, l’Ommegang se mirent en route à l’aube du 24 novembre 1964 et roula à bonne allure sous la protection de l’aviation qui ouvrait la route à coups de roquettes et de mitrailleuses. Les deux colonnes se rapprochèrent rapidement de l’objectif où les parachutistes belges, partis de Baka en C-130 de l’USAF, avaient sauté aux premières lueurs de l’aube.

Au point de rendez-vous prévu, les C-130 furent escortés par les bombardiers partis de Kindu, dont la mission était d’éliminer les points de résistance avec l’appui des deux Trojan et de surveiller les axes routiers afin d’empêcher l’arrivée de renforts ennemis. Les avions-cargos Lockheed effectuèrent un passage à basse altitude et lâchèrent 320 para-commandos sur l’aérodrome de Stanleyville.

Plusieurs appareils furent touchés par les tirs des Simba qui disposaient d’une mitrailleuse lourde, mais aucun ne subit de dommages important et des para-commandos foncèrent immédiatement vers la ville pour libérer les otages. La coordination était presque parfaite, car l’Ommegang approchait de Wanie Rukula et n’était plus qu’à cinquante kilomètres de l’objectif.

Depuis une dizaine de jours, l’aviation était mobilisée pour l’attaque principale vers Stanleyville et la colonne Ops Nord du major GENIS partie de Bumba, avançait vers l’est sans bénéficier de l’appui régulier des T-28D. Dès la capture de Stanleyville, le flight du major Big Bill put fournir un meilleur support tactique aux troupes d’Ops Nord lors de leur progression vers Paulis.

Avec plus de moyens, l’offensive aurait pu être complète, car Ops Nord atteignit Aketi le 23 novembre, à 350 km au nord de Stanleyville et pendant ce temps, les troupes d’Ops Kivu se regroupaient à Beni, à 680 km à l’est de la capitale rebelle, en vue d’attaquer vers Bunia.

L’appui de deux T-28D était demandé pour cette opération. Dès que les C-130 se posèrent sur l’aérodrome de Stanleyville, deux « combat controller » du 5th USAF Aerial Port squadron occupèrent la tour de contrôle et le cpn Don STROBAUGH se chargea de coordonner les opérations aériennes, y compris l’appui-feu.

L’aérodrome connu une énorme affluence d’avions. Après les avions-cargos de l’USAF, premiers à atterrir, ce fut au tour des T-28D de MOESSMER et de Big Bill à court de munitions, suivis des autres avions de combat du WIGMO. Ils avaient détruit une dizaine de véhicules aperçus sur la route de Bafwasende et attendaient le C-46 avec les munitions pour repartir à l’attaque des nids de rebelles et des positions de mortiers à l’est de l’aéroport. Les T-6G de la 21e escadrille se posèrent également pour se ravitailler et les C-47 de la FATAC amenèrent des vivres et des munitions, suivis de deux DC-6B de la Force Aérienne Belge. L’un d’eux fut contraint de rester sur place pour réparation, car il avait été touché lors de son atterrissage.

Un des C-130 en configuration d’hôpital de campagne accueillait les otages blessés et d’autres, renforcés par des DC-6 de la Force Aérienne Belge, des Beverley de la RAF et des Noratlas de l’Armée de l’Air, embarquaient les réfugiés et décollaient en direction de Léopoldville. Lorsque l’avant-garde de Lima 1 parvint aux abords de la ville dans la matinée du 24, une fusée rouge fut tirée afin d’avertir les parachutistes de l’arrivée de la 5e brigade.

Le col VANDEWALLE se dirigea vers l’aérogare qui servait de PC aux para-commandos, et y retrouva le major HARDENNE, officier d’opération des parachutistes belges. Le cdt VERDIKCKT, S-2 de l’EM/5e brig débarqua du Piper Apache « 9Q-CEY » de la Sectraco et fut chargé d’organiser la recherche des otages isolés. Près de 1600 otages et réfugiés avaient été sauvés et transportés par les nombreuses navettes aériennes vers Léopoldville où le major COUCKE et le cpn JACQUEMART de l’EM/Air, officiers détachés de la Force Aérienne Belge, s’occupaient de leur évacuation vers l’Europe ou les Etats Unis.

Les Cubains de Rip ROBERTSON escortèrent à l’aéroport le personnel du consulat américain, dont les trois agents de la CIA sortis indemnes de l’enfer de Stanleyville, malheureusement, beaucoup d’Occidentaux avaient été massacrés dont le docteur CARLSON. Venant de Kindu dans son nouvel avion VIP, un Beechraft vert et or acheté à l’Aga Khan et immatriculé 9T-BHA, le général MOBUTU débarqua sur l’aérodrome du chef-lieu de la province orientale avec les col BOUZIN et MARLIERE, satisfaits de la victoire.


Pages: 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16

 
©2008-2021 ORBS Patria Nostra - Tous droits réservés - Contact - Site réalisé par |iN| iNuage