OPS Congo – L’appui aérien aux opérations de reconquête


 

La 5e Brigade en garnison à Stanleyville

L’aérodrome de l’ex-capitale rebelle servit de base de départ pour une deuxième opération aéroportée des troupes aéroportées belges lancée sur Paulis trois jours plus tard, après quoi les para-commandos regagnèrent la Belgique, laissant à la 5e brigade le soin d’établir l’occupation de la ville et de poursuivre le sauvetage des otages dans les localités isolées.

Une des trois Banane volante basées à Stanleyville se rendit à Wanie Rukula escortée par trois T-28D pour y chercher les corps du journaliste Georges CLAY et du mercenaire Freddy BASSON, dont les corps étaient restés dans un véhicule abandonné en panne lors du rush de l’Ommegang sur la capitale rebelle.

Stanleyville s’étendait sur les deux rives du fleuve et les mercenaires du groupe blindé KOWALSKY le traversèrent en bateau après l’attaque à la roquette des T-6G sur les positions rebelles de la rive gauche. La majorité des otages y avaient été horriblement tués par les Simba et les rares survivants furent sauvés par miracle.

Jerry PUREN avait débarqué d’un bimoteur de la FATAC et paradait à Stanleyville en uniforme de lieutenant colonel de la FAC. Le ballet aérien se poursuivit durant plusieurs jours pour ravitailler la garnison et l’aviation d’appui intervint à plusieurs reprise pour aider les UDA katangais qui défendaient la piste contre les infiltrations ennemies.

La défense de l’aérodrome fut ensuite renforcée par le régiment katangais Baka aérotransporté en DC-4 de la BIAS. L’Etat Major de la 5e brigade disposait de l’appui aérien du flight de la 21e escadrille, de deux B-26K et de quatre T-28D du WIGMO pour effectuer des missions d’attaque contre les positions rebelles ou pour appuyer les raids lancés autour de la ville et les reconnaissances. Ils suffisaient néanmoins aux besoins tactiques de la garnison.

Une opération de sauvetage fut demandée à Mike HOARE par l’ambassadeur de Grande Bretagne pour retrouver neuf missionnaires anglais à Yakusu et le cpn CARPELS mit ses hélicoptères à sa disposition.

Le major HOARE rassembla un de ses pelotons de commandos à l’aérodrome et son adjoint Alastair WICK se rendit à la tour de contrôle pour demander un support aérien aux Cubains. Ils se rendirent ensuite à Yakusu et y sauvèrent les otages, mais lors du retour vers Stanleyville, le pilote du T-28D qui les survolait perdit une de ses roquettes qui détruisit une jeep et blessa sérieusement un Sud Africain. Une Banane volante se posa sur la route pour l’évacuer.

Les Simba tentaient de reprendre le terrain perdu à Stanleyville et le 28 novembre 1964, les avions observèrent des rassemblements suspects dans la commune indigène de Mangobo jouxtant l’aéroport. Des groupes s’infiltrant par le golf furent mitraillés par les T-28D et les T-6G, mais le lendemain, les Simba poursuivirent leurs tentatives d’infiltration et des bombes de mortiers tombèrent près de l’aérodrome, dont la piste était sous le feu d’armes d’infanterie.

Les Américains déclarèrent que leurs Lockheed C-130E ne s’y poseraient plus. A chaque décollage ou atterrissage d’un avion de transport, les commandos katangais de garde à l’aéroport se mettaient en position de tir et les Trojan prenaient l’air, puis viraient sur l’aile et envoyaient leurs roquettes sur les positions rebelles.

Leur attaque stoppait pour quelques temps la fusillade et permettait les mouvements aériens. Un de ces straffing permit l’atterrissage de deux DC-4 en provenance de Baka, dont celui de la BIAS, piloté par le cdt DE BIEVRE. A peine déchargé de ses munitions, le quadrimoteur reprit la direction du sud, vers Baka avec escale à Kindu. Le DC-4 OO-DEP devait revenir dans la soirée à Stanleyville avec un nouveau chargement pour la garnison et regagner la base de Kamina vers 21h00 avec des passagers.

Lors de ce dernier départ, le DC-4 quitta la piste et prit feu. Il fut difficile d’établir la cause de l’accident : fatigue du pilote ou tirs rebelles, mais le lt col LIEGEOIS qui rentrait en Europe fut blessé et plusieurs des occupants de l’avion furent tués, dont le commandant de bord Léon DE BIEVRE. L’épave devait être inspectée pour connaître la cause exacte de l’accident, mais les Sud Africains s’amusèrent à la truffer de plomb, compliquant le travail de la commission d’enquête composée de membres d’Air Congo et de l’ICAO envoyée sur place.


A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

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