OPS Congo – L’appui aérien aux opérations de reconquête


 

L’odyssée d’un agent de la CIA

L’activité de la CIA en Afrique augmenta notablement en 1965 et Frank CARLUCCI, consul US à Zanzibar, en fut expulsé le 19 janvier, soit six jours avant l’arrivée de Gaston SOUMIALOT et de quatre de ses officiers invités par les autorités tanzaniennes.

A Langley, Richard HOLM se concerta avec l’officier rescapé de Stanleyville qui l’aida à préparer sa mission de reconstitution du réseau du nord-est et qui insista pour l’accompagner sur place afin de lui donner un coup de main. Le but de l’Agence était de collecter des informations sur la présence, les activités et les lignes de ravitaillement des Simbas dans la province Orientale.

Le 26 décembre 1964, ils quittèrent les Etats Unis pour Bruxelles, où ils se concertèrent avec des officiers de la CIA en poste dans la capitale de l’Europe, puis ils gagnèrent Léopoldville. Un contre-ordre fut envoyé de Langley au “senior officer” lui interdisant temporairement de retourner à Stanleyville et Richard HOLM partit seul et effectua plusieurs navettes entre cette ville et la capitale sans réussir à renouer le contact avec les anciens informateurs. Tout le réseau du nord-est du Congo s’était dissout suite aux événements. Suite à cet échec, Langley autorisa en février 1965 l’officier de renseignement, sauvé des griffes des Simba, d’accompagner l’agent HOLM à Stanleyville pour reprendre contact avec les anciens informateurs du réseau qui y était établi.

Deux des membres de ce réseau étaient originaires de Bunia et Richard HOLM se proposa de visiter cette localité de l’Ituri, proche de l’Ouganda d’où provenait une grande partie du ravitaillement des rebelles. Langley approuva son choix et le 12 février, un Curtiss C-46 du WIGMO chargé de ravitaillement le déposa à l’aérodrome de Bunia, situé à quelques kilomètres de la localité. Il fut accueilli par « Big Bill » WYROZEMSKI qui logeait au Bunia Palace, un des quatre hôtels de cette agglomération désertée par ses habitants.

Une des priorités de la mission de Richard HOLM était de repérer l’endroit où s’étaient réfugiés les Simbas après avoir été chassés des lieux par les Codoki et les Sud Africains, et de tenter de connaître leurs intentions futures.

Les T-28D basés à l’aérodrome suffisaient déjà à motiver une action hostile et la garnison était assez pauvre en moyens. Peu de temps après son arrivée, il réussit à prendre contact avec un des agents qui avait fui le chef-lieu du Haut Congo dès l’arrivée des Simbas. Il lui assura que les rebelles avaient quitté la région et se porta volontaire pour retourner en mission d’espionnage à Stanleyville. Tout ce qu’il avait récolté comme renseignements depuis sa fuite fit l’objet de trois rapports qui furent transmis à Léopoldville le lendemain.

La CIA suspectait que les rebelles recevaient de l’armement à travers la frontière et Big Bill accepta que son collègue de la CIA effectue un vol d’observation avec les T-28 vers Faradje et plus au nord, vers la frontière du Soudan.

Les appareils du détachement WIGMO effectuaient régulièrement des missions au-dessus de la zone rebelle à la recherche d’objectifs et tiraient sur tout ce qui bougeait.

Le 17 février au matin, il se rendit à l’aéroport, où l’attendaient deux des pilotes cubains et leur montra sur la carte la région à survoler. Ensuite, il prit place à l’arrière comme observateur dans le T-28 du pilote Juan PERON. Son appareil et celui de Juan TURON étaient dépourvus de roquettes pour cette mission et décolèrent en direction du nord.

Richard HOLM avait déjà exécuté ce genre de mission au Laos, mais la différence était que contrairement au Pathet Lao, les Simbas des Uélés n’avaient pas de DCA.

Les Cubains étaient de bons pilotes jeunes et expérimentés. Juan PERON avait appris l’art du pilotage à Cuba, puis s’était exilé aux Etats Unis après la chute de BATISTA. En 1963, il avait signé un contrat avec la société CARAMAR qui lui avait donné un entraînement sur T-6 Texan avant de l’envoyer au Congo en novembre 1963. L’année suivante, il avait été converti sur T-28 Trojan et sur Curtiss C-46. Sa mission d’observation venait en deuxième priorité et après une demi-heure de vol, PERON aperçut trois camions à cent mètres d’un croisement et les attaqua à coups de mitrailleuses avec son collègue, effectuant deux passages au-dessus de l’objectif.


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