OPS Congo – L’appui aérien aux opérations de reconquête


 

Mission dramatique

Les pilotes devaient accomplir leurs missions sans météo et l’aide à la navigation était quasiment inexistante. Lorsque les Cubains reprirent de l’altitude, ils s’aperçurent que le temps avait changé. De lourds nuages chargés de pluies s’approchaient et PERON comprit qu’il valait mieux retourner à Bunia.

La tornade fut sur eux et ils se retrouvèrent en plein dans pluie torrentielle. Juan PERON descendit au-dessus de la forêt, cherchant une éclaircie parmi les arbres, tandis que Juan TURON préféra rester en altitude. A la vue d’une clairière, PERON fit demi-tour et tenta un atterrissage de fortune. Cela se passa plutôt mal que bien, mais le pilote et son passager réussirent à s’extraire de l’appareil avant l’explosion. Richard HOLM était gravement brûlé et pouvait difficilement se déplacer. Heureusement, ils furent recueillis par les habitants d’un petit village d’Azande qui les nourrirent et leur racontèrent qu’un autre avion s’était crashé le même jour à quelques distances de leur village, peu éloigné de Faradje et de la frontière soudanaise. PERON fut guidé par les indigènes vers l’épave du T-28D de son collègue et en fouillant dans le cockpit, il récupéra des cartes et quelques objets. Ils ne découvrirent aucune trace de Juan TUNON et retournèrent au village. On ne retrouva jamais ce pilote et plus tard, des missionnaires délivrés de Faradje déclarèrent le 12 avril qu’un Cubain avait été capturé dans la région par les Simbas qui l’avaient tué et mangé.

L’enceinte de la CIA à Langley abrite un mémorial que peu d’Américains peuvent contempler, c’est celui des agents morts en service. Il représente une constellation de 77 étoiles noires, une pour chacun d’entre eux. On n’y verra aucun nom des Cubains morts pour la liberté lors du débarquement de la baie des Cochons organisé par l’Agence en 1961, ni celui des disparus lors des missions aériennes du Wigmo contre les rebelles communistes au Congo, mais l’on y trouve le nom du pilote américain John MERRIMAN.

Gravement blessé lors d’un crash aérien en 1964, alors qu’aucun Américain n’était supposé combattre au Congo, il fut retrouvé et soigné dans de mauvaises conditions, puis finalement évacué par avion vers un hôpital de l’US Army à Puerto Rico, mais y décéda des suites de ses blessures.

Grâce au chef du village Azande qui haïssait les rebelles, Juan PERON fut conduit à Paulis par des indigènes afin d’y chercher du secours pour l’agent américain. Avant le départ, le Cubain donna son parachute aux villageois et leur demanda de l’étaler au sol dès qu’ils entendraient un avion. Ils partirent le 19 février par des chemins de brousse, se déplaçant à bicyclette, avançant avec précaution, car les rebelles rôdaient encore dans la région.

Pendant ce temps à Bunia, Big Bill avait donné l’alerte et des recherches aériennes furent entreprises à partir de cet aérodrome et de celui de Paulis. L’Air Officer connaissait la région que ses pilotes devaient survoler, mais il ignorait le passage d’une tornade.

Le 25 février, Juan PERON et les congolais atteignirent un avant-poste de mercenaires, situé à trente kilomètres de Paulis. Ils y furent conduits en camion et se rendirent directement au détachement du WIGMO où Juan PERON insista pour Richard HOLM fut évacué par hélicoptère.

L’officier d’opération entra en communication avec Léopoldville et mit ses supérieurs au courant de l’état de l’agent CIA qui envoyèrent à Paulis un Lockheed C-130E avec un médecin. La FATAC accepta d’envoyer la Banane volante basée à Paulis pour récupérer l’agent américain et elle décolla deux heures plus tard en direction du nord vers le village Azande. Les pilotes cubains n’avaient qu’une confiance limitée dans les qualités de vol de ces appareils birotors et Juan avait préféré prendre place dans le T-28 d’escorte. Bien lui en prit, car lorsque le pilote manoeuvra pour se poser au centre du village, il accrocha des branches avec ses pales et se crasha. Aucun des occupants n’était blessé et les bicyclettes que les indigènes avaient emportées avec eux n’avaient pas souffert de la chute, mais l’hélicoptère était gravement endommagé.

Le lendemain, un nouvel hélicoptère parvint au village et ramena le blessé qui fut immédiatement transporté aux Etats Unis. Ce nouveau contretemps retarda quelque peu les opérations de renseignements menées par l’Agence américaine dans le nord-est. Pour remercier les villageois, la CIA parachuta des vivres et des médicaments au-dessus du village Azande, dont le chef devint un précieux auxiliaire dans la lutte menée contre les rebelles par les Espagnols du 2e choc.

A Bunia, Big Bill stoppa les recherches devenues inutile et la ronde des missions reprit. Un autre appareil se planta au décollage et il ne resta plus qu’un T-28D pour accomplir les missions journalières et d’autres furent envoyés en remplacement. L’épave de l’appareil endommagé servit de stock de pièces de rechange pour réparer les autres monomoteurs. Ses lances-roquettes furent récupérés et installés sur le camion Réo des Codoki transformé en mini-orgue de Staline.


A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

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