OPS Congo - Le Groupe COBRA dans la RUZIZI

Une explosion les jette au sol, c’est un abri d’explosif bien camouflé qui vient de sauter. L’incendie gagne du terrain et d’autres explosions suivent, car les hommes ont mis le feu trop vite et des munitions sont cachées dans chaque recoin. La situation devient dangereuse et ils doivent se retirer. Il n’y a plus rien à récupérer et Cobra leader donne l’ordre de la retraite. La colonne se reforme sur la piste et un homme du dernier camion est chargé de lancer une grenade incendiaire tous les cinquante mètres pour incendier la savane derrière eux. Ils rejoignent la route macadamisée d’Uvira et descendent des véhicules pour progresser à pieds à travers la savane et ratisser le terrain vers la Ruzizi marquant la frontière du Burundi, où des incendies sont également visibles.

La savane est brûlée sur des kilomètres pour dégager de toute végétation la zone fréquentée par les rebelles à la recherche de ravitaillement. Il leur sera difficile de passer inaperçus. Les parachutistes retournent ensuite à Kamanyola où le col Bangala les attend. Cobra leader fait déposer le butin aux pieds de l’officier qui est ravi et demande à Pierre Bottu s’il a des blessés. « Négatif, mon colonel » répond-il. Les Français du groupe ne sont pas content, car au 1er Choc, il était de règle de conserver le butin. Le commandant leur répond : « Les ordres sont de tout remettre. Et puis que ferions-nous des armes ? Un petit musée privé ? ». Après avoir fait son rapport, il se plaint du manque d’appui aérien qui lui aurait permis de poursuivre l’opération de l’autre côté de la Ruzizi. Il n’est plus question d’ordres et de plan de bataille avec le col Bangala. L’officier congolais laisse le chef du groupe Cobra décider de sa prochaine opération. Celui-ci veut retourner à Lubarika et traverser la rivière à gué, car il y a une plantation un peu plus loin et il voudrait y faire une reconnaissance et les rebelles vont sans doute revenir pour récupérer leurs morts.

Ce qu’il veut surtout, c’est un appui aérien, car ils devront progresser à pieds et sans armes lourdes. Il demande aussi un camion supplémentaire, car ils ont dû détruire des tonnes de vivres qui auraient permis de ravitailler à bon compte la garnison d’Uvira. Bangala lui répond : « A votre prochain passage à Bukavu, vous aurez ce camion, commandant. Je retourne maintenant à mon QG, mais je reviendrai vous voir demain. L’aviation sera au rendez-vous, je m’en occupe personnellement ». Il fait charger le butin dans son véhicule et dans celui de son escorte, tout heureux de pouvoir se pavaner en héros à Bukavu. C’est la première fois depuis longtemps qu’il y a autant de matériel ennemi. Les hommes du groupes Cobra installent leur campement en retrait derrière les positions ANC de Kamanyola et prépare leur repas. Des enfants noirs se proposent de les aider en échange de nourriture, cigarettes et friandises. Un tour de garde est organisé, car ils sont sous la protection des soldats congolais, mais ils ne dorment qu’un d’un œil, les armes à portée de la main. Le crépuscule sur la Ruzizi est un spectacle magnifique, le ciel est embrasé de couleurs rouges. A l’aube, le bivouac se réveille et les parachutistes avalent un café brûlant et dégustent les papayes que leur apportent les petits congolais. Un ronronnement d’avions leur fait lever la tête et deux T-28 les survolent.

Cobra leader se précipite sur le poste VHF et entame un dialogue avec le pilote Léon Libert : « Survolez Lubarika Tango. Vous verrez bien, cela a dû brûler. Voyez s’il n’y a rien de suspect. Nous démarrons à l’instant. Rendez-vous au champ de bataille, vous verrez le pont détruit. De là nous comptons progresser à pied vers une plantation qui se trouve au delà, Over ». La colonne se met en route à vive allure et rejoint le camp rebelle par la piste. Tout a été détruit par le feu et quelques troncs calcinés fument encore. Du haut du ciel, le spectacle vu par les pilotes est encore plus impressionnant, la brousse a brûlé sur des kilomètres, tout est noirci sauf les thalweg et la forêt. Cobra leader leur demande de survoler la forêt pendant qu’ils longent le camp des maquisards bien plus étendu qu’il n’y paraissait. Outre les cases fouillées la veilles, il comprenait de nombreuses casemates camouflées, dont les poteaux calcinés et les tôles noircies trahissent l’emplacement. C’est une importante infrastructure rebelle qui a été rasée. Alors que les sections s’approchent du pont, des coups de feu éclatent. Les rebelles sont retranchés de l’autre côté et Cobra leader fait appel à l’aviation. Les T-28 piquent du haut du ciel et tirent de toutes leurs armes. « Cobra de Tango, les rebelles foutent le camp, Over ».

Le chef du groupe Cobra demande aux pilotes de les pourchasser à coups de mitrailleuses, tandis qu’ils traversent le cours d’eau. Une section reste en protection du charroi et les autres progressent, précédées par des éclaireurs. Une odeur de poudre envahit les narines et sur la piste, ils distinguent l’impact des balles de 12,7 mm des avions. Il n’y a pas âme qui vive, mais des traces de sang les conduisent dans la forêt. Un des maquisards a eu son compte et une fouille rapide de ses vêtements ne révèle rien d’intéressant. Pendant la progression, les monomoteurs rugissent au-dessus de leur tête, survolant au plus près la cime des arbres. Après avoir traversés une petite clairière, les parachutistes pénètrent à nouveau dans la forêt et atteignent un petit poste cotonnier abandonné. Les appareils reviennent et Libert annonce que les simba filent comme des lapins et sont déjà à trois ou quatre kilomètres de leurs lignes.

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