OPS Congo – Le Groupe COBRA dans la RUZIZI

« Nous devons rentrer Cobra, fuel à la limite, Over ». D’après les pilotes, il n’y a pas plus d’un kilomètre jusqu’à la plantation. Ils traversent une grande étendue plantée de caféiers et arrivent aux bâtiments. Tout est à l’abandon et des tonnes de graines de café pourrissent dans un hangar, un groupe électrogène et des tracteurs dans un autre. Quelle catastrophe ! Inutile de poursuivre les rebelles. Cobra leader songe à revenir avec du génie pour réparer le pont et récupérer du matériel. Il faudrait installer des réfugiés dans la plantation et les mettre au boulot. Ils rejoignent leurs véhicules et l’un des volontaires indique une colline qu’il voudrait inspecter. Tout semble calme et ils abordent les pentes lorsque soudain, un tir nourri se déclenche. Des rebelles s’étaient cachés dans une petite vallée couverte de végétation et ils se sont crus découvert. Les parachutistes congolais vident leurs chargeurs sur l’ennemi, mais leur tir immobilise la patrouille. « Cessez le feu, bande d’imbéciles » hurle Cobra leader, tandis que quelques volontaires distribuent des coups de pieds « Halte au feu, ne tirez plus, nos hommes sont là bas ».

Au tir désordonné des Congolais s’ajoute celui des simba qui passe au-dessus des hommes de la patrouille pour aboutir parmi le groupe. Les mortiers et le canon sont mis en batterie et soudain, un engin explose dans les rangs congolais. L’un d’eux a paniqué et a pressé la gâchette de son Fal muni d’une grenade Energa. Elle est montée vers le ciel et est retombée parmi eux. Heureusement, c’est une charge creuse et seuls les éclats sont dangereux. Il y a plusieurs blessés dont quatre Congolais. Daniel s’occupe de les soigner et un appel radio prévient Bukavu où l’hôpital se tiendra prêt à les accueillir. Entre temps, Chinetoque délogent les maquisards à coups de canon de 75 SR et hurle « Hourra, ils décampent ». Roberto encadre avec les mitrailleuses jumelées les fuyards qui sont poursuivis par la patrouille de Guy. Son avance est appuyée par les armes lourdes et Daniel règle son mortier de 81 mm et tire derrière la crête où l’ennemi a disparu.

Le commandant Bottu ordonne de cessez le feu dès le retour de la patrouille et ils embarquent dans les véhicules pour regagner Kamanyola. Aucune ambulance ne les attend et Pierre Bottu doit faire vider un camion pour y placer les blessés. Il ordonne à son chauffeur de filer plein gaz vers Bukavu où il fera une entrée très remarquée. Tout Bukavu parle des parachutistes de Cobra qui ont détruit la menace rebelle qui pesait sur la ville. Le colonel Bangala arrive plein gaz et semble consterné par les blessés. « Vous me ferez un rapport écrit, commandant ? ». Cobra leader lui promet et demande que l’aviation harcèle les maquisards pour qu’ils sentent que les choses ont changé et qu’ils se terrent dans les montagnes.

Le chef du 5e Groupement embarque dans son véhicule avec un nouveau butin qui lui permettra de plastronner dans les rues de Bukavu. Quant aux hommes du groupe Cobra, ils vont se baigner dans la Ruzizi sous la protection de la Garde Nationale du Ruanda qui leur fait des signes d’amitié. Grâce à eux, ils pourront dormir tranquille, car les simba viennent les ennuyer chaque nuit. Vers 15h00, les avions sont de retour. Ils les survolent en battant des ailes et disparaissent vers Lubarika. Un bruit sourd indique qu’ils sont occupés à straffer l’ennemi et lorsqu’ils repassent sur Kamanyola, Cobra leader se met à l’écoute « Merci, Cobra, vous avez eu du flair. Avons déniché une grosse concentration près de la montagne. Leur dernière conférence. Si un jour vous allez jusque là, il faudra vous pincer le nez. Over ». Cobra leader leur demande de revenir le lendemain et précise qu’il sera en stand by vers midi. Ils bivouaquent à nouveau sur place et un indigène venu se réfugier dans les positions congolaises signale l’existence d’un PC rebelle à Kabona, entre la route et la rivière. Il y aurait également un troupeau de vaches à récupérer.

Un autre PC est signalé à Bwegera. Les blessés d’hier n’ont pas entamé le moral des parachutistes de Cobra. Pour plus de sûreté, le commandant Bottu fait enlever les tromblons lance-grenade Energa sur les Fal des Congolais. Il n’a pas raconté la vérité dans son rapport et a mis les blessés sur le compte d’un tir de blindicide ennemi. Inutile de froisser leur orgueil. Une nouvelle journée de combat commence et au bout de quelques kilomètres, la colline de Kabona apparaît, solitaire au milieu de la plaine. Les hommes descendent et les sections progressent, encadrés par les mitrailleurs. Elle n’est pas fort haute, mais est constituée de rochers escarpés qu’il faut gravir avec le poids des armes et des munitions. Le sommet de la colline laisse apparaître des positions de soutien pour une embuscade et des douilles traînent sur le sol. D’ici, les rebelles avaient une vue splendide sur la route où le cpn Kowalsky est tombé dans une embuscade avec ses Codoki il y a deux mois. Ils ont eu beaucoup de dégâts et ont failli y rester.

Du haut de la colline où ils se tiennent allongés, la plaine est fouillée à la jumelle et dans la végétation qui borde la Ruzizi, Cobra leader aperçoit des toits de chaumes. Il fait installer les armes lourdes sur l’emplacement et redescend l’autre versant pour encercler le village. Pierre Bottu cède le commandement au lt Bruni qui fait occuper le village, mais ils n’y découvrent aucune présence humaine. Les huttes sont incendiées et les hommes regagnent la route. C’est la dernière opération de l’officier français, car il part en Europe pou un congé fin de terme. Deux gros camions de la Sucraf arrivent de Bukavu escortés par des volontaires du 60e Codo armés de deux mitrailleuses. Ils ont appris la présence du groupe Cobra et préfèrent regagner Kiliba sous leur protection plutôt que d’emprunter la voie qui passe par le Burundi. Ils devront attendre que les parachutistes nettoient Bwegera, mais cela ne les dérange pas. L’adjudant Norbiato est prêt à leur prêter main forte avec ses hommes. Alors que le village de Kabona se trouvait à gauche de la route vers la rivière Ruzizi, Bwegera se situe à droite, au bout d’une mauvaise piste qui conduit à une série de collines.

Un arbre mort est déplacé par le butoir de la Ferret, mais au bout d’une longue ligne droite, d’autres obstacles du même genre barrent leur chemin et il leur faut deux heures d’efforts pour faire un kilomètre. Au loin, ils aperçoivent des fumées, signes d’une présence rebelle, puis un coup de feu éclate. « En avant, sans quoi les rebelles auront mis les voiles » hurle le commandant. La colonne est reformée et fonce vers le camp rebelle. Deux paillotes formant un avant-poste viennent d’être abandonnées par leurs occupants car un feu de camp y brûle encore. Une fusillade éclate, mais elle est désordonnée et sporadique. Les parachutistes répondent par un feu d’enfer et Cobra leader fait appeler l’aviation qui doit être en stand by. Guy revient en courant et annonce « Ils demandent quarante minute, mon commandant ». Ils atteignent le camp des simba où règne la panique et un feu d’armes automatique les prend à revers. Il provient d’un petit monticule situé à gauche de la piste qui est immédiatement la cible des parachutistes. Des rebelles s’écroulent et le tir diminue d’intensité, puis s’arrête.

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

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