OPS Congo - Le Groupe COBRA dans la RUZIZI

Nouveaux combats dans la Ruzizi

Les T-28 volent au ras du sol, protégeant la patrouille qui rentre. Les volontaires sont contents, ils brandissent leurs trophées, peaux de civettes et armes de jets. Les jeeps repassent le gué, mais la dernière reste embourbée. Dix hommes la poussent sur la terre ferme. « Tout le monde est présent ? » demande Cobra leader. Non, il manque l’adjudant Norbiato qui est resté en arrière pour incendier les cases dont ils aperçoivent l’incendie dans le lointain. Le commandant appelle l’aviation et demande aux pilotes de survoler l’itinéraire emprunté, car un volontaire isolé dans la Ruzizi a peu de chance de s’en tirer. « Cobra de Tango, avons repéré votre homme, il suit la piste et va vers vous. Je vois des jeeps. Sont-elles à vous, Over » ». Cobra leader leur répond « Affirmatif » et leur demande d’observer leur itinéraire de retour pour vérifier qu’il soit sûr. Les pilotes ne voient rien d’anormal et demandent à rentrer. Léon Libert demande quel est le programme pour le lendemain. Il semble déçu car Cobra leader prévoit seulement le nettoyage et l’entretien des véhicules. Les avions du Wigmo saluent en balançant des ailes, puis s’éloignent dans le lointain et les volontaires leur font des signes d’adieu.

Des coups de feu troublent le silence, les volontaires s’élancent et reviennent avec un prisonnier légèrement blessé. Manque de chance, il cherchait à se rendre et tenait un chiffon blanc, mais il était resté cacher dans les hautes herbes au lieu de se montrer. Il est installé à l’arrière d’un véhicule et on lui donne une cigarette. Le feu est bouté au village et aux vivres qu’il est impossible d’emporter et le groupe Cobra se rend à Kiliba. Alors que la colonne approche de Sange, des coups de feu l’accueillent au croisement et les hommes aperçoivent deux hommes qui s’enfuient. Les mitrailleuses entrent en action et Norbiato se précipite avec ses hommes. Il ramène une prisonnière et annonce que les deux rebelles sont morts. Au loin, une colonne de fumée est aperçue près d’une bananeraie. Cobra leader interroge la femme bafulero, « C’est de là que tu viens ? ». Elle ne répond pas. « Feu de mortier sur cet objectif » ordonne-t-il à Daniel. Trois coups partent au but et deux sections sont envoyées pour voir les résultats. Elles reviennent dix minutes plus tard et le chef de patrouille rend compte qu’ils ont trouvé cinq rebelles tués et un mourant. Les trophées qu’ils ramènent sont des preuves suffisantes et ils poursuivent leur chemin vers la Sucraf.

Par la radio, les hommes du poste ont suivi le déroulement de l’opération et les félicitent. L’adjudant Norbiato raconte ses aventures à ses camarades du 60e peloton avec son inimitable accent italien. C’est un combattant aguerri qui a fait son service dans les plongeurs de combat de la Marine italienne. Cobra leader prend le micro et fait son rapport au QG de Bukavu par télégramme : « De Cobra au Groupement : Kabona chou blanc stop Bwegera détruit stop Avons tués guerriers et vaches rebelles et fait prisonnier quatre rebelles, tas de volailles et nombre de chèvres stop Aucune perte amie Full stop». L’opérateur radio du QG répond « Acheminez les prisonniers au Groupement. Tordez le cou à la volaille et bon appétit ». A son humour, c’est certainement un Belge de l’assistance technique. La chaleur de la nuit empêche les hommes de s’endormir et la fièvre agite le cdt Bottu, fatigué par une année de combats. Il a renoncé deux fois à prendre une permission en Belgique pour seconder le ltcol Lamouline au commandement du bataillon.

La tension nerveuse est très forte, pas seulement à cause des rebelles, mais aussi à cause des intrigues incessantes. A Léopoldville, les politiciens congolais de l’opposition manoeuvrent pour éliminer Moïse Tshombe et il est question d’un complot pour enlever au ltcol Lamouline le commandement du 6e Codo. On raconte que le major Bob Denard est soutenu par le SDECE et qu’il s’agite dans l’ombre. On parle de l’attaché militaire d’un pays européen qui manœuvrerait auprès du général Mobutu pour supplanter les officiers belges de l’assistance technique. Le lendemain après midi, Pierre Bottu choisit de faire une randonnée à Uvira où ils sont accueillis par les soldats congolais. Puis, le groupe Cobra continue sa route jusqu’au port de Kalundu. Tout se déroule sans anicroche et le chef de la compagnie en garnison montre au commandant les améliorations qu’il a apporté à la défense des installations. Tous les abords ont été dégagés de la végétation et ses soldats n’ont plus peur des mines. Les décombres ont été fouillés et la protection des positions est améliorée et les objets les plus divers s’accumulent dans les abris des militaires, allant de la machine à coudre au portrait du roi Baudouin.

Des racines de manioc sèchent au soleil, tandis que des femmes trottinent aux alentours. Tout semble aller pour le mieux dans le secteur ! Au retour, « Chinetoque» surprend tout le monde en ouvrant le feu à l’improviste avec la .30 de la Ferret. Ils bondissent prêts au combat, mais il leur montre des pintades étendues raides mortes au milieu de la route. D’autres volontaires s’y mettent aussi, mais le résultat n’est pas fameux car les balles de 7,62 mm ne laissent pas beaucoup de chair sur les os ! Pierre Chassin et les autres Français du groupe proposent au commandant de partir en opération de nuit dans les montagnes. Dans les Aurès, il effectuaient souvent des commandos de chasse et ramenaient régulièrement des prisonniers. Ils ont horreur de rester inactifs et sont d’accord d’y aller seuls. Pierre Bottu promet de réfléchir à la question. Le18 octobre, le commandant réunit les hommes du groupe et leur annonce le programme, « Cet après-midi, les gars, prêts à 14h00. Nous nous installerons à Kabukambo près de Sange, cette localité est bordée par la rivière du même nom qui se jette dans la Ruzizi.

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