OPS Congo - Le Groupe COBRA dans la RUZIZI

Nous y resterons en embuscade de nuit sur la route et demain matin, nous foncerons de là vers la Ruzizi où des villages rebelles m’ont été signalés ». Un des volontaires français reparle des commandos de chasse, mais Pierre Bottu lui dit qu’il faudrait d’abord trouver un bon objectif, un PC rebelle par exemple, car il a horreur de chasser des fantômes. Renforcés par des hommes du 60e Codo, ils rejoignent l’ancien poste de l’Etat et y occupent des maisons européennes abandonnées pour y établir un bivouac. Ces habitations ont dû servir d’objectif aux avions T-28 qui ont fréquemment attaqué les rebelles dans le secteur en 1964 et il faut déblayer les gravats. La position est idéale pour une embuscade, car elle est légèrement en hauteur. Les gradés établissent un rôle de garde et la patrouille d’embuscade est désignée. Le repas du soir est préparé à la boy scout et ils bavardent jusque tard dans la nuit. L’embuscade n’a rien donné et Cobra leader décide de lever le camp avant l’aube. Il étudie la carte et décide de patrouiller vers trois localités peu éloignées de la Ruzizi : Mamijembo, Dunda et Kimoka.

Les volontaires progressent dans la brume matinale que perce à peine les premiers rayons du soleil. La piste disparaît sous un tapis d’herbe drue et au loin, la Ruzizi fait de grandes boucles dans la savane. Un premier village apparaît et il semble plein de vie. Cobra leader l’étudie à la jumelle, mais des guetteurs ennemis les aperçoivent et quelques coups de feu éclatent. Le commandant fait mettre les armes lourdes en batterie et ordonne aux jeeps de foncer « Les camions déchargeront les hommes aux abords immédiats du village, vu ? ». Ils répondent aux tirs rebelles par une fusillade plus nourrie et des explosions de mortier sèment la panique dans la localité, dont les cases se vident en un clin d’œil. Une masse de fuyards tente de rejoindre la Ruzizi pour passer au Burundi et deux jeeps foncent pour leur couper la route. Un groupe de simba escalade un monticule, peut être pour s ‘y mettre en position et Cobra leader crie « Ennemi à droite ». De la Ferret, « La Pieuvre» répond qu’il s’en occupe et la fusillade devient générale.

Un camion chargé de paras congolais se détache à la poursuite d’une bande de fugitifs et d’autres militaires s’occupent de fouiller les cases. Les jeeps armées atteignent la rivière après avoir traversé le village sans s’arrêter et les rafales de mitrailleuses ne font pas de quartier. « Stoppez le feu, vous tirez en territoire burundais, nous risquons un incident diplomatique ! ». Cet avertissement n’arrête pas les assaillants qui invoquent le droit de poursuite. « Nous irons chercher les cadavres et puis, l’armée du Burundi est sensée travailler avec nous dans une opération combinée». La Ferret rejoint le village avec des prisonniers agrippés à la tourelle sous la menace du revolver de Van Oost dit « la Pieuvre ». D’autres véhicules reviennent de la rivière, car elle est assez encaissée. Des volontaires descendent à pieds pour la traverser, mais Desbles tentent une manœuvre acrobatique et sa jeep glisse dans le ravin. Il faudra des muscles pour le sortir de là. Les prisonniers profitent de l’incident pour tenter de s’évader et les paras congolais ouvrent le feu. Il n’y a aucun survivant. Au village le tir devient sporadique et les Congolais poursuivent la fouille systématique des cahutes. Les habitants qui n’ont pu s’enfuir sont rassemblés sous bonne garde.

Une vieille qui se cache derrière une case échappe par miracle à la mort. Soudain, un rebelle habillé comme un ministre sort d’une des dernières habitations en levant les mains. C’est sûrement une bonne prise. « Incendiez tout ! Aucune maison ne doit rester debout, car les rebelles pourraient revenir ». Pendant que les parachutistes incendient le village, les volontaires du 60e Codo ont filé à l’anglaise avec leur camion pour attaquer Dunda. Il est seulement 09h00 du matin et dans le village qui brûle, les munitions cachées dans les cases explosent à répétition. Cobra leader envoie la Ferret et les jeeps mitrailleuses pour appuyer le 60e Codo. Un de ses hommes lui montre un document trouvé sur un rebelle tutsi. Il est signé « colonel » Mudia, commandant du 5e Groupement de l’APL. Ils remontent dans leurs véhicules et se dirigent vers Dunda. Des salves de trois coups de feu sont tirées par les hommes du 60e Codo pour signaler leur position. Les parachutistes répondent de la même manière pour annoncer leur arrivée et une fusée rouge est envoyée dans le ciel.

Les deux groupes se rencontrent et Cobra leader demande s’il y a des blessés, puis il ajoute « Qui vous a dit d’aller tout seul à Dunda. Vous vous rendez compte s’il y avait eu un os ? ». Ils répondent qu’ils ont aperçu le village alors qu’ils poursuivaient les rebelles et qu’ils ont foncé avec leur véhicule. Là aussi, les rebelles ont été chassés et le village incendié. Le commandant réplique « Bon pour une fois adjudant, mais faites gaffe la prochaine fois, plus de frasque de ce genre. Go pour le dernier village, il doit être quelque part sur la gauche ». Il est plus difficile à trouver car il est bien caché par un rideau d’arbres et des bananeraies. Il est découvert grâce à un rebelle qui leur tire dessus et il est immédiatement pris d’assaut. Assis dans la jeep-radio, Cobra leader laisse ses chefs de section se charger de l’attaque, car il vient de capter un message surprenant envoyé par la Sucraf à Bukavu, tard dans la nuit, des troupes burundaises se sont mutinées et ont attaqué le palais du mwami Mwambutsa IV à Bujumbura. Sugar, nom de code de la Sucraf, réclame de l’aide au QG du Groupement, car le mwami s’est réfugié à Kiliba et ils craignent d’être attaqués par les mutins du Burundi.

Il demande de contacter Cobra qui est en opération. Cobra leader n’hésite pas une seconde et lance un message à tous les postes de radio. « Priorité opération, silence radio, silence radio. Groupement et Sugar de Cobra, j’ai suivi vos derniers messages, avez-vous des ordres pour moi ? Over ». L’opérateur radio de la Sucraf lui répond qu’il est heureux de l’entendre et lui demande de rentrer au plus vite à Kiliba, car la situation est explosive. Le commandant lui répond qu’il rompt le combat le plus rapidement possible et qu’il sera dans deux heures à la Sucraf. Il appelle Daniel et « Chinetoque » et leur dit d’allez voir au village « Dites aux gars de liquider tout au plus vite ». A ce moment, il capte un message provenant du QG : « Cobra, Cobra, ici Sunray Groupement, le col Bangala vous parle. Ordre formel de ne pas franchir la frontière. Je répète, interdiction formelle de franchir la frontière, c’est un ordre personnel du commandant en chef le général Mobutu. Avez-vous compris Cobra ? ».

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