OPS Congo - Le Groupe COBRA dans la RUZIZI

Troubles au Burundi

Malgré l’ordre formel donné par le général Mobutu, le commandant Bottu décide de franchir le Rubicon et son dernier message à Sugar est on ne peut plus clair « Mes gars sont gonflés, nous allons reconquérir Bujumbura pour le mwami, à tout à l’heure ». Il croit que la mutinerie de l’armée royale pourrait dégénérer en massacre d’Européens et voudrait les rassurer. Quelques coups de mortiers sont tirés sur les rebelles qui fuient au Burundi, puis la colonne se reforme et fonce vers Kiliba. Cela discute ferme et si certains se voient déjà entrer en vainqueur dans la capitale du Burundi, d’autres se demandent vers quelles catastrophe ils se dirigent. Pour Cobra leader aucun doute n’est possible, ce sont les rebelles du CNL et leurs commanditaires qui profitaient du Burundi comme refuge qui ont provoqué la mutinerie, car le mwami devenait gênant, surtout depuis qu’il avait ordonné à son armée de chasser les maquisards.

Pendant la progression de la colonne vers Kiliba, la radio capte de nouveaux messages où il est question des mutins, ils ont fermé l’aérodrome de Bujumbura et ont occupé le dépôt d’armement et de munitions. Un chargement d’armes destiné aux rebelles congolais qui venait d’être saisis par les autorités du Burundi serait en cours de récupération par les simba alliés aux troupes mutinées. Vers midi, la colonne de Cobra fait son arrivée à la Sucraf et Cobra leader s’enquiert immédiatement des mesures de défense prises autour des installations. Il apprend que la garnison est en alerte, que des avions sont attendus pour un vol d’observation le long de la frontière et que le poste de douane a reçu des renforts. Cobra leader demande une heure de délai pour lancer un raid sur la capitale burundaise et espère se mettre en route vers 13h00. Monsieur Ramu, directeur de la Sucraf, invite le mwami Mwambutsa et sa suite dans sa villa et une sorte de conseil de guerre se déroule. Outre des membres de la Sucraf et les adjudants de l’ATMB, il y a le grand maréchal de la cour, son conseiller juridique, mademoiselle Vellecourt, la maîtresse du mwami, des officiers de la garde du palais et le cpn Jean-Marie Claessens de l’assistance technique auprès de l’armée royale du Burundi, par ailleurs aide de camp du mwami.

C’est lui qui prend la parole pour raconter brièvement les événements de la nuit. Peu après la fin de son témoignage, un sergent de l’ANC demande à parler à un des adjudants belges de l’assistance technique. Il lui annonce ce que les gardes du postes frontière lui ont appris : les mutins et les rebelles de l’APL vont réunir leurs forces. Il faut réagir immédiatement car nous risquons d’être encerclés par les mutins du Burundi et les rebelles de la Ruzizi. Les communistes chinois n’ont jamais pardonné au mwami de les avoir expulsés et d’avoir saisi le convoi de camions chargés de 80 tonnes d’armement qui transitait de la Tanzanie pour armer les maquisards. Il y avait de quoi armer un millier de rebelles ! Le cdt Bottu veut attaquer préventivement, écraser la mutinerie, peut-être empêcher le massacre des Européens, mais un adjudant de l’ATMB intervient « Mon commandant, c’est impossible, les ordres sont formels, l’ANC ne peut sous aucun prétexte franchir la frontière. Ce sont les ordres du général Mobutu transmis par le col Bangala. Le chef du groupe Cobra fait l’innocent « Je n’ai jamais accusé réception d’un tel ordre », dit-il. Mais sa conviction est faite, il faut intervenir avec ou sans l’accord du QG. Ce pays risque de tomber aux mains des communistes et la rébellion regagnera le terrain perdu, « Souvenez-vous des massacres de Stanleyville » ajoute-t-il. Un nouveau message du col Bangala lui transmet l’ordre personnel du général Mobutu : « Interdiction de pénétrer au Burundi ».

Le commandant lui demande carte blanche, car la situation risque d’évoluer de façon imprévisible. Le col Bangala lui répond qu’il rappelle le GQG à Léopoldville, mais qu’il ne doit rien faire sans son accord. Mais Pierre Bottu a déjà décidé d’agir. Il demande néanmoins conseil au lieutenant B., chef du 60e Codo et à l’adjudant de l’ATMB. Bien que ce dernier soit d’accord avec sa décision, il doit se conformer aux ordres. En tant qu’unité faisant partie du 6e Codo, le chef du 60e peloton est sous les ordres du commandant qui en est toujours l’officier en second et il est d’accord de l’accompagner avec ses volontaires, mais les Congolais resteront sur place pour assurer la défense de la Sucraf. A 14h00, toujours aucune nouvelle du col Bangala et le cdt Bottu se demande s’il a osé contacter le général Mobutu qui ne badine pas avec la discipline.

C’est décidé, il faut gagner le Burundi avec ou sans autorisation, mais le cpn Claessens et les officiers burundais prendront la tête de la colonne et la conduiront jusqu’au Quartier Général de l’armée à Bujumbura. Si la ville est à feu et à sang, le cdt Bottu reprendra le commandement. Les volontaires sont joyeux et si certains pensent aux banques de la capitale du Burundi, d’autres songent aux femmes burundaises, bien plus belles que les congolaises. Après que les officiers burundais aient parlementé avec leurs compatriotes et montré le laissez passer du mwami, la colonne passe le poste frontière, mais le commandant fait stopper le camion des parachutistes congolais qui doit rester sur place et les attendre. Plusieurs villages sont traversés, dont les habitants brandissent des armes, mais « La Pieuvre » reste imperturbable dans la Ferret et la colonne poursuit sa route. A Bujumbura, un Européen croit à une intervention belge ! Il est interrogé et leur apprend que le QG est occupé par des troupes fidèles et que le chef de l’assistance technique belge y est aussi.

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