OPS Congo – Le Groupe COBRA dans la RUZIZI

Le groupe Cobra s’y rend immédiatement et son chef se présente au colonel Verwijn et lui apprend que le mwami l’a chargé d’escorter le cpn Claessens et ses officiers à Bujumbura avec l’intention de faire passer un message royal à la radio. L’officier trouve l’idée très bonne et après un court entretien, il retourne à ses cartes d’état major. Ses adjoints sont très contents de l’arrivée du groupe Cobra, car bien qu’ils ont repris la base aux mutins, ceux-ci ont pu charger plusieurs camions d’armes et sont partis dans les montagnes. Les troupes loyales contrôlent la radio, le palais et patrouillent en ville et ils demandent au cdt Bottu de faire le tour de la capitale avec ses véhicules pour calmer les esprits.Tragique accident. Le chef du groupe Cobra demande à son radio de contacter Kiliba pour les rassurer et demande qu’un T-28 survole la frontière pour connaître la direction de fuite des mutins. Les avions de Goma doivent les attaquer s’ils franchissent la Ruzizi. Les véhicules se mettent à deux de front et parcourent les avenues de Bujumbura. Les volontaires sont bien accueillis par les Européens qui leur offrent à boire

Cette promenade militaire à Bujumbura les conduit devant un grand bâtiment arborant le drapeau rouge, c’est l’ambassade soviétique. Les Français du groupe voudraient y pénétrer pour tout casser. A la jumelle, le commandant observe les fenêtres et aperçoit une jolie rousse qui les photographie au téléobjectif et il ordonne : « Vos mitrailleuses dans une autre direction, nom de Dieu ». Après un dernier tour dans les rues, ils retournent au QG de l’armée burundaise avant de rejoindre la frontière et les fidèles du mwami rembarquent dans leurs véhicules. Au poste frontière, ils retrouvent les champs de canne à sucre de la Sucraf et déposent leurs passagers chez le mwami. Les parachutistes congolais ne sont pas content, car ils auraient voulu participer à l’expédition et le commandant Bottu doit leur expliquer qu’il ne pouvait les mêler à cette affaire, car il a agit sans autorisation.

Le message royal est enregistré sur bande magnétique et Pierre Bottu fournit deux jeeps d’escorte pour le porter à Bujumbura. Elles filent sous la pluie, mais doivent ralentir car la route devient glissante. Le mwami songe à une alliance militaire entre le Congo et son pays et voudrait rencontrer le colonel qui commande à Bukavu. Vers 20h00, l’escorte revient après avoir accompli sa mission, mais un volontaire vient l’avertir d’une catastrophe : Van Oost a voulu les accompagner avec la Ferret et au retour, le chauffeur congolais a dérapé dans la boue. Le véhicule blindé s’est retourné roue en l’air et gît dans les marais à quelques centaines de mètres du poste frontière. Ils foncent en jeep pour tenter de sauver les deux occupants bloqués à l’intérieur, mais l’autoblindée est trop lourde et il est impossible de la remorquer sur la terre ferme. Norbiato propose de mettre une charge de dynamite pour redresser le Ferret, mais les munitions et le réservoir exploseraient certainement. Après une longue attente dans la nuit noire, un bulldozer de la Sucraf est amené sur place avec une équipe de mécaniciens et un câble est attaché à la Ferret.

Le véhicule chenillé n’est pas assez puissant pour sortir le blindé des marais, mais une partie de la tourelle apparaît hors de l’eau et Mueller explore l’intérieur avec une lampe. La fouille ramène le béret rouge de « La pieuvre » reconnaissable à la cartouche attachée au ruban arrière. Pour les occupants de la Ferret, il n’y a plus rien à faire. Norbiato suggère d’arranger le certificat de décès pour que sa veuve ait droit à une pension et Guy Deville propose au commandant de déclarer que Van Oost est mort en mission commandée. Un camion muni d’un palan arrive en renfort et à 5h00 du matin, le blindé sort finalement du marais. Les deux corps sont dégagés et transportés à l’hôpital pour la toilette mortuaire. Des volontaires reviennent ensuite sur les lieux du drame pour remorquer la Ferret accidentée et essayer de le remettre en état.

Le major Ndele arrive d’Uvira et il demande au commandant pourquoi il n’a pas été consulté avant le raid sur Bujumbura, Cobra leader lui répond « Je n’ai vraiment pas eu le temps de vous faire avertir. Tout a été trop vite », bien content de ne pas avoir eu ce casse-pieds dans les jambes. Pierre Bottu reçoit l’ordre du Groupement de rejoindre Bukavu pour escorter le col Bangala à Kiliba en vue d’un entretien avec Mwambutsa. Son groupe l’attend à Kamanyola et Cobra leader continue avec quelques hommes vers Bukavu avec sa jeep et le camion de ravitaillement contenant les cercueils. Il fait une entrée remarquée à l’hôtel où logent le chef du 5e Groupement et de nombreux colons le pressent de questions. Les deux morts sont déposés chez les Codoki. Ils seront enterrés à après une courte cérémonie.

Le col Bangala survient pendant son repas et lui demande de faire son rapport, puis le commandant lui parle du projet d’accord militaire proposé par le mwami. « Le succès de l’affaire est entre vos mains, mon Colonel ». Celui-ci lui annonce qu’il compte l’accompagner le lendemain à 8h00 avec deux ministres provinciaux, le consul US et un colonel de l’auditoriat militaire, « Nous verrons sa majesté à Kiliba et je profiterai de l’occasion pour faire une tournée d’inspection ». La colonne officielle est prête à l’heure dite et le groupe assure son escorte vers Kiliba, tandis que deux T-28 survolent le cortège. Une conférence se déroule à la Sucraf et le major Ndele en profite pour se plaindre du comportement de Cobra leader : « Je suis commandant de secteur et le cdt Bottu ne me consulte jamais » dit-il. Celui-ci lui se défend en rappelant qu’en quinze jours de combat, il a réouvert la route d’Uvira et dégagé cette localité.

Pierre Bottu lui cloue le bec en lui rappelant sa situation avant son arrivée : « Il y a peu, vous vous faisiez tirer dessus dans votre propre cantonnement ». Tard dans la soirée, une rixe éclate entre les volontaires Deville et Van Asche après une nouba trop copieuse à la bière. Ce dernier est gravement blessé et meurt malgré les soins qui lui sont apportés à l’hôpital. C’est la prison assurée pour Guy Deville. Mais c’est également la prison pour le cdt Bottu qui est convoqué à Léopoldville sur ordre du général Mobutu. Il est arrêté pour avoir désobéi aux ordres en traversant la frontière. Déchu du commandement du groupe Cobra, il est emmené par les MP et emprisonné avant de comparaître devant le conseil de guerre qui ordonne sa dégradation et le condamne à une lourde peine de prison, six mois de servitude pénale dont il fera une grande partie avant d’être expulsé vers la Belgique.

FIN

Sources :
– « Les mercenaires de Moïse Tshombe» Livre manuscrit écrit par Pierre Bottu »
– « Le Roi de fortune » écrit par Robert Denard »
– « Baroud pour une autre vie » de Pierre Chassin paru aux éditions Jean Picollec »

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

A la mémoire du Colonel Denard
et des hommes qui ont servi sous ses ordres

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